Les fibromes utérins: ces toiles d’araignée de l’utérus

Myome

Imaginez, une chambre, qui reste inutilisée pendant des mois ou des années, que risque t-on d’y trouver un jour en l’ouvrant ? Des toiles d’araignée et de la poussière assurément !

Hey bien pour l’utérus c’est la même chose grossièrement. L’utérus est comme une chambre qui sert à fabriquer un bébé. Si pour une raison ou une autre vous n’utilisez pas cette chambre pendant de très nombreuses années après votre puberté, il se peut que votre utérus soit envahi pas des myomes encore appelés fibromes telles des toiles d’araignée pour une chambre inutilisée.

Statistiquement, la moitié des femmes, surtout dans la race noire, après l’âge de 25 ans, ont au moins un fibrome. Ce fibrome peut avoir une taille qui varie entre la taille d’un grain de riz jusqu’à celle d’un pamplemousse ou même plus dans les cas extrêmes.

On ne connait pas vraiment les cases de l’apparition du fibrome mais, on sait que l’hérédité y joue un rôle : il ya des familles à fibrome. On sait aussi que l’on en retrouve plus dans la race noire (la mélanine ?). On sait enfin que le fibrome dépend des œstrogènes, hormones secrétées en grande quantité par la femme entre la puberté et la ménopause. Cette hormonodépendance du fibrome fait qu’à la ménopause, les fibromes régressent ou du moins arrêtent de donner des symptômes.

Ces symptômes du fibrome sont justement des douleurs, au bas-ventre principalement, des saignements en dehors et pendant les règles, un gros ventre parfois. D’autres signes sont moins constants et dépendent de la taille du nombre et de la localisation des fibromes : il s’agit de constipation, de fréquentes envies d’uriner, de difficultés à tomber enceinte, d’avortement, de malposition du bébé pendant la grossesse et d’hémorragies pendant l’accouchement. Contrairement à certains kystes de l’ovaire, les fibromes de donnent jamais de cancers.
La confirmation du diagnostic dans la quasi-totalité des cas se fait grâce à une simple échographie. Dans de rares cas, des examens plus poussés sont nécessaires.

Le traitement dépend des signes du myome se fera en concertation avec son médecin traitant évitant l’automédication et … les décoctions qui aggravent souvent les choses.

Si les symptomes sont minimes, on ne traite pas. Les douleurs et saignement seront traités avec des médicaments. Les difficultés de conception ou les avortements nécessitent souvent d’enlever le myome chirurgicalement surtout que, statistiquement, 50% des femmes infertiles opérées de fibromes tombent enceinte dans l’année qui suit l’ablation du fibrome.

La prévention primaire reste une visite régulière chez le gynéco avec une échographie de routine une fois par an et, si on est dans une famille où il ya des fibromes, autant que possible bien sur, ne pas attendre plus de 5 ans entre 2 grossesses ! Si possible encore une fois.

Pour celles qui ont déjà des fibromes, la décision de traitement médical ou chirurgical dépend du désir de grossesse et des symptômes du fibrome.

Toubibadakar

Décoction pour femme en travail : non à la rose de Jéricho!

CHAJARAT-MARIAM

Décoction pour femme en travail : non à la rose de Jéricho!

– Dr, la patiente a 6 contractions par 10 minutes et elle n’est qu’à 6 cm de dilatation, le monitoring ne cesse de sonner,
– Que se passe t-il, on a mis en place une perf de synto ?
– Non Dr, pas du tout, elle est venue dans cet état. Elle a juste pris une décoction que sa mère lui a donnée…
– Ah non, c’est surement cette fameuse fleur… mettez en place une perf contenant 4 ampoules d’antispasmodiques à flot, il faut absolument réduire la fréquence et la puissance des contractions.
10 mn après…
– Dr, la patiente est à dilatation complète mais les bruits du cœur du fœtus commencent à devenir irréguliers oscillant entre 120 et 90 battements par minute et le liquide amniotique est teinté : purée de pois.
– Ok, apportez moi la ventouse et prévenez le pédiatre….

Le bébé a été sorti par ventouse, il a fallut le réanimer énergiquement mais, Dieu merci, il tiré d’affaire. L’examen du placenta a montré un hématome rétroplacentaire minime.
– Mettez en place les mesures préventives de l’hémorragie du post-partum.
Effectivement, il ya eu une hémorragie vite maîtrisée…

Ce scénario n’est pas totalement fictif mais correspond à une réalité que nous vivons au quotidien en salle de naissance.

Souvent, trop souvent, l’entourage de la femme en travail veut aider en donnant diverses décoctions à cette dernière dans le but d’accélérer le travail.
Il en résulte régulièrement ce genre de scénario, parfois plus dramatique, avec, à la clé, une rupture utérine avec le décès de la mère et ou de l’enfant.

Il faut tirer la sonnette d’alarme sur ces fameuses décoctions qui, certes sont données dans le but innocent d’aider la patiente mais qui, au finish, crée beaucoup de complications.

EXPLICATIONS
La physiologie de la contraction utérine répond à des critères bien spécifiques dont une certaine intensité et surtout une fréquence qui, à l’acmé de la douleur, ne doit pas dépasser 3 à 4 contractions par 10 minutes.

En fait, comme le cœur, l’utérus est un muscle, il se contracte à des intervalles réguliers mais, il doit aussi se relâcher pour se reposer, « pour récupérer ». De ce fait, il se repose même plus qu’il ne travaille en réalité puisque la contraction dure 30 à 50 secondes et le relâchement 2 à 3 minutes.

Si l’utérus se contracte trop fort ou s’il ne se relâche pas suffisamment, à la longue, soit il se rompt comme un claquage chez un sportif faisant un effort trop intense sans avoir pris le soin de s’échauffer, soit il est contracturé comme lors d’une crampe musculaire.

Pour le fœtus, le travail est tout aussi éprouvant que la mère car, pendant la contraction, son approvisionnement en sang est interrompu et celui-ci ne reprend qu’à la fin de la contraction.

De manière imagée, c’est comme si on le torturait en lui enfonçant la tête sous l’eau, le privant ainsi de sa respiration pendant quelques secondes puis le laissait respirer avant de recommencer à la prochaine contraction.
Si les contractions sont donc trop rapprochées, le bébé n’a plus son temps de récupération indispensable.
N’ayant plus suffisamment d’oxygène, il relâche tous ses muscles, dont celui de l’anus et libère donc ses selles dans la cavité amniotique. Cette libération de selles colore en vert le liquide amniotique: on dit qu’il y a souffrance fœtale aiguë.

Cette souffrance s’accompagne d’une perturbation du rythme cardiaque du fœtus, rythme qui s’accélère d’abord, au-delà de 160 battements par minute, puis, si l’on n’intervient pas, puis diminue en dessous de 120 battements par minute, puis devient irrégulier avant de… s’arrêter !

Or, de manière empirique, tous les gynécologues et sages-femmes s’accordent à dire que la quasi-totalité des potions données aux femmes pendant le travail ont pour but et souvent pour effet d’ailleurs (c’est l’effet recherché) une augmentation de l’intensité et la fréquence des contractions utérines.
Il est aisé de constater alors toutes les souffrances fœtales voire les pertes de bébé induites par ces potions. Les mères aussi paient un lourd tribut à cette pratique traditionnelle car cette accélération des contractions entraîne des ruptures du muscle utérin et des hémorragies après l’accouchement.
La complication est encore plus inéluctable lorsque la patiente a un bassin rétréci ou un utérus cicatriciel ou que le fœtus est dans une position anormale (siège, transversale).

Pourquoi ces potions créent-elles cet effet ? On ne le sait pas très exactement !
Mais, il y a un début d’explication.

La potion la plus couramment utilisée dans notre pays est faite à partir d’une plante appelée à tort « la fleur de la Mecque » et donc le nom véritable est « la rose de Jéricho » ou « fleur de Jéricho » ou encore Anastatica hierochuntica.
Il existe une autre variété appelée « plante de la résurrection » ou « fleur de rocher » et dont le nom scientifique est Selaginella lepidophylla originaire du désert à la frontière entre les États-Unis et le Mexique.

La rose de Jéricho fait allusion à la ville biblique de Jéricho, ville qui renaissait sans cesse de ses cendres tout comme cette plante. Malgré son aspect asséché et rabougri, lorsqu’on la plonge dans de l’eau, la rose de Jéricho s’ouvre et revit de manière spectaculaire.
Jéricho actuellement est une ville de Cisjordanie dans les territoires autonomes palestiniens.

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Dans les pays où cette plante est utilisée, les femmes boivent l’eau dans laquelle est trempée la rose de Jéricho pour faciliter l’accouchement.
A noter qu’elle est aussi utilisée dans les rites du vaudou et de la santeria en Amérique latine pour invoquer l’amour et la fortune.
Il n’y a pas eu suffisamment d’études pour comprendre l’action de cette plante, mais on pense qu’elle contiendrait une substance identique ou proche du syntocinon.
Ce syntocinon est une hormone sécrétée par le corps de la femme. Elle est synthétisée et utilisée en médecine pour augmenter des contractions utérines trop faibles.
Le problème est que nous l’utilisons à raison d’une ou deux ampoules maximum pendant le travail or, si c’est une décoction, il est évident que dosage n’est pas du tout maîtrisé d’où cette accélération excessive des contractions et son cortège de complications.

Toutes les potions traditionnelles ne sont pas issues de la rose de Jéricho certes, mais, si elles ont pour effet d’accélérer le travail, leurs conséquences sont tout aussi désastreuses.

Qu’en est-il des eaux bénites faites à base d’extraits de versets du Coran, ou d’un autre livre saint puis délavés dans de l’eau ? Elles ne sont pas censées contenir de substances pharmaco-actives comme pour les plantes ?
Eh bien je répondrai ceci : le pouvoir de la prière est indéniable, pour les croyants en tout cas ! Donc, toutes les prières sont les bienvenues pour traverser l’épreuve de l’accouchement. Je suis donc d’accord pour toute eau bénite à enduire sur le corps, à prendre en bain rituel et même à porter comme gris-gris si le cœur ou la foi vous en dit.

Cependant, je déconseille fortement de boire toute potion, ne pouvant faire la différence entre une eau bénite ou une décoction de rose de Jéricho ou de je ne sais quelle plante qui pourrait compliquer l’accouchement.
Ce que vous ignorez peut-être mesdames, c’est que nous autres, personnel de santé, aussi, avant de rentrer en salle d’accouchement ou au bloc opératoire, nous prions pour vous, votre salut et pour le salut de votre bébé, car de votre salut, dépend le notre !

Alors, comme j’ai l’habitude de le conseiller à mes patientes à la dernière consultation prénatale : « Madame, takal, saangoul, diwoul loula nekh ! wayé, boul naaan dara !!!

Traduction: « Mme, portez (des gris-gris) prenez des bains (rituels), enduisez-vous (de toutes les potions magiques que vous voudrez) mais, ne buvez absolument rien !!!!

A bon entendeur ….

Toubibadakar

Équation ministérielle: 35 inutiles = 23 utiles

Sénégal-drapeau

Trente-cinq ministres, c’est vraiment trop pour un pays comme le notre, sans compter les nombreux « rang de Ministre ». Le contenu de la liste ministérielle est hallucinante avec les doublons et les postes…inutiles.

Pour une meilleure efficacité et efficience, ces 35 Ministres pourraient facilement être convertis en moins de 25.
Voici une proposition de composition ministérielle… sans superflus.

1. Premier Ministre
2. Ministre de la Santé et de l’Action sociale
3. Ministre des Forces armées
4. Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique
5. Garde des Sceaux, Ministre de la Justice
6. Ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur
7. Ministre du Tourisme et des Transports aériens
8. Ministre de l’Energie et du Développement des Energies Renouvelables
A fusionner avec le Ministre de l’Industrie et des Mines
9. Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement
10. Ministre du Commerce, Secteur informel, de la Consommation, de la Promotion des Produits locaux et des PME
11. Ministre de la Pêche et de l’Economie maritime
12. Ministre de la Formation professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Artisanat
13. Ministre des Postes et des Télécommunications
A fusionner avec le Ministre de la Culture et de la Communication
14. Ministre de la Jeunesse, de l’Emploi et de la construction citoyenne
A fusionner avec le Ministre des Sports
15. Ministre du Travail, du Dialogue social, des Organisations professionnelles et des Relations avec les institutions
A fusionner avec le Ministre de la Fonction Publique, de la Rationalisation des effectifs et du Renouveau du secteur public
16. Ministre de l’Environnement et du développement durable
A transformer en Ministère de l’Environnement et de l’Ecologie
17. Ministre de l’Economie, des Finances et du Plan
A transformer en Ministre de l’Economie et des finances avec son
18. Ministre Délégué auprès du Ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Chargé du Budget
19. Ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural
A fusionner avec le Ministre de l’Élevage et des Productions animales
20. Ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfance
21. Ministre des Infrastructures, des transports terrestres et du désenclavement
A transformer en Ministère du transport terrestre
22. Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche
A fusionner avec le Ministre de l’Education nationale.

A supprimer :
o Ministre du renouveau urbain, de l’Habitat et du cadre de Vie
o Ministre de la Gouvernance locale, du Développement et de l’Aménagement du territoire
o Ministre de la Promotion des investissements, des partenariats et du développement des Téléservices de l’Etat
o Ministre de l’intégration Africaine, du NEPAD et de la Promotion de la Bonne Gouvernance
o Ministre Délégué auprès du Ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfance, Chargé de la Micro-finance et de l’Economie solidaire
o Ministre délégué auprès du Ministre du renouveau urbain, de l’Habitat et du cadre de vie, chargé de la restructuration et de la requalification des banlieues.
o Ministre délégué auprès du Premier ministre porte parole du gouvernement (vraiment inutile !!!)

Messieurs les politiques, inspirez vous en !

Le combat de Bouki-la-hyène

leuk-et-bouki

Il était une fois, au village des animaux de Ndoumbélane, une situation très désagréable. Il ne se passait pas un jour sans que quelqu’un ne signale un vol à son domicile, la destruction de ses cultures ou le sabotage d’une construction. La situation commençait à devenir vraiment énervante. Or, à chaque fois, le seul et unique coupable de ces problèmes, n’était autre que l’éternel… Bouki-la-hyène.

Il était à l’origine de tous les conflits et tous les dégâts.

Alors, tous les animaux se sont réunis un jour pour trouver une solution définitive à ce problème ambulant.

Bouki-la-hyène a donc été convoqué et Oncle Gaïndé-le-lion lui dit :
– Bouki, tu crées vraiment beaucoup de problèmes ! Chaque jour, tu es mêlé dans des histoires de vols, de vandalisme, de destructions de biens, de mensonges, de malversations. Ça suffit !

– Oncle Gaïndé, tout ceci n’est que calomnie. Je suis toujours innocent. Ce sont les autres animaux qui m’accusent à tort et qui se moque de moi. je n’ai jamais fait de bêtises, je suis le plus sage de tout le village, répondit Bouki-la-hyène.

– Voici un autre grand mensonge Bouki, continua Oncle Gaïndé. Moi-même je suis témoin de tes bêtises. Nous nous sommes tous réunis et avons décidé de te donner une sévère correction : tu seras battu !

– Ce n’est pas juste mais j’accepte. Cependant, je préfère que la correction me soit donnée par un seul animal, sinon ce serait trop déloyal, vous tous contre moi, ce serait injuste, continua Bouki.

– Pour une fois, tu as raison, accepta Oncle Gaïndé, nous allons demander à un d’entre nous de te corriger alors.

– Ce n’est pas fini, l’interrompit Bouki-la-hyène. Pour me corriger, il faudra d’abord que ce soit lors d’un combat, un duel, et c’est moi qui choisirai mon adversaire.

– Bouki, tu exagères là, s’énerva Oncle Gaïndé. Mais d’accord ! Choisis ton adversaire, qu’on en finisse.

Alors, Bouki-la-hyène se retourna et regarda toute l’assistance.

Il regarda d’abord Segg-le-léopard : « Il faut être fou pour l’affronter lui », pensa- t-il.
Plus loin, il vit Mame Gniey-l’éléphant : « Trop gros », dit-il .
Vers la gauche, Golo-le-singe se grattant la tête : « Trop agile, difficile à attraper », songea-t-il Tout derrière, il aperçu Djamala-la-girafe : « Trop grande celle là », pensa t-il.

Assis dans son coin, il y avait Leuk-le-lièvre. Bouki le regarda longuement, puis, il se dit : « Celui là est un peu trop malin, il est suffisamment petit pour que je puisse le battre mais je suis sûr qu’il va encore me jouer un sale tour, comme il me le fait toujours. Ce n’est pas prudent de le choisir comme adversaire. »
Dans sa réflexion, Bouki aperçut une ombre furtive qui essayait de quitter en douce le lieu de la réunion et il cria :

« BEY !!!!!! Bey-la-chèvre, jubilait Bouki ! C’est Bey que je choisis comme adversaire. »

chevre

– Non, mais arrête Bouki ! répondit Oncle Gaïndé-le-lion. Tu ne peux pas choisir Bey, ce n’est pas raisonnable, choisis quelqu’un d’autre !

– Ah non, Oncle Gaïndé, tu étais d’accord pour que je choisisse mon adversaire, j’ai choisi Bey-la-chèvre, ce sera elle sinon on laisse tomber, répliqua Bouki grognon !

Tout le monde essaya de faire changer d’avis Bouki mais il resta inflexible.

Depuis que son nom a été prononcé par Bouki-la-hyène, Bey-la chèvre n’arrivait plus à se contenir : elle tremblait de tous ses membres. Elle était à un doigt de quitter l’assistance quand Bouki l’a aperçue et choisie. Quelle malchance !

Elle tremblait tellement que ses dents s’entrechoquait : kat-kat-kat-kat-kat…

Elle en avait perdu la voix et se contentait de lancer des « mbééééé !»

Alors, Mame Mbonaate-la-tortue proposa une solution :

– D’accord Bouki, tu as choisis ton adversaire mais ce choix est pour le peu inéquitable. Dans ce cas, il faut donner à Bey-la-chèvre un délai de quelques jours pour qu’elle puisse se préparer physiquement.

– OK, pas de problème ! Je lui accorde un délai de 15 jours, répliqua Bouki, content, puis il s’en alla déjà victorieux.

Bey-la-chèvre était inconsolable. Elle était atterrée, désespérée !

Même les encouragements de ses amis n’y faisaient rien.
Oncle Gaïndé-le-lion enleva son « Ndomb lapeu-také», le gris-gris qu’il portait sur son bras et qui lui valait son fameux coup de patte auquel nul ne pouvait résister. Il lui tendit mais les pattes de Bey-la-chèvre étaient trop fines pour retenir le gris-gris. Oncle Gaïndé finit par passer le gris-gris autour du cou de Bey comme un collier.
Golo-le-singe essayait de lui apprendre des prises de judo et des feintes, mais Bey était encore trop paniquée pour comprendre quoi que ce soit. Elle se contentait juste de trembler : kat-kat-kat ……

Pendant 15 jours donc, Bey-la-chèvre subit un entrainement intensif : des « appui-avant », du footing, de l’haltérophilie, du kung-fu, du karaté, du judo, de l’aïkido et j’en passe. Tous les animaux sont passés pour lui donner à tour de rôle une astuce, une botte secrète, un conseil, un gris-gris mais elle restait inconsolable, tremblant de tous ses membres.

Bouki, quant à lui, restait introuvable. Personne ne l’a vu nulle part jusqu’au jour du combat.

Le combat avait été fixé à 18h au stade de Ndoumbélane et, très tôt, les supporteurs des deux camps avaient occupés toutes les places. Le stade était plein comme un œuf, personne ne voulait louper le combat du siècle.

combat

Les supporteurs des deux camps ? C’était trop dire, tout le monde était avec Bey.
Tout le monde était là sauf… Bouki-la-hyène. Où pouvait-il bien être à quelques heures du coup de sifflet ?

17h30, pas de nouvelles de Bouki…
17h45 : pas de nouvelles de Bouki…
17h50 : rien…
17h55 : On aperçoit Bouki qui apparait au loin, rentrant tranquillement dans le stade, avec un seau sous le bras.

– Bouki, où étais-tu ? Qu’est-ce qu’il y a dans ton seau ? lui demandèrent les animaux.

– Ce n’est pas votre problème ! Vous m’avez tous ignoré depuis 15 jours, vous avez tous bien montré que Bey-la-chèvre était votre favori, continuez comme cela et ne vous mêlez pas de mes affaires, rétorqua Bouki furieux.

– Mais dis nous juste ce qu’il ya dans ton seau.

– Non, laissez moi tranquille, termina sèchement Bouki.

Bouki alla donc seul dans son coin, toujours avec son seau recouvert d’un torchon. Les quelques curieux venus pour essayer de soulever le torchon furent rudement chassés par un Bouki intraitable.

Bey de son coté, était à son 15ème bain rituel (safara) avec toutes sortes d’eaux bénites venues des plus grands marabouts de la brousse. Elle avait tellement pris de bains qu’on ne savait plus si elle tremblait de peur ou de froid.

A 18h donc, Leuk le-lièvre, l’arbitre, donna le coup de sifflet, non sans donner des recommandations d’usage :

– Pas de coup bas, pas de coup en dessus de la ceinture, pas de morsure d’oreille (Tyson), on ne continue pas le combat en dehors des sacs de sables, ordonna t-il aux protagonistes.

Au le coup de sifflet, contrairement à ce que l’on pouvait craindre, Bouki ne se ruât pas sur Bey, il se contenta juste d’un balancement de bras calme (leweuto).

Soudain, il attrapa une des pattes de bey.

Un tonnerre de cris d’angoisse s’éleva des gradins, Bey était perdue, elle allait être terrassée par Bouki.

Il n’en fût rien ! Bouki tira la patte de Bey jusqu’à son coin, mis sa main dans son fameux seau et en sorti un produit indéterminé dont il enduisit copieusement la patte de Bey avant de la lâcher.

Lorsque Bey fut lâchée, elle couru, haletante jusqu’à l’autre bout le l’arène en criant : « Mbééééééé !!!! »
Bouki lui, était tout aussi calme et repris son jeu balancement de bras.

Leuk-le-lièvre, l’arbitre, a pu convaincre Bey après de gros effort, de reprendre ses esprits, et le combat aussi.
Au bout de quelques minutes, Bouki saisit à nouveau une seconde patte, la tira jusqu’à son seau et la ré-enduisit de son produit. Bey était effondrée, ses pattes baignaient dans du …

Quelques minutes après, Bouki agrippa fortement l’échine de Bey et reprît une poignée de son produit et l’étala sur le dos de son adversaire. Bey n’en pouvait plus de crier.

Après une folle course poursuite, Bouki plongea sur adversaire, la coinça dans le creux de son aisselle, la traina jusqu’au seau et enduisit la tête et le museau de Bey du fameux produit.

A ce moment, Bey, sortit sa langue et lécha le produit en question dont on l’enduisait depuis 15 mn et s’écria :
« C’EST DE LA MARINADE !!!! »

Bouki avait décidé de mariner Bey-la-chèvre avant même de l’avoir vaincue et tuée.
Le stade était sens dessus-dessous. C’était incroyable ! Les animaux sur les gradins étaient partagés entre incrédulité et hilarité.

La seule pour qui la situation n’était pas drôle, c’était Bey, qui courrait en rond en criant : « C’est de la marinade, c’est de la marinade ! »
Bouki, dans un ultime effort attrapa finalement Bey, la souleva jusqu’au plus haut, d’une main. De l’autre, il prit de son seau une copieuse poignée de marinade de son seau, l’étala sur le ventre de Bey, la dernière partie à mariner : Bey était fin prête pour lui.

Bey était enfin fin prête pour l’estocade finale.

La marinade était complète.

La tension était à son comble, le ciel raisonnait des cris horrifiés de tous les spectateurs.
Bouki, qui maintenait toujours Bey en l’air, se rendit compte qu’il y avait une goutte de marinade qui perlait du ventre de sa proie.

Il souleva alors Bey plus haut, avec ses 2 bras, la mis au dessus de sa tête en essayant de capter au vol cette de goutte de marinade qui perlait et qui le faisait saliver abondamment. Il était hors de question de perdre une goutte de marinade.

En essayant de se concentrer sur cette goutte, Bouki finit par trébucher sur une pierre et chuta lourdement sur le sol, les 4 fers en l’air (4 appuis), écrasé par le poids de Bey au dessus de lui.
Bey venait de « terrasser » Bouki !

Moralité : il ne faut pas mariner la chèvre avant de l’avoir terrassée (ou vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué)

le combat

A bientôt pour une autre histoire.

toubibadakar

Contraception ou pas contraception: the end !

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Mise en situation : Votre voisin est hypertendu comme vous. Le médicament qu’il prend semble très efficace. Vous n’avez pas le temps d’allez chez votre cardiologue, ne pourriez-vous pas simplement prendre le même médicament à la même dose ? Ce ne serait pas très sûr, ni très raisonnable !

Pour la contraception, c’est le même principe qu’il faut respecter. On voit régulièrement des patientes qui prennent une contraception sur recommandation de leur…..voisine ou d’une amie, sans avis médical ! On a même vu des cas anecdotiques où la femme emprunte la plaquette de pilule de sa voisine à cause de l’arrivée imprévue de son mari !!! ! Un petit dépannage en fait ;-).

Ne perdons pas de vue que la contraception, en ce qui concerne les méthodes modernes, est un traitement au long cours et doit donc faire l’objet d’une consultation au préalable. Si vous prenez la contraception de votre voisine alors que la méthode n’est pas indiquée pour vous, vous aurez assurément des effets indésirables, sans compter les contre-indications !

Comment avoir une contraception sans risque ?

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Lorsqu’on décide de faire une contraception, on doit d’abord voir un praticien : médecin, sage-femme ou gynéco. Ce personnel médical devra alors vous BERCER ! Explications :
Bienvenue : l’accueil de la patiente est aussi important que la qualité de la prise en charge. En plus de la courtoisie et de la gentillesse, le médecin ou la sage-femme doit accueillir la femme ou le couple désireux de faire la contraception sans faire de jugement de valeur sur le bien fondé ou pas de cette contraception. Certaines femmes refusent d’aller en consultation de contraception à cause du regard interrogateur ou inquisiteur porté à leur endroit. Il faut donc accueillir la patiente de manière amicale, serviable et respectueuse.

Entretien : Il faut écouter la patiente. Souvent, elle évoque ses craintes et ses doutes par rapport à la contraception surtout si elle a déjà reçu des avis négatifs ou si les rumeurs concernant les méthodes ont déjà terni l’image de la contraception.

Renseigner : c’est l’étape fondamentale. Il s’agit d’exposer TOUTES les méthodes qui existent, avec pour chacune, ses avantages, ses inconvénients, ses effets secondaires, les rumeurs. L’exposé devra être simple, clair, bien systématisé avec à l’appui un présentoir pour que la patiente puisse voir et toucher même les produits si besoin. Plus loin, on détaillera les méthodes disponibles au Sénégal.

Choix : c’est à la patiente, mieux, au couple, de choisir leur contraception, et le choix se fera de manière libre et éclairé. Toutes les informations nécessaires à ce choix seront données. On vérifiera aussi qu’il n’y a pas de contre-indication à la méthode choisie. On mettra sur la balance les avantages et les inconvénients de la méthode choisie.

Expliquer : c’est ici que le médecin explique dans le détail tout ce qui concerne la méthode qui a été choisie. Si la méthode demande une technique particulière pour son utilisation, on n’hésitera pas à faire une démonstration. La méthode est enfin donnée à la patiente en quantité suffisante si besoin après un examen physique classique.

Rendez-vous : on cherchera si la patiente d’a pas une autre préoccupation sur le plan gynécologique (ou sur un autre plan médical) et enfin on choisira la date du prochain rendez-vous.
Pour être totalement franc, il faut reconnaitre que le 1er gros problème de la contraception c’est que ce BERCER n’est toujours respecté par le personnel médical. Cela prend du temps à le faire, c’est vrai, mais c’est le seul moyen pour que chaque patiente reçoive la bonne méthode.

Pour terminer, les méthodes sont classables en 2 grands groupes : les traditionnelles et les modernes.

Les méthodes traditionnelles :
L’abstinence !  hey oui c’est une méthode ! On ne la retrouve pas dans les livres de contraception habituellement mais, depuis le seul et unique cas d’immaculée conception, c’est la plus fiable, efficacité : 100%.

La ou les méthodes de calcul : durant chaque cycle, on ne peut tomber enceinte que pendant 5 à 6 jours maximum, cette période est appelée période féconde. Pour la déterminer, il faut d’abord identifier le jour de l’ovulation. C’est là qu’intervient le chiffre monde retenu par tout le monde : 14. Mais, l’ovulation ce n’est pas obligatoirement le 14ème jour. Si la patiente n’est pas enceinte, les règles surviennent 14 jours après l’ovulation donc, de manière rétrospective, la date de l’ovulation c’est durée du cycle moins 14 jours.

De ce fait, pour une patiente qui a un cycle de 30 jours, l’ovulation se fera au 16ème jour du cycle (30-14=16). Pour celle qui a un cycle de 26 jour, elle ovulera au 12ème jour (26-14=12). Et les seules qui ovuleront à J14 sont évidemment celles qui ont un cycle de 28 jours car 28-14=14.
Ainsi, la période féconde débute 4 jours avant la date de l’ovulation car la durée de vie des spermatozoïdes est de 4 jours. Cette période féconde prend fin 2 jours après la date de l’ovulation également puisque l’ovule vit 24 à 48h en moyenne. En récapitulation, la période féconde s’étale sur 4 jours avant et 2 jours après le jour de l’ovulation. Elle sera donc
o pour un cycle de 30 jours de J12 à J18,
o pour un cycle de 26 jours de J8 à J14.
Il faut toutefois savoir que CETTE METHODE N’EST VALABLE QUE POUR LES CYCLES REGULIERS. Donc, si votre cycle ne l’est pas, ne vous aventurez pas la faire car c’est l’échec assuré avec une grossesse indésirée à la clé.

L’allaitement maternel : il s’agit d’un allaitement exclusivement au sein, sans biberon, jour et nuit et toutes les 4h maximum. Elle est très efficace, renforce les liens entre la maman et son bébé mais n’est valable que pendant 6 mois et n’est plus valable si le retour de couches se fait avant les 6 mois après accouchement. Au delà de 6 mois, même si les règles ne viennent pas, elle n’est plus fiable.

La méthode de la glaire : la glaire cervicale est une substance gélatineuse, comme le blanc d’œuf, située à l’entrée du col de l’utérus et qui filtre et nourrit les spermatozoïdes. Cette glaire est élastique et filante (elle tient entre 2 doigts comme un chewing gum) durant la période féconde mais elle est sèche et cassante en période non féconde. Ainsi, en vérifiant sa glaire cervicale tous les jours, on peut juger de son élasticité et donc de sa fécondité.

Glaire élastique

Cependant, cette glaire peut être altérée par les infections vaginales et le test doit être fait en dehors de toute excitation sexuelle sinon, la lubrification vaginale pourrait être source d’erreur d’appréciation.

La méthode de la température : la température du corps de la femme est inférieure à 37° avant le jour de l’ovulation et elle passe au dessus de 37° après l’ovulation. La surveillance journalière de la température permet ainsi de savoir simplement si l’on a déjà ovulé ou pas. Elle est souvent associée à la méthode de la glaire pour plus d’efficacité.
Mais, cette température devra être prise tous les jours, avant de sortir du lit, avec le même thermomètre et de préférence par voie rectale (sinon ajouter 0.5° si c’est par l’aisselle et 1° si c’est par la bouche). Evidement, si l’on est atteint d’une quelconque maladie donnant de la fièvre (grippe, palu, bronchite etc) le résultat est, de facto, faussé. Tout ceci rend cette méthode très contraignante.

Le coït interrompu : ici, l’homme se retire de sa partenaire avant d’éjaculer. Il devra avoir de la maîtrise. Cette méthode peut altérer la qualité du rapport sexuel car, au lieu de se concentrer sur son plaisir et sur celui de sa partenaire, il devra veiller à se retirer avant de moment fatidique de l’orgasme, moment qui coïncide avec l’éjaculation chez l’homme. Cela peut être source de frustration sans compter que le liquide transparent qui perle de l’homme lors de son excitation (liquide séminal) contient (en faible quantité) des spermatozoïdes, d’où un risque d’échec.

Ces méthodes traditionnelles ont le mérite de n’avoir aucun effet secondaire notable mais, force est de reconnaitre qu’elles présentent bien des contraintes d’où leur taux d’échec assez élevé.
Les méthodes modernes : elles peuvent être classées en 2 sous-groupes : les méthodes physiques ou méthodes barrières et les méthodes chimiques ou médicamenteuses.

les méthodes physiques ou barrières:

barrieres

o le préservatif : il en existe 2 sortes : le masculin, plus célèbre et plus répandu que son homologue féminin peu connu du grand public et plus cher. Il est très recommandé et très prisé par les couples ayant des rapports occasionnels.

Le préservatif a le double avantage d’être un contraceptif et d’être le seul moyen efficace (après l’abstinence) contre les infections sexuellement transmissibles. Son 1er gros problème est que les hommes (ex-coureurs de jupons selon une de mes patientes) ne l’aiment pas ! Ils l’accusent de diminuer leur plaisir. Il faut reconnaitre que le port du préservatif oblige à casser l’élan du moment sexuel et bonjour la galère si l’on tombe sur un emballage qui refuse de se déchirer alors que le feu est à son paroxysme ! Cependant, le préservatif peut aider les hommes souffrant d’éjaculation précoce à prolonger la durée de leur endurance sexuelle.

De plus, avec la multitude de préservatifs fantaisistes que l’on trouve sur le marché : nervurés, hérissés, fluorescents, avec dispositif vibrant, au goût parfumé divers (menthe, chocolat, vanille, pomme, banane, fraise, kiwi, orange, citron…) cette méthode peut relancer la libido dans le couple par des jeux sexuels qui n’ont de limite que votre imagination et votre endurance.

o Le stérilet au cuivre : il s’agit d’un tout petit dispositif (je préfère ne pas utiliser le mot appareil car, il fait évoquer quelque chose de grande taille alors que le stérilet ne mesure que 2 à 3 cm) en forme de T habituellement. A l’origine, les bédouins ont été les premiers à placer une pierre à l’intérieur de l’utérus des chamelles qui venaient de mettre bas pour éviter qu’elles ne soient encore fécondées par les chameaux durant l’allaitement du chamelon (ou chamelet ça existe selon wikipédia !!).

diu cuivre

Le stérilet se place généralement de manière indolore dans la cavité utérine. Il est discret et peut durer plus de 12 ans. Il a cependant 3 effets secondaires parfois : il allonge la durée des règles, donne des règles douloureuses et augmentent le risque d’infection génitale. Il est recommandé de faire d’abord une échographie avant sa pose (pour éliminer une malformation utérine par exemple) et de rechercher et traiter une infection vaginale pour éviter de la « pousser » dans l’utérus. Le stérilet ne doit pas être posé chez une patiente ayant subit 2 césariennes ou plus.

A noter que certains hommes disent sentir et être gênés par le fil du stérilet qui pend dans le vagin (c’est pour pouvoir le retirer) mais il suffit juste de le signaler pour que le médecin le coupe plus court et le replie vers le fond du vagin.

Le stérilet agit en détruisant les spermatozoïdes (le cuivre est toxique pour eux) et en altérant la muqueuse de l’utérus, la rendant impropre à l’implantation éventuelle de l’œuf si jamais un quelconque spermatozoïde arrivait à échapper à la toxicité du cuivre. Ce dernier argument est utilisé par certains religieux pour considérer le stérilet comme un moyen d’avortement potentiel.

o Les spermicides : ce sont des comprimés, des gels ou des éponges qui sont placés au fond du vagin avant le rapport sexuel et qui détruisent les spermatozoïdes. Ce sont, grossièrement, des insecticides anti-spermatozoïdes. Ils peuvent aussi améliorer la lubrification vaginale et sont souvent bien appréciés par les patientes souffrant de sécheresse vaginale.

Inconvénient majeurs : ils doivent être mis en place 10 à 15 mn avant de rapports sexuel et la patiente devra éviter tout bain vaginal au savon antiseptique pendant 6h après le rapport car, le savon risquerait de désactiver le principe actif du spermicide.

o La ligature des trompes : Elle est définitive et irréversible. Elle se fait pendant la césarienne mais peut aussi se faire en dehors, sous anesthésie locale. Elle est normalement réservée aux cas où une grossesse supplémentaire serait très dangereuse pour la femme et formellement déconseillée. Il existe des variantes de cette méthode dans lesquelles, on passe par l’intérieur de l’utérus pour installer un dispositif obturateur dans l’orifice interne de la trompe.
Son caractère irréversible nécessite une mûre réflexion. Elle nécessite un consentement écrit du couple pour éviter toute contestation postérieure.

o La vasectomie : c’est, chez l’homme, l’équivalant de la ligature des trompes, chez la femme. On ligature les canaux qui relient les testicules à la prostate empêchant ainsi les spermatozoïdes d’être présents dans le sperme. C’est une méthode qui est rarement (voire même jamais) acceptée par les hommes, surtout dans nos contrées car ils ont peur qu’elle ne touche à leur virilité. Or, il n’en est rien, la virilité, la puissance, la capacité d’érection ne sont pas du tout affectée par la vasectomie, seul le pouvoir fécondant du sperme est affecté : l’homme continue à avoir des rapports sexuels satisfaisants, avec éjaculation : le sperme ne contient juste plus de spermatozoïdes (après une vingtaine d’éjaculations). Pas de risque non plus, Messieurs, que vos testicules n’éclatent sous l’effet de l’accumulation des spermatozoïdes, rassurez-vous ! 

o Les autres méthodes barrières : la cape cervicale et le diaphragme. Ils sont aussi placés au fond du vagin et ferment le col, empêchant l’accès à la cavité utérine aux spermatozoïdes. Ils sont souvent associés aux spermicides. Ils ne sont pas très connus dans nos régions et nécessitent une bonne hygiène car réutilisables.

les méthodes chimiques ou médicamenteuses : elles agissent par 3 mécanismes : blocage de l’ovulation, altération de la muqueuse utérine (comme le stérilet au cuivre) et altération de la glaire cervicale pour bloquer le passage des spermatozoïdes. On en distingue plusieurs :

o La pilule ou les pilules car il en existe différentes sortes. Inventées dans les années 50 par Dr Pincus (sur l’inspiration de 2 femmes), elles peuvent être classées selon plusieurs critères. La classification la plus simple se fait selon la composition chimique. Ainsi, selon les hormones qu’elle contient, nous avons 2 grands groupes : les pilules combinées (contenant de l’œstrogène et de la progestérone) et les pilules progestatives. Une autre classification plus à la mode se fera en générations (1ère, 2ème, 3ème et 4ème) tenant compte du caractère chronologiquement récent de leur création.

Les pilules, selon la quantité d’hormones que contient chaque comprimé et leur dosage uniforme ou variable, sont elles-mêmes subdivisées en mono, di ou tri-phasique et même séquentielle.
Il est plus simple de retenir qu’il ya des plaquettes avec 21 comprimés et d’autres avec 28 : avec celles de 28 comprimés la patiente enchaine les plaquettes et donc ne voit pas ses règles, avec celles de 21 comprimés, un arrêt de 7 jours est observé, arrêt durant lequel les règles surviennent. Parfois les 7 jours d’arrêt sont matérialisés par des comprimés rouges, contenant uniquement du fer, pour conserver le reflexe de prise quotidienne de la pilule et lutter contre l’anémie chronique chez les femmes. Pour les femmes allaitantes certaines pilules seront évitées durant les 1ers mois car elles bloqueraient la production de lait.

La contrainte majeure des pilules est qu’elles doivent être prises quotidiennement et à une heure régulière, même quand le mari n’est pas là. Tout oubli ou retard à la prise entrainent un risque d’échec donc, « oublieuses » s’abstenir. Il est toujours possible de rattraper un oubli selon un protocole assez compliqué qui prend en compte le type de pilule utilisé, la durée de l’oubli et la position du comprimé oublié sur la plaquette. En cas d’oubli, il est plus simple d’appeler son médecin prescripteur ou de d’opter pour une méthode barrière en attendant les règles suivantes.

Les pilules ont pour effet secondaire une prise de poids, des céphalées, une augmentation de la pression artérielle, des nausées, rarement des saignements et, pour ceux de la 4ème génération, un risque thromboembolique (boucher les veines). Ils ont par contre un effet protecteur sur le risque de survenue de cancer de l’ovaire mais par contre un risque accru de survenue du cancer du sein, mais cela n’est valable QUE chez celles qui ont des antécédents familiaux de ces cancers (d’où la folle rumeur : la contraception donne le cancer !).
Pour clore le chapitre des pilules, au risque de nous répéter, la pilule n’empêche pas la survenue d’une grossesse après son arrêt ni de retard de retour à la fécondité. Si c’était le cas, l’oubli de pilule n’entrainerait pas de grossesse surprise sans compter que la prise quotidienne est due au fait que la pilule ne reste efficace dans le corps que 24h. Enfin, pour arrêter la pilule, il faut d’abord terminer sa plaquette en cours sinon, on risque fort de perturber le cycle menstruel.

o Les piqûres : elles constituent une alternative à la pilule pour les « oublieuses ». Au Sénégal, il en existe 2 sortes selon la voie d’administration : intramusculaire : (IM) ou sous cutanée (SC) qui a été introduite récemment. Toutes deux présentations contiennent la même hormone, seule la voie d’administration diffère.

La piqûre IM se fait habituellement sur l’épaule et, contrairement aux piqûres habituelles, on ne masse pas le point d’injection après. La piqûre est valable 3 mois, 13 semaines plus exactement, mais un massage du point d’injection favoriserait une diffusion plus rapide du produit avec un risque accru d’effet secondaire ou d’échec.

La piqûre SC se fait comme pour la piqûre de diabète sur l’abdomen ou la face externe du bras. Elle est moins douloureuse que la piqure IM mais conserve la même efficacité.
Très bien tolérée par la plupart des femmes, elle entraîne trois effets secondaires principaux :
 Une absence de règle ou aménorrhée due a une atrophie, un amincissement de la muqueuse utérine. Cette aménorrhée sera aussi responsable du retard de retour de la fécondité à l’arrêt de la méthode. Ce retard peut aller de 1 mois à 2 ans dans les cas extrêmes mais rares.

 Des saignements en dehors des règles : les spotting ou microrragies pouvant être de simples gouttes de sang voire un saignement carrément invalidant. Ils sont dus a l’éclatement de petits vaisseaux sanguins dans l’utérus et sont simplement traités pas des anti-inflammatoires.

 Une prise de poids, inconstante, de 1 à 5 kg par an habituellement, beaucoup plus selon certaines mais il est difficile de faire la part des choses entre la prise de poids due a la piqure et celle due au régime alimentaire hypercalorique des femmes après accouchement pour soi-disant favoriser la production de lait (bouillie, soupe etc).

Ces effets secondaires doivent être précisés absolument durant la consultation de contraception pour éviter tout quiproquo ultérieur.

o Les implants : il en existe 2 actuellement, le 3ème ayant été retiré du marché à cause de son retrait laborieux. Le 1er contient 2 bâtonnets et le second un seul.
Ces bâtonnets contiennent la même hormone que la piqure et, donc, ont les mêmes effets secondaires. La seule différence est que le bâtonnet unique est valable pendant 3 ans, le double est valable 5 à 6 ans selon le poids de la patiente. Les implants se placent, sous anesthésie locale, dans la face interne du bras juste sous la peau, grâce à un inserteur fourni dans le kit. Le retrait se fera aussi sous anesthésie locale.

Des rumeurs font état de la possibilité que l’implant se déplace et se perde dans le corps mais il n’en est rien. L’implant ne se balade pas du tout ! Les difficultés de retrait sont rencontrées chez les patientes ayant eu un gain de poids excessif ce qui enfouit l’implant dans la graisse.

o Le stérilet hormonal : placé dans la cavité de la même manière que son homologue au cuivre, il contient un petit réservoir qui diffuse une hormone contraceptive. De ce fait, ce stérilet est non seulement contraceptif mais, il traite très efficacement certains troubles gynécologiques tels que les règles douloureuses ou abondantes.

Comme celui au cuivre toujours, il peut donner des signes indésirables comme une susceptibilité aux infections vaginales. Les mêmes indications, contre-indications, précautions de pose et surveillance seront donc appliquées aux stérilets, hormonal ou au cuivre.
o Les autres méthodes chimiques : elles sont rares sous nos cieux, l s’agit principalement de patch ou de timbres placés sur la peau pendant 21 jours et qui diffusent des hormones contraceptives, avec un arrêt de 7 jours comme pour les pilules.

Cas particulier de la contraception d’urgence. Elle est réservée aux accidents d’utilisation des méthodes classiques (préservatifs qui éclatent ou oubli de pilule) ou aux rapports sans protection lors de période féconde ou supposée féconde ou dans les cas d’agression sexuelle. Il en existe plusieurs types dont :
o La pilule d’urgence : à prendre dans les 72h après le rapport suspect. Les dernières générations de pilule du lendemain, seraient efficaces jusqu’à 5 jours après le rapport. Il faut noter que plus elle est prise tôt plus elle a des chances d’agir efficacement. Cela sous-entend aussi qu’il ya un risque d’échec et même de complication en cas d’utilisation abusive de cette pilule du lendemain. Une ou deux fois par an au maximum serait raisonnable.
o Le stérilet: il peut faire office de contraception d’urgence jusqu’à 7 jours après le rapport suspect. Il agit ainsi en empêchant une éventuelle implantation de l’œuf dans la cavité utérine.
Utilisés à mauvais escient, ces contraceptifs d’urgence peuvent donner lieu à des complications graves telles que des grossesses extra-utérines, des perturbations du cycle menstruels ou des affections ovariennes. La contraception d’urgence ne peut en aucun cas être utilisée comme une contraception régulière !

Quelle est maintenant la meilleure contraception ?

La palme d’or, la meilleures, le plus sûre, la plus efficace est …… celle que vous avez choisie vous-même, en pleine connaissance de cause des avantages, des inconvénients, des effets secondaires que vous acceptez, surveillez, signalez et traitez en collaboration avec votre médecin traitant. Celle la est la meilleure, mais pas celle de votre voisine, celle dont vous avez entendu parler, celle à la mode ni celle que l’on vous a imposée !

La contraception est une procédure, un protocole, parfois compliqué même pour un professionnel de la santé aguerri !
Elle nécessite une collaboration franche et interactive entre la patiente, mieux, entre le couple et le personnel soignant. Un choix inadapté, des explications insuffisantes et un suivi irrégulier contribuent à alimenter les rumeurs et à apporter de l’eau dans le moulin des détracteurs de cette contraception utile et salvatrice pour le bien-être de la mère et de l’enfant.

Ceci n’est qu’une modeste contribution à tout ce que pourrait être dit et redit sur ce sujet passionnant ! 😉

toubibadakar

Avortement clandestin: attention!

Danger

Il y’a quelques années, lors de ma spécialisation en gynécologie, nous avons été confronté à un cas stupéfiant et anecdotique de (tentative) d’avortement clandestin.

Nous avons reçu en urgence une patiente qui présentait un tableau de douleurs abdominales intenses accompagnées d’un saignement génital, le tout dans un contexte de retard de règles de plus de 2 mois.

La patiente était venue dans le service 3 mois plutôt pour faire une contraception et avait opté pour la méthode injectable.

Deux mois après l’injection, elle était revenue pour signaler une absence de règles. Le médecin lui avait alors précisé que cette absence de menstrues était un des effets secondaires de la contraception par injectable, comme cela lui avait été dit lors de son conseling pré-contraception.

La patiente ne semblait pas convaincue et une échographie à été faite pour lui prouver que cette aménorrhée n’était pas due à une grossesse.

Quand elle a donc été reçue dans ce tableau d’urgence abdominale, nous avons cru que nous avions fait un mauvais diagnostic lors de son échographie précédente. Nous étions vraisemblablement passé à côté d’une grossesse extra utérine qui venait justement de se rompre, créant une hémorragie responsable des douleurs et du saignement.

La patiente a donc été immédiatement conduite au bloc opératoire pour une laparotomie.

Lorsque nous avons ouvert l’abdomen, devinez ce que l’on y a découvert …..

Un tuyau!!!!

Oui, un tuyau, plus précisément, une tubulure comme celle que l’on utilise pour placer une perfusion !!!

tubulure

Cette tubulure était entortillée autour des intestins et, fort heureusement, elle ne les avait pas perforés.

Mais d’où venait ce tuyau?!?!? Ce n’est pas possible cela!
Un tuyau au milieu des intestins, dans la cavité abdominale?!?!

Il s’agissait de la 1ère intervention chirurgicale de la patiente donc cela ne pouvait même pas être du à un oubli lors d’une chirurgie antérieure.
De plus, ce genre de tubulure n’était utilisé que pour les perfusions.

Évidemment la tubulure a été enlevée, la cavité abdominale soigneusement nettoyée et refermée.
Après son réveil, nous lui avons demandé de nous expliquer, par quel miracle, une tubulure de perfusion a été retrouvée dans son ventre.

Elle a fini par expliquer que lorsqu’on lui avait expliqué, quelques jours auparavant que son absence de règles n’était due qu’à la contraception , elle n’avait pas été convaincue. Croyant qu’elle était enceinte (grossesse indésirée apparemment) elle est allé voir un guérisseur traditionnel pour se faire avorter!!!!
Ce dernier lui avait confirmé qu’elle était bien enceinte. Il lui avait expliqué qu’en fait, les médecins ne voulaient pas accepter la grossesse car ce serait un aveu d’échec de la méthode contraceptive.

Ce guérisseur-plombier-chirurgien-gynécologue-obstétricien-extra-lucide lui avait donc enfoncé ce tuyau dans son intimité, (dans le vagin !!!!) et lui avait demandé de l’enlever lorsque les saignements commenceraient.

Malheureusement, lorsque les douleurs ont débuté, elles étaient trop intenses et surtout, elle ne retrouvait plus le bout du tuyau mis dans son intimité!
Nous étions médusés, ahuris!

Il fallait absolument mettre hors d’état de nuire ce danger ambulant. Nous avons donc exigé de la patiente les coordonnées complètes de son guérisseur-plombier-chirurgien-gynécologue-obstétricien-extra-lucide.

Renseignements pris, ce dernier avait en fait sa petite boutique de médicaments traditionnels dans un quartier pas trop loin de l’hôpital , à Fass, et il y proposait toutes sortes de produits abortifs ! C’était d’ailleurs dans son arrière boutique, (son bloc opératoire?!?!? ) que le tuyau a été introduit dans l’intimité de la patiente!!!
Le cas a été exposé au staff et la décision a été prise de contacter la police pour dénoncer ce cas d’une gravité extrême!

Les tradipraticiens sont certes tolérés voire même parfois encadrés pour pouvoir allier médecine moderne et médecine traditionnelle dans nos pays mais, c’est quand il s’agit de phytothérapie!

Mais, dans ce cas d’espèce, non seulement l’avortement clandestin est interdit par la loi au Sénégal, mais, manifestement, les limites de la tolérance avaient été largement franchies!

Pour pouvoir le confondre en flagrant délit, un stratagème a été proposé: un de nos collègues a été chargé de se rendre dans sa boutique pour soit-disant s’approvisionner en produits abortifs divers.

Notre collègue, très inspiré, est allé donc voir le guérisseur-plombier-chirurgien-gynécologue-obstétricien et s’est fait passé pour un revendeur de produits abortifs. Il a donc commandé une grosse quantité de produits dont le tuyau avorteur!

Devant l’ampleur de la commande, rendez-vous a été pris quelques jours après pour la livraison.

Les policiers, contactés par voie officielle, sont donc venus dans la boutique au moment de la transaction et l’ont arrêté en flagrant délit mettant ainsi fin à sa carrière (longue ou courte? le saura-t-on jamais?) de guérisseur-plombier-chirurgien-gynécologue-obstétricien-avorteur.

Épilogue:
Aux dernières nouvelles, l’accusation retenue contre notre guérisseur-plombier-chirurgien-gynécologue-obstétricien-avorteur n’a pas été celui d’avortement clandestin car il n’y avait pas de grossesse de toute façon, mais plutôt celui d’exercice illégal de la médecine!
Quant à la patiente, elle l’avait échappé belle et s’en tire avec une cicatrice abdominale et une sérieuse remontée de bretelle de la part des médecins et de la police.

🙂
A bon entendeur ….

Toubibadakar

Contraception ou pas contraception (2 eme partie)

images

Précédemment, nous avons vu le bien-fondé de la contraception sur le plan personnel, médical et l’enjeu national qu’elle comporte. Avant de décrire dans le détail les différents types de contraception qui existent avec chacun ses avantages et ses inconvénients, intéressons-nous d’abord aux personnes concernées par la contraception.

Pour qui ?
La contraception est avant tout une histoire de couple ! Que ce couple soit légitime, illégitime, occasionnel, d’un soir, de circonstance, peu importe ! N’en déplaise aux bien-pensants. Pour éviter de jeter un regard critique sur ce mode d’emploi de la contraception, nous aborderons les différentes catégories de personnes concernées par la contraception selon une classification que nous voulons pratique.
– Une femme qui n’a jamais eu d’enfant : une nulligeste (dans notre jargon médical) peut-elle faire une contraception ?

La logique voudrait qu’avant de bloquer un appareil, que l’on s’assure de son fonctionnement correct. Si vous achetez un bel appareil électroménager, très cher, dernier cri et que vous le rangiez au fond de votre débarras, 2 ans après, si vous l’allumez et constatez qu’il ne fonctionne pas correctement à qui la faute ?
Est-ce un problème de fabrication ou l’usure du temps de rangement ?

Eh bien, la comparaison peut paraître un peu grossière, mais c’est un peu la même chose pour une femme qui n’a jamais eu d’enfant et qui opte pour CERTAINS types de contraceptifs. Avant de bloquer un appareil (reproducteur), on s’assure, si possible, de son bon fonctionnement d’abord. Si après une contraception on a des difficultés à avoir un bébé, à coup sûr, on mettra cela sur le compte de la contraception alors qu’on avait peut-être déjà des problèmes de fertilité !

On peut comprendre que, pour des raisons personnelles, professionnelles ou économiques, le couple ne soit pas prêt à accueillir un bébé. La solution dans ce cas est :
o Soit d’opter pour une contraception qui n’impacte pas sur le fonctionnent de l’appareil reproducteur : les méthodes dites barrières.
o Soit on fait d’abord un bilan de fertilité pour les DEUX conjoints. Si le bilan montre des anomalies, ce sera justement l’occasion de les prendre en charge et d’éviter ainsi de faire un faux procès à dame contraception.

– Une femme qui a déjà un enfant ou plusieurs : c’est elle la principale cible de la contraception. Ce sera le meilleur moyen d’espacer les naissances. On dit bien espacement des naissances, pas de limitation ! Maintenant, c’est à chaque couple de voir le nombre d’enfants qu’il veut ou peut avoir et de savoir s’arrêter le moment opportun.

– Une femme qui a bénéficié d’une césarienne : pour elle, non seulement la contraception est nécessaire, mais elle est obligatoire et doit durer un minimum de 2 ans si elle veut avoir une chance d’accoucher normalement par voie basse. Ces 2 ans sont nécessaires pour une bonne cicatrisation de l’utérus. S’ils ne sont pas respectés, il y a risque déchirure de la cicatrice pendant la grossesse et surtout pendant le travail.

– Une femme qui a bénéficié d’une chirurgie gynécologique telle qu’une ablation de kyste de l’ovaire ou de fibrome (encore appelé myome) : les mêmes recommandations que celles qui a été césarisée lui sont applicables à la différence que là, l’attente sera de 6 mois pour le kyste et entre 6 mois et 2 ans pour le fibrome selon sa localisation.

Myomes utérins
Myomes utérins

– Une femme en pré ménopause : le risque de grossesse est faible, mais elle serait source de difficultés ou de complications. Une contraception occasionnelle ou barrière est souvent proposée.

– Une femme qui traite un cancer gynécologique doit obligatoirement être sous contraception non hormonale, car le cancer du sein par exemple, se développe plus rapidement à cause des hormones féminines. On dit que c’est un cancer hormono-dépendant. De plus, la grossesse multiplierait par 4 à 6 la vitesse de croissance du cancer. A l’opposé, certains contraceptifs diminuent le risque de survenu du cancer de l’ovaire.

– Une femme qui prend certains traitements potentiellement pourvoyeurs de malformations chez le fœtus (médicaments tératogènes) comme les anticancéreux, les médicaments contre l‘acné, les médicaments contre l’épilepsie entre autres doit prendre aussi une contraception pour justement éviter ces malformations, lesquelles peuvent survenir jusqu’à 6 mois après l’arrêt du traitement concerné !! De manière générale, votre gynéco doit être mis au courant de tout traitement que vous prenez et tout médecin qui vous propose un traitement devra aussi vous dire s’il y a un risque de malformation en cas de grossesse, le cas échéant, proposer une contraception.

– Une femme qui vient de faire un avortement doit faire une contraception pendant 3 mois, car si elle retombe enceinte dans les 3 mois, l’avortement se répète quasi systématiquement. De plus, si c’est un avortement provoqué cela voudrait dire a priori que c’était une grossesse indésirée donc une contraception aurait permis d’éviter cet « incident ». De manière logique, si on ne veut pas courir le risque de tomber enceinte, on se protège et pas seulement contre les infections génitales.

Il ne faudrait pas perdre à l’esprit que la contraception est certes techniquement faite par la femme, sauf pour le préservatif (oui c’est un contraceptif avant tout) mais l’homme, le mari, le partenaire, le conjoint doit être mis à contribution pour une meilleure efficacité, car c’est une affaire de couple.

En quoi faisant ? En accompagnant sa femme lors de la consultation de contraception, en lui rappelant la prise de sa pilule ou en acceptant parfois de faire la contraception lui-même (préservatifs) si les autres méthodes de contraception proposées sont dangereuses ou inadaptées pour son épouse.

Dans la dernière partie, nous verrons, enfin, dans le détail, les différents types de contraceptifs existants, et, pour chaque, quels sont les avantages, les inconvénients, les effets secondaires.
Nous aborderons aussi la question des rumeurs concernant cette contraception et on terminera par déterminer quelle est la meilleure contraception qui existe !!

Contraception ou pas contraception : telle est la question

imagesAcceptée des uns, décriée des autres, encouragée par certains, « haram » pour d’autres, la contraception cristallise les passions pour tous les âges, tous les sexes et quel que soit le niveau social ou intellectuel !
Sans vouloir avoir la prétention d’attribuer le César de la meilleure méthode contraceptive (même si elle existe et on terminera par elle), voici un petit lexique de débrouillage qui vous aidera à comprendre. Nous essayerons ainsi de répondre au quoi, au pourquoi, au pour qui et surtout au comment de la contraception.

QUOI ?
Qu’est-ce que la contraception ? La contraception se définit comme l’ensemble des méthodes, naturelles ou médicamentes, modernes ou traditionnelles, qui permettent, de manière TEMPORAIRE et RÉVERSIBLE d’empêcher la survenue d’une grossesse.

Il est important de s’attarder sur ces 2 termes mis en majuscule :
– TEMPORAIRE : la contraception ne doit durer qu’un certain temps, temps à définir à l’avance et qui permet, on le verra, de classer certains contraceptifs comme des méthodes de longue durée. On y reviendra dans le détail plus loin.

– RÉVERSIBLE. C’est le caractère le plus suspecté de la contraception c.à.d. en arrêtant la contraception, la fécondité revient-elle ? Si oui quand ? Sinon, pourquoi ? si, à l’arrêt de la contraception, on n’arrive pas à avoir un bébé, cette contraception sera-t-elle tenue pour responsable ? Je réponds d’emblée et justifierai mes propos plus tard : NON, la contraception n’est pas responsable même si elle peut y jouer un rôle.
Cependant, 2 méthodes contraceptives ne présentent pas ces 2 caractéristiques. Il s’agit de la ligature des trompes chez la femme (même s’il est toujours possible mais EXTRÊMEMENT difficile, d’intervenir après sur des trompes qui avaient été déjà ligaturées et sectionnées) et de son équivalent chez l’homme : la vasectomie.
Donc, mis à part ces 2 méthodes, toutes les autres doivent répondre obligatoirement à ces critères avant d’obtenir une autorisation de mise sur le marché !

POURQUOI ?
Pour plusieurs raisons qui touchent tous les fondements de la société :
– Sur le plan PERSONNEL d’abord, la contraception permet de contrôler sa fécondité, de planifier et de préparer ses grossesses pour bien les mener à terme. Toutes les femmes le savent, les mamans encore plus pour l’avoir vécu dans leur chair : la grossesse c’est difficile, c’est douloureux, c’est risqué, c’est dangereux, même si, quelque part, c’est un bonheur indispensable pour la plupart des femmes!
Certes une recommandation divine nous demande de nous multiplier et de peupler la terre mais encore faudrait-il y mettre la forme et privilégier LA QUALITÉ DANS LA QUANTITÉ plutôt que la quantité toute seule. Plutôt donc que de se reproduire comme certaines espèces animales (les chats ou les criquets), cette contraception aide à maîtriser le rythme de survenue des grossesses et surtout d’éviter de trop les rapprocher quand on connait le cortège de complications qu’engendre le « NEF » : retomber enceinte rapidement après un accouchement.

– Sur le plan MÉDICAL : la quasi-totalité du corps médical responsable, recommande la contraception, à certaines périodes de la vie.
Une grossesse, pour rappel, c’est :

o 41 à 42 semaines en moyenne, soit 9 mois,ce qui représente aussi 272 jours, ou 6.528 heures, ou 391.680 minutes, (je vous laisse calculer les secondes !)
o 6 – 12 kilos de plus à prendre en moyenne,
o des symptômes non chiffrables, non estimables, non quantifiables que sont les douleurs, les vomissements, les insomnies…. Qui pourrait rembourser à sa maman des souffrances qu’elle a endurées durant ses 9 mois de grossesse, sans compter la difficile période de la petite enfance ? Il y en a qui pousse même le bouchon jusqu’à continuer à embêter leurs parents jusqu’à l’âge adulte!
o un coût : de 50.000 à 2.000.000 ou plus pour les frais médicaux,
o des saignements : 250 millilitres  en moyenne soit ¼ de litre de sang perdu pendant l’accouchement surtout, souvent plus. Lorsque la maman en perd 500 ou plus, il s’agit d’une hémorragie, 1ère cause de mortalité maternelle au monde.

Médicalement, chaque grossesse vieillit le corps de la femme d’environ 5 ans et il faut environ 2 ans pour que la femme retrouve son niveau biologique antérieur après une grossesse.
Comparons une grossesse à un voyage en voiture pour aller à Fongolimbi (le village le plus reculé du Sénégal en partant de Dakar et qui se situe à la frontière sud-est avec le Mali).
Après avoir fait ce périple de plus 700 km en 8 à 15 h selon la vitesse et l’endurance de la voiture sans compter l’aspect désastreux des routes et la conduite irresponsable de nombreux chauffards, seriez-vous prêt à reprendre le chemin inverse sur le champ ? Sans prendre le temps vous reposer, de vérifier les niveaux des différents liquides du véhicule ? Voire de faire une petite maintenance de la voiture ? Si vous le faites, il est fort à parier qu’avant d’arriver à Kaolack, vous aurez des ennuis mécaniques ou terminerez votre voyage soit dans une ambulance soit dans un corbillard. Eh bien pour la grossesse, c’est pareil ! Dans toute grossesse contractée par « NEF », vous aurez obligatoirement une complication, aussi minime soit-elle : anémie, avortement, hypertension artérielle, diabète, retard de croissance, dépression et même décès.

Statistiquement, sur les 5 femmes qui décèdent au Sénégal chaque jour en accouchant, 2 au moins ont pris une grossesse qu’elles n’auraient pas dû prendre. Cela me permet de passer aux raisons nationales du pourquoi de la contraception…
– Sur le plan NATIONAL… revenons un peu en arrière, j’espère que vous avez été choqué de lire que 5 mamans meurent chaque jour en accouchant, en donnant la vie ! CINQ ! cela équivaut à 1825 mamans par an !!! C’est quasiment le nombre de personnes disparues dans le naufrage du bateau le Joola !! Sachez donc qu’il y a un Joola rempli de MAMANS qui sombre silencieusement chaque année au Sénégal !!!!!!

En santé publique on estime ce chiffre à 392 mères qui décèdent pour 100.000 naissances vivantes malgré les efforts faits pour atteindre les OMD (objectifs du millénaire pour le développement), OMD que nous avons loupés évidemment.
Or la contraception permet justement de réduire ce chiffre du tiers, car comme on l’a dit précédemment, sur les 5 décès maternels journaliers, 2 des mamans n’étaient pas médicalement prêtes pour une grossesse et donc une contraception leur aurait peut-être sauvé la vie. Certes, en tant que croyants, nous acceptons (et Lui rendons grâce) que personne ne puisse vivre au-delà du temps que le Tout-Puissant Maître de l’univers lui à accordé, mais, Dieu nous a donné la science nécessaire pour nous soigner et prolonger notre existence dans la qualité.
La contraception appartient à un trio d’offre de santé appelé la planification familiale et dont les 2 autres sont : la prise en charge de l’infertilité du couple et la lutte contre les infections génitales responsables d’infertilité. Cette même planification familiale appartient à la politique de la santé de la reproduction avec 8 autres offres de services.

– Sur le plan MORAL : les grossesses non désirées sont à l’origine de nombreux cas d’avortements clandestins, car l’avortement est illégal dans notre pays sauf lorsque la poursuite de la grossesse risque de tuer la mère. La procédure légale pour faire cette interruption médicale de grossesse est tellement longue que la femme enceinte a le temps parfois de mourir avant que la procédure n’aboutisse. De ce fait, les avortements clandestins sont très nombreux et aboutissent à des complications allant de l’infection à la mort de la patiente lors des manœuvres abortives sans compter les séquelles graves telles que la stérilité. Ces grossesses non désirées se terminent aussi souvent dans la rubrique des faits divers des journaux à cause des infanticides qu’elles poussent à commettre. Combien de femmes croupissent dans nos prisons pour cause d’infanticides alors que le monsieur à l’origine de la grossesse n’est jamais inquiété lui ? Or qui dit avortement clandestin ou infanticide dit grossesse indésirée et donc dit besoin de contraception non satisfait, par ignorance ou par difficulté d’accès à cette contraception. Toujours statistiquement, la contraception réduit du tiers le nombre de grossesse indésirée et donc de cas d’avortement clandestin ou d’infanticides.

Fort de tous ces éléments, nous ne pouvons qu’accepter que la contraception soit absolument justifiée ou tout au moins, sur le plan personnel, humain, médical et national, qu’elle soit nécessaire. Reste donc à débattre sur qu’elle contraception pour quelle femme ou pour quel couple !
Nous y reviendrons dans la 2ème partie de notre mode d’emploi.

Extraordinaire : un déni de grossesse jusqu’à … l’accouchement !!!!

Il y a quelques années, lors de ma spécialisation, j’étais de garde à la maternité de l’hôpital de Pikine quand, vers 1h du matin, le médecin de garde des urgences m’a fait appeler pour un avis médical.

Arrivé aux urgences, j’y ai trouvé une forte dame qui présentait des douleurs abdominales vives avec, selon l’examen de l’urgentiste, une tumeur abdominale géante. La dame elle-même était assez forte et l’échographie qui était en train d’être faite à mon arrivée, montrait justement un masse qui semblait vascularisée et avec des battements en son sein ainsi que des calcifications osseuses !?!?

J’ai donc commencé à interroger la patiente en lui demandant la date de ses dernières règles et elle répondit qu’elle ne les avait pas vu depuis son accouchement il ya 12 mois et que c’était à cause de l’allaitement maternelle qu’elle faisait.

L’examen physique était difficile à cause de l’obésité de la patiente mais on pouvait deviner une masse ovoïde occupant tout l’abdomen.
Au toucher vaginal, surpris, j’ai découvert…. une tête !!!!!

Je me suis alors écrié :
– MAIS MADAME VOUS ETES ENCEINTE ! ? !
– Enceinte ? NON, je vous ai dit que j’allaitais et que quand j’allaite je ne vois pas mes règles donc je ne peux pas être enceinte me répondit-elle.
– Ah je suis désolé Mme mais vous vous êtes en train d’accoucher là ! » poursuivais-je.

Le médecin de garde des urgences commenta : enceinte ?! accoucher ? attendez c’est quoi ces histoires ???

– hey oui cher ami ! lui dis-je, ta tumeur battante à l’échographie est en faite le cœur du fœtus, les calcifications aux alentours c’est la cage thoracique et tu ne vois pas la tête car elle est en train de sortir.
– mais ce n’est pas possible Dr, j’allaite….. poursuivait toujours la dame.
– Oui d’accord Mme, mais, poussez, poussez, ……voiiiila…

La dame venait de donner naissance à un beau gros bébé de 3450g bien portant (APGAR 9/10 pour mes amis pédiatres).

– Félicitations Mme, vous avez un garçon, me suis même permit de plaisanter à la patiente qui n’en croyait toujours pas ses oreilles et ses….yeux.

Les parents de la dame qui patientaient en salle d’attente étaient encore plus médusés lorsque la sage-femme est venue leur annoncer que leur parente venait accoucher. Evidemment, aucune disposition n’avait été prise pour le bébé surprise, ni habits, ni couches, ni rien !!!

Cette situation, qui se trouve en fait être un cas extrême de déni de grossesse, est évidemment assez rare, surtout si le déni est poussé jusqu’à l’accouchement.

Comment cela est-il possible ? Que s’est-il réellement passé ? Comment expliquer ce cas hallucinant de déni de grossesse ?

Médicalement, le déni de grossesse se définit par le fait d’être enceinte sans être consciente de l’être mais n’est encore accepté dans le tableau de classification des troubles mentaux.

Le déni est un terme utilisé en psychanalyse pour définir un mode de défense particulier dans lequel, sujet refuse de reconnaître la réalité d’une situation traumatisante. Il serait donc un mécanisme de défense du psychisme de la femme enceinte mais qui ne voudrait pas du tout être enceinte. Dans certains cas extrême, la femme continue même à voir ses règles durant cette grossesse !!!!

Chez cette patiente en l’occurrence, elle était à sa 8ème grossesse et après la grossesse précédente, elle ne voulait (inconsciemment) plus avoir d’enfant. Cette grossesse serait donc est insupportable, inadmissible.

Les rumeurs entourant la contraception et disant que l’on ne peut pas tomber enceinte quand on allaite, (précision : l’allaitement maternel est un moyen de contraception naturel à condition que ce soit un allaitement exclusivement au sein et il n’est valable que 6 mois, au delà, le cycle menstruel reprend ses droit et une grossesse est possible) ont aussi contribué à ancrer son déni.

Il existe 2 types de déni de grossesse :
– Le déni partiel où la grossesse n’est constatée par la femme que lorsqu’elle est avancée et évidente, généralement c’est l’entourage ou le médecin qui le révèle à la femme et, en quelques jours, les signes habituels de la grossesse apparaissent,

– Le déni total, comme notre cas de figure où la grossesse n’est constatée qu’au jour de l’accouchement
Le déni de grossesse peut toucher toutes les femmes en âge de procréer, même celles qui ont déjà eu des enfants, sans distinction de la classe socio-économique ou culturelle.

Le déni de grossesse est différent de la grossesse cachée où la femme a conscience de sa grossesse mais, pour des raisons qui lui sont propres, elle cherche à la dissimuler à son entourage.

A l’opposé du déni de grossesse on peut évoquer la grossesse nerveuse, situation dans laquelle, la femme désire tellement un enfant que son corps en exprime tous les symptômes alors qu’elle n’est pas enceinte.

Le problème majeur du déni est qu’il n’est pas médicalement reconnu comme une pathologie et Les études sur le sujet sont assez rares. De ce fait, le déni de grossesse est plus souvent traité dans la rubrique des faits divers que dans celle sur la santé.
Je n’ai plus eu de nouvelles de cette patiente depuis lors mais, j’espère que son enfant à bien grandi depuis et qu’elle lui a donné toute l’affection qu’une mère peut porter à son enfant.

🙂
toubibadakar.mondoblog.org

vu sur http://blog.123fitness.fr/sante/quest-ce-que-le-deni-de-grossesse/
vu sur http://blog.123fitness.fr/sante/quest-ce-que-le-deni-de-grossesse/

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