Le grillon du voisin et moi

Nb : grillons et écologistes, s’abstenir

Moi, ayant travaillé toute la journée, me retrouvais avec une horrible migraine
Que je cherchais en vain à calmer avec un cachet d’ibuprofène
La nuit tombée, impossible de fermer l’œil sans compter un assourdissant et strident
Cri d’un grillon grillonque le silence de la nuit amplifiait dans mon crâne au bord de
L’explosion, de l’éclatement, de la crise de nerfs !!!
Je me levais donc de mon lit pour pister cet insupportable tapageur nocturne,
Avec, comme tapette, une vieille babouche délaissée et une bombe insecticide.
Patiemment, le fil d’Ariane sonore me conduisit à l’arrière-cour de mon voisin où,
A la lumière du réverbère, je repérais, tapis sournoisement dans le coin,
Le grillon du voisin avec sa sérénade affreuse,
– Grillon, j’ai travaillé toute la journée, j’ai une horrible migraine, j’ai envie de dormir ! N’as-tu pas trouvé un moyen plus silencieux et plus diplomatique de chanter pour ta femelle « grillone » (ça existe ? le terme, pas la femelle !) ?
Devant le silence (coupable) du bruyant insecte de mon voisin et devant l’impossibilité de l’atteindre avec ma tapette de babouche, une pulvérisation d’une bonne dose d’insecticide l’assomma et me permit de rétablir le silence inestimable
Eh bien je peux dormir maintenant.

Histoire réelle. (libre et peu fidèle adaptation de la cigale et la fourmi)

Nb : grillon et écologistes, s’abstenir

 

A la recherche des selles, 2ème partie

Et enfin, il termina en disant qu’il était indécent de demander, à quelqu’un qui à l’âge de son grand-père, des selles!
🙁

J’abdiquais.
Nous avons donc quitté le village après avoir pris congé de ses habitants et nous nous sommes de nouveau enfoncé dans cette… jungle.

Dans la voiture, nous avons discuté de notre échec et nous étions conscients que la réaction du vieux était assez logique et que ce serait vraiment très difficile de trouver un patient âgé qui, pendant toute sa vie n’avait pas collaboré avec la médecine moderne (soit parce qu’il n’en était pas convaincu ou parce qu’il n’en a pas eu l’opportunité) et qui accepterait de donner ses SELLES à la Science.

Il nous fallait une autre stratégie.
En attendant, je me concentrais sur mon labyrinthe forestier : gauche. Non droite…
Ma hantise était de tomber sur une souche dont les hautes herbes rendaient le repérage difficile. Nous étions tel le Titanic tentant d’éviter les icebergs.

Et ce qui devait arriver … arriva. Tandis que m’évertuais à repérer ces maudites souches à bâbord (en pensait tout de même toujours à ces selles), mon copilote (Anne-Marie)s’écria : « Attention, la souche … »
Trop tard, PAN !!!!
Je venais de heurter violemment, par le pneu avant droit, une souche que les hautes herbes dissimulaient sournoisement. Heureusement il y eut plus de peur que de mal, aucun dégât matériel ou mécanique. Enfin si, le seau de lait caillé s’était complètement renversé: une catastrophe pour moi qui raffole de «soow».

C’était quand même, pour les superstitieux, un bon présage : on dit que quand on renverse accidentellement du lait lors d’un voyage, on a échappé à un grand malheur (accidentellement j’ai dit). Nous nous sommes consolés avec l’idée que cela aurait pu être pire si une pièce du véhicule avait été atteinte, ce qui nous aurait immobilisé au milieu de nulle part.

Le voyage repris donc plus calmement et plus prudemment. Par chance, la forêt devint moins dense et même, une piste latéritique apparut.Wassadou
Le reste du trajet c’est déroulé sans incident majeur et nous sommes arrivés à Kagnoubé à 17h30. Un coup d’œil sur le compteur kilométrique montrait que l’on ne venait de parcourir « que » 55 km depuis le départ de la Maison Médicale en plus de 5h30 de route si l’on tient compte des 2h de consultations à Bambadinka et de l’arrêt à Simbani Peulh (voir la carte).

Kagnoubé est un village d’une vingtaine de cases que l’on découvre dans une sorte de clairière perdue au milieu de la forêt touffue que l’on venait de traverser. Comme à l’accoutumée, nous sommes allés saluer le chef du village et les notables.

Au début, le chef pensait que nous nous étions perdus dans la forêt. Ainsi, avec la plus grande simplicité et précision possibles, nous lui détaillâmes les raisons de notre présence. Ce dernier, très chaleureux, s’est réjouit de notre présence dans son village et nous a assuré de toute sa collaboration.

Il nous précisa qu’il y avait effectivement des gens dans le village qui n’avait jamais encore pris de médicaments « modernes ». Il ajouta qu’il serait plus facile de trouver cela chez les enfants (certains n’avaient jamais quitté le village, ni même vu des étrangers).
Il fit héler le crieur public qui ameuta les quelques 60 à 70 âmes que semblait compter le village et une petite assemblée générale s’improvisa.

Le chef de village, dans la langue locale, exposa à la population les raisons de notre présence et demanda à ceux qui n’avaient pas encore pris d’antibiotiques ou mieux, de médicaments, de se manifester. Apres quelques moments de conciliabules, certaines mères expliquèrent qu’elles avaient rarement donné des médicaments a leurs enfants mais qu’elles ne savaient pas si c’était des « bactrim » ou pas. Nous leur avons demandé ainsi de ramener
les boites des médicaments si possible, même vides. On nous amena tout un tas de boites vides et de plaquettes de gélules où, pour la plupart, il ne restait qu’une ou 2 gélules.

Dans ce lot, un se révéla être de l’Amoxicilline et l’enfant qui avait pris ce médicament fut exclus du lot (au grand dam de sa mère). Ensuite, on expliqua aux enfants sélectionnés que l’on avait besoin d’un peu de leurs selles ce qui déclenchât un fou rire général. Certains enfants s’offusquèrent et refusèrent.

A ce moment, Anne-Marie eut une brillante idée : elle sortit, de je ne sais où, un sachet de bonbons ce qui attira la convoitise des enfants. Elle leur proposa ainsi un deal simple : un peu de selles contre 2 bonbons !
« Vous voulez vraiment échanger des selles contre vos bonbons ?» nous lança perplexe un des gosses qui semblait douter de nos facultés mentales. « Ok, comment allons nous faire ? ».

Le village ne disposait pas de latrines et tous les besoins se faisaient dans la forêt. On leur remis a chacun un petit sachet et il disparurent derrière les cases.
Au bout de quelques minutes, un des enfants revenait timidement avec son sachet qu’il cachait derrière son dos pendant que les rires reprenaient, visiblement les villageois étaient amusés par ce qui semblait être une farce à leur yeux.

Je récupérais le précieux sachet, allais derrière le 4×4, sortais les gants, étiquettes et tubes de gélose, relisais une dernière fois les instructions à suivre et, avec une curette, je prélevais délicatement un petit bout de selles que j’introduisais dans la gélose avant de refermer le tube.

Pendant ce temps, Anne-Marie recueillait les données cliniques (prénom, nom, âge, sexe…) puis étiquetait le tube. A l’enfant, elle remit les 2 précieux bonbons et, c’est à ce moment précis que les autres enfants nous prirent vraiment au sérieux. Les choses allèrent plus vite. Ce fut une course aux bonbons pour les autres. Les mères
encourageaient les enfants à aller vite rapporter leur objet de troc. Rapidement, on a été submergé par les sachets.

Ainsi, méthodiquement, nous obtenions les 15 premiers prélèvements. Puis le rythme se fit plus lent. Le dernier prélèvement fut assez difficile à avoir. Nous nous apprêtions même à plier bagages quand une mère accourue avec un petit enfant d’un an à peine et son sachet (comment s’y était-elle prise ?:-) ). La dernière affaire fut vite
conclue, le ciel commençait à se monter menaçant et il était déjà presque 18h.
Nous avons ensuite remercié l’ensemble des villageois de leur collaboration. Le chef fit l’éloge du Kinkéliba et nous pria de bien vouloir prévoir dans notre calendrier de sortie des visites médicales périodiques dans son village vu les difficultés qu’ils éprouvaient pour se rendre dans les structures de Santé les plus proches. Je promis d’en toucher un mot au président du Kinkéliba et à la directrice de la MMW.
Le voyage de retour fut aussi cahoteux mais heureusement, sans incident majeur surtout que la nuit était tombée progressivement. Nous étions vraiment KO.

Vers 20h30, nous sommes arrivés à Bambadinka où je pus enfin couper mon jeun (un des notables m’offrit chaleureusement un bol de kinkéliba au lait chaud avec une baguette de pain traditionnel tartiné : un régal). Diallo prit congé après nous avoir rempli de nouveau notre seau de lait caillé. Le reste du chemin se fit plus joyeux.
A hauteur de Missira, nous plongeâmes dans un rideau de pluie jusqu’à notre arrivée à la MM. Il était 23h et nous venions de faire 107 km au compteur. Nous étions lessivés mais heureux d’avoir pu remplir notre mission.
Les prélèvements ont été remis à Pascal le gérant de la maison médicale qui les remettra au Pr Rouveix.

Le vendredi, je m’offris une journée de repos dans la MM avant de reprendre la route pour retrouver les embouteillages et autres contraintes de la vie à Dakar mais cela, c’est une autre histoire. ☺

A la recherche des selles, 1ere partie

a la recherche de sellesA la recherche des selles

Wassadou, jeudi 25 Septembre 2007, 7h30 du mat…

Je m’extirpe promptement du lit, aujourd’hui, je vais à la « chasse » ou pour être plus exact, je vais à la quête….pas du Saint-Graal mais presque : je dois faire des prélèvements de selles à des patients n’ayant jamais pris d’antibiotiques de leur vie pour le Pr Bernard Rouveix.

Ce défi a commencé il y a quelques mois lors d’un déjeuner avec le Pr Rouveix (…) au cours duquel il m’a proposé de trouver des prélèvements de selles de patients vierges de toute antibiothérapie pour les besoins d’une recherche, en comparaison à d’autres patients ayant développé une résistance aux antibiotiques.

Le défi m’a immédiatement paru passionnant mais, j’étais loin de me douter des difficultés que j’allais rencontrer.
Donc, je pris mon bain et sorti retrouver Anne-Marie qui devait m’accompagner, à la porte de la maternité où elle discutait avec le Dr Zida.
Ils étaient en train de voir comment assurer la sortie médicale hebdomadaire vers Bambadinka (village à 40 km de la Maison Médicale Pierre Fabre de Wassadou) et en même temps, me permettre de pouvoir mener à bien ma mission avec une équipe.

La veille, à mon retour de Tamba où j’avais accompagné Anne-Marie qui y avait, avec brio, passé son permis de conduire, nous avions discuté de l’endroit où l’on pourrait trouver ce type de patients.

Mon idée première était d’aller vers les villages de Kaboudiara ou Tandan Médina au nord-ouest du Niokolo Koba qui sont les zones les plus éloignées et les plus difficiles d’accès du District Sanitaire de Tambacounda où l’équipe mobile a eu à aller.
Cependant, un membre de l’équipe, Tidjane, m’a fait la remarque comme quoi qu’il s’agissait certes de zones très enclavées mais où l’équipe mobile était allée régulièrement et donc, la plupart des villageois avait eu à être soigné un jour ou l’autre donc, ils serait difficile d’y trouver (heureusement ou malheureusement) des gens dont on est sûr qu’ils n’avaient jamais pris d’antibiotiques.

Zut alors me suis-je dis !!! Tidjane avait raison !
Finalement, nous décidâmes d’aller à Bambadinka (qui aussi a été plusieurs fois visité) puisque les populations nous y attendaient et qu’ensuite, nous irions vers les villages plus éloignés où cette…?!?!?!?! (je ne trouve pas de qualificatifs !!!) d’équipe médicale n’avait pas encore mis les pieds.

Les médicaments et le matériel médical furent donc chargés dans la Toyota et je demandais à Kali, l’aide de Frédéric (en déplacement) de me faire le plein de carburant à toute fin utile, bien que la jauge était déjà à un niveau satisfaisant.

Pendant ce temps, j’en profitais, avec Tidjane, pour soulager un patient qui venait de Gamon (45 km), d’une rétention aigue d’urine de plus de 48h puis, le Dr zida prit le relais pour un bilan étiologique et le suivi.

Vers 9h, avec Anne-marie, Diarra (l’aide sage-femme) et Ousmane (l’aide du dentiste que ce dernier nous a bien gentiment « prêté » et qui servirait d’interprète) le départ fut pris.

Nous nous dirigeâmes donc vers la gauche au sortir de la maison médicale comme pour retourner à Tamba. Arrivés à Missirah (28 km), nous prenons à droite un sentier
latéritique un peu cahoteux avec quelques zones boueuses et nous arrivions sans trop de peine à Bambadinka 11 km plus tard où un accueil chaleureux nous était réservé.

Après les salamalecs d’usage et une rapide visite chez le chef de village, une quinzaine de patients allaient être consultés dans la case de santé construite par les villageois et où officiait un agent de santé (Diallo). Diallo avait débuté la consultation tôt le matin et nous avait « réservé » ceux dont le cas semblait plus compliqué ou résistait à ses traitements.

Je profitais d’un moment où Anne-marie effectuait une CPN (consultation prénatale) pour lui expliquer les raisons de ma présence. Après quelques moments de réflexion, il me répondit qu’il serait très difficile de trouver cela dans le village depuis que les agents de la maison médicale ont commencé à y venir (c’est bon j’ai déjà entendu çà! ) mais, qu’il serait disposé à nous accompagner dans 2 villages perdus au nord où il a eu a faire des vaccinations mais d’accès vraiment très difficile en moto et assez hypothétique en voiture (enfin une bonne nouvelle !) surtout en cette saison des pluies.

La consultation fut donc vite bouclée et nous reprîmes vers 13h le chemin après que la femme de Diallo nous ait gracieusement offert plus de 5 litres de lait caillé (soow).

Nous sommes donc partis vers la droite dans une sorte de lit de rivière boueux sur 2 km environ puis, nous nous sommes engagés dans un sentier tout aussi vaseux et, rapidement, on s’est enfoncé dans une forêt de plus en plus dense avec cerise de hautes herbes de plus de 2 m parfois.

Le sentier disparut rapidement laissant place à … rien !!! Il n’y avait plus de route !!!
Nous étions dans une forêt assez dense, cherchant un chemin aléatoire en zigzaguant entre les arbres au gré des :
– à gauche, à gauche…
– à droite, à droite
– à gauche…heu…, non à droite plutôt, que me lançait un Diallo à peine moins déboussolé que moi.

La plupart du temps j’avais juste droit à : « essaie juste de passer Doc, c’est toi qui es au volant».

Le sentier, si encore on pouvait le nommer ainsi, était terrible !!! La visibilité à plus de 3 m était nulle, il fallait juste passer comme on pouvait. Parfois, Ousmane descendait pour déplacer une branche ou un petit tronc d’arbre qui obstruait le chemin. On a du traverser une trentaine de flaques ou mares, heureusement peu profonds (1 m maximum). Le chemin était surtout très glissant, une vrai patinoire, malgré les roues spéciales du véhicule et le mode 4×4 enclenché.

La forêt commençait peu a peu à s’éclaircir et nous avons longé des champs de maïs, signe qu’un village n’était pas très loin. Peu après, nous avons aperçu les premières cases.
Nous étions tombé sur un village (Simbani Peulh) d’une cinquantaine d’habitants.

Arrivés sous l’arbre à palabre, nous y trouvâmes le chef ainsi que quelques notables. Après les traditionnelles salutations, Diallo et Ousmane me servirent d’interprètes pour leur expliquer les raisons de notre présence pendant que, rapidement, les autres villageois nous rejoignaient.
A ce moment, une autre difficulté se présenta : comment faire la différence pour ces
villageois entre médicament et antibiotiques ??

On pouvait bien prendre des médicaments sans pour autant que cela ne fût des antibiotiques.
Des noms comme Amoxicilline ou Bactrim® sont assez bien connus des populations les plus isolées mais il y a tout un tas d’autres antibiotiques qu’ils auraient pu prendre sans en connaître la nature.

Au point où on en était, il était hors de question de prendre le risque d’avoir des échantillons non conformes à ce que l’on cherchait.

Rapidement, l’objectif de la sortie changeât : maintenant, on cherchait juste des patients n’ayant jamais pris de médicaments de la médecine moderne. C’était plus simple ainsi (pensez-vous ?!).

Sur ce, un des vieux nous déclara fièrement que lui n’avait jamais pris le moindre médicament de sa vie, juste des racines et autres décoctions de la médecine traditionnelle africaine et qu’il était prêt à nous aider !!!

J’exultais. J’allais avoir mon patient n° 1. Je l’invitais donc à aller dans sa case pour régler l’affaire.

A ce moment, une difficulté inattendue (mais dont j’aurais quand même du me douter)
arriva : le vieux refusa net quand on lui expliqua que je voulais un petit, alors la vraiment tout petit, échantillon de ses selles.

SELLES, voici le mot qu’il ne fallait pas prononcer. Il nous expliqua qu’il était disposé à accepter un examen physique ou une prise de sang ou même un échantillon d’urine à la limite mais ses SELLES ?!
Hors de question !! et d’ailleurs, il ne savait comment il pourrait nous en faire cadeau vu qu’il ne ressentait aucune envie urgente.
Et enfin, il termina en disant qu’il était indécent de demander, à quelqu’un qui à l’âge de son grand-père, des selles!
🙁
A SUIVRE …

Perles de sages-femmes : saison 2: session d’octobre, the best of

cancreAprès la session de juillet, revoici les perles des sages-femmes pour la session d’octobre
Il était aussi question de définir:
– fécondation
– migration
– nidation
– engagement
– travail
Voici encore les perles relevées:

Fécondation:
– c’est un processus de la spermatozoïde à la première jour de rapport sexuel

Migration:
– c’est la traversée du fœtus dans les différentes parties du corps de sa mère
– c’est une migration du spermatozoïde a la recherche de la fécondation
– c’est le fait de migrer l’oeuf
– c’est l’absence de règles

Nidation:
– c’est le nid du fœtus, la ou se place l’enfant dans le ventre de la mère
– c’est le fonctionnement fœtal de l’endomètre
– c le nid ou va s’effectuer l’œuf
– c’est le placement de l’œuf fécondé
– c’est l’enfouissement de l’œuf dans le détroit supérieur
– c’est le fait que l’œuf fécondé créé un nid

Engagement
– c’est le désir de la grossesse ou pas le désire
– c’est repréciser le vagin en coureur
– c’est le plus grand détroit supérieur
– c’est l’ensemble des signes de Farabœuf
– c’est le plus grand diamètre de la prise
– La représentation par rapport au détroit supérieur permet de définir l’engagement
– c’est ce à quoi on se fie et donne notre parole ou l’acte de l’accomplir
– c’est engager de sortir quand la mère engage à pousser et contracte

Le travail
– c’est un boulot que l’on fait pour gagner quelque chose
– c’est quand il est prêt de sortir
– c’est le mouvement ou la femme va à l’accouchement
– c’est le moment ou le bébé se prépare pour sortir dans le ventre de sa mère et qui fait ressentir des derniers moments douloureux avant l’accouchement chez la mère étant en position d’accouchement
– ce sont les efforts fournis avant et lors de l’accouchement
– c’est lorsque la femme fait l’effort pour accoucher
– c’est un geste allant vers l’accouchement
– c’est faire la conscience dans ce que tu fais

Conclusion: retournons aux bonnes valeurs d’enseignement primaire. Seul le travail paie!

L’élimination olfactive d’un concurrent

Cette histoire d’élimination, fictive ou véridique, m’a été racontée par un ami! Jugez-en vous même !

Pierre devait passer un entretien d’embauche et, comme tout ceux qui se sont déjà prêté à cet exercice, il était anxieux!
Il ressentait cette fameuse boule au ventre et avait la gorge nouée, les mains moites et ressentait une envie pressante!

Ses intestins semblaient se tordre et voulaient laisser échapper le surplus de gaz qu’ils fabriquaient. Il devait faire un effort surhumain pour bloquer ses sphincters. En somme, il était stressé!!

Arrivé dans les locaux de la société, il devait patienter dans un bureau climatisé, climatisation qui semblait augmenter ses troubles digestifs et sphinctériens!

Dans le même bureau, un autre jeune homme était installé dans un fauteuil et, manifestement, ce dernier semblait tout aussi stressé et mal à l’aise que Pierre.

« C’est sûrement un concurrent pour le poste » avait pensé Pierre.
Son stress venait d’augmenter d’un cran.

En les installant dans le bureau, la secrétaire leur avait demandé de patienter quelques minutes et qu’elle reviendrait les appeler un-à -un.

Pierre essayait donc de se calmer avec des exercices de respirations comme indiqué dans les bouquins de préparation des entretiens d’embauche, methode qui ne marchait pas vraiment.

Au bout de quelques minutes, il entendit le bruit caractéristique d’un gaz qui s’échappait rapidement d’un sphincter trop longtemps fermé. Autrement dit: un pêt sonore!
Mais, ce pêt ne venait pas de lui car, il arrivait encore, tant bien que mal, a maîtriser ses intestins!

Ils n’étaient que 2 dans la pièce, donc cela ne pouvait provenir que de l’autre, son concurrent, son adversaire.

Pierre se retourna alors et regarda son compagnon d’infortune ou plutôt, son infortuné compagnon!
Ce dernier n’avait manifestement pas pu gérer la …pression.

Le voisin, conscient de la situation, conscient qu’aucun doute n’était possible sur sa « culpabilité  » laissa échapper timidement un : » désolé! »
C’était là, l’erreur de sa vie!

A ce moment, le démon de la malfaisance inspira à Pierre une idée diaboliquement géniale!

Pierre lui répondit calmement: »c’est pas grave, ce sont des choses qui arrivent » et imperceptiblement, il souleva légèrement une de ses jambes et, à son tour, relâcha son sphincter mais, de manière totalement et ingénieusement insonore,contrairement à son voisin!

Pierre laissa donc sortir, telle une soupape, tout le gaz qui s’était accumulé dans ses entrailles avec le stress et cela le soulagea énormément, toujours dans le plus grand silence!
Ils étaient dans un pièce climatisée et surtout, totalement fermée. Ainsi, ce qui devait arriver, arriva.

Au bout de quelques secondes, ce gaz, ou plutôt ces gaz finirent par occuper tout le volume de la pièce et une odeur particulièrement nauséabonde emplissait la pièce.

En matière de mauvaises odeurs, il n’y a rien de pire qu’une flatulence infecte dans une pièce ou un véhicule climatisé!
C’est l’horreur!
La température glaciale de la pièce a tendance à décupler l’effet repoussant de la puanteur!
Et si, par malheur, le système de climatisation était en mode recyclage, c’est l’horreur absolue!

S’il existait une échelle d’appreciation de l’insensité de la puanteur, comme un échelle de Richter pour les séismes, cette situation serait invraisemblablement le plus haut degré.
Une vraie arme de destruction massive… chimique.
Une seule solution: éteindre la clim et ouvrir les vitres…

Pour enfoncer le clou, pierre, qui, intérieurement jubilait, tourna la tête vers son voisin et lui dit ,innocemment, tout doucement: « oh popo popo pop !  » en agitant comme un éventail le journal qu’il feuilletait.

Ce dernier avait tout simplement la mine décomposée! Il était affolé!
Quelques instants après, la secrétaire ouvrit la porte et s’écria:
-Mais…? mais… ? C’est quoi ça?!?! C’est quoi cette odeur?
Elle regardait alternativement les 2 occupants de la pièces, encore assommée par la puanteur qui y régnait!
C’était le coup de grâce pour le voisin!

Penaud, ce dernier essaya d’articuler difficilement:
– » c’est …heu… mon ventr… Je… je suis déso… Je suis un peu … malade…. mon ventre…! »
– » mais c’est absolument … terrible » repris la secrétaire!
–  » vous êtes… vous êtes … malade! C’est une infection ça  » continuait-elle.

Pierre, faussement désolé pour son voisin, tenta:  » il n’a pa du faire exprès madame!  »

La secrétaire répondit furieuse: « encore heureux! j’espère bien qu’il n’a pas fait exprès!  »

Le voisin, à ce moment, aurait certainement voulu disparaître six pieds sous terre.

« Venez monsieur Pierre, vous ne pouvez pas rester dans ce…dans cette…pièce! termina la secrétaire en invitant un Pierre triomphant à rejoindre un autre endroit plus… respirable en attendant son entretien.

Elle referma ainsi la porte du bureau non sans avoir fusillé du regard notre malheureux voisin, le laissant seul dans son indésirable pièce parfumée!

Fiction ou réalité l’histoire ne dit pas si Pierre a été embauché ce jour-là mais une chose est certaine: son voisin n’a finalement pas passé son entretien d’embauche!
🙂

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Je cherche un lapin….

Crédit: pratique.fr
Crédit: pratique.fr
Je dois aller à Tambacounda pour le boulot, dernière conversation avec mon fils…
– Moi: fiston, je vais à tamba demain, que voudrais-tu que je te rapporte?
– Jules : un âne!!
– M: un âne ?!?!?! Heuu….. Ça va pas être possible ça mon cher!
– J: pourquoi?
– M: heuuu….. parce que c’est trop gros un âne! Ça ne tiendra pas dans la voiture! Et en plus, y en a déjà tellement à Dakar!!!!! 😉 Cherche plus petit!
– Sa mère : (qui s’énerve) non Souleymane! Pas d’âne dans la maison!!!!!
Voyons! Toi aussi!!! Pffff
– J: un serpent alors!!
– S M : un quoi? Ser… quoi?? Non mais il est devenu fou ce gosse????
– M : ?!?! heuuuuu…. l’âne ce n’était peut-être pas une si mauvaise idée en fin de compte!!!….. Un âne en plastique ça te va??
– J: non! Je préfère un vrai !
– M: un vrai? Heuuuu…. Un vrai? …. Je te propose …. Un porc-épic !!!!!
– J: non ça pique!?!?!?!
-M: c’est vrai qu’un porc-épic ça pique!!!! L’âne lui ne pique pas, heureusement….!!!
– J: le serpent non plus….!
– M: heu… si parfois !
– J: non il mord!!
– M : c’est pire!!! …Propose autre chose mon cher !
– S M: ?!?!? Attendez… Mais? Ils sont devenus fous ces 2 la? Ho! Non mais ! Ce
n’est pas un zoo ici!!!! …
– M: ah si un peu quand même le zoo…. 😉
– J: un lapin alors!!!!!
– M: Ahhh! ok pour le lapin!!!!!!!
Je cherche un lapin …. Lapin wanted…. Même vivant…..
😉

L’épreuve orale ou les 6h insuffisantes

appendiciteDurant mes études de médecine, en 4ème année, il y’a un module de pathologies digestives à valider. L’évaluation consistait en une épreuve écrite avec une question sur la clinique et une sur la para clinique et chacune des 2 questions était notée sur dix.
Lorsqu’on avait une note supérieure ou égale à 10/20, le module était validé. Pour les notes entre 8 et 10/20, l’une épreuve orale était obligatoire pour le repêchage.
Cette année, la question en para clinique qui nous avait été posée était: « pourquoi, comment et quel examen complémentaire demander devant une suspicion d’appendicite? »

Le cours à proprement dit n’avait pas été fait mais il fallait faire une synthèse du cours sur les examens complémentaires en gastro-entérologie.
Pour ma part, j’ai répondu qu’il s’agissait de la radiographie de l’abdomen sans préparation (ASP) et j’ai développé mon argumentaire sur 3 pages.

À la surprise générale, nous avions eu tous un zéro en para clinique et seuls ceux qui avaient une bonne note en clinique ont pu aller au repêchage à l’oral. J’ai eu la chance de me retrouver dans ce lot.

Lors de l’épreuve orale, la même question nous a été reposée par notre prof : « Pourquoi, comment et quel examen complémentaire demander devant une suspicion d’appendicite? »

Malgré le zéro que j’ai eu à la 1ère évaluation, j’ai réécrit sur mon brouillon exactement ce que j’avais écrit lors de l’épreuve écrite et j’ai donné la même réponse à mon examinateur.

Après m’avoir écouté patiemment, mon prof me répondit :
– toi la jeune homme, tu te fiches de moi: je t’ai posé cette question à l’écrit, tu m’as donné une réponse qui t’a valu un zéro, aujourd’hui à l’oral je te repose la même question et tu oses me redonner la même réponse !!!!Je vais simplement te redonner le même zéro.

Ne sachant pas quoi faire devant celle situation catastrophique pour moi, j’ai pris mon courage à 2 mains et j’ai répondu:
– Professeur, honnêtement, à l’hôpital, lorsqu’on reçoit un patient chez qui on suspecte une appendicite, on demande un ASP!

Alors, énervé, mon prof s’est ‘écrié:
Voilà! C’est ce que je répète toujours à la faculté, le volume horaire qu’on me réserve pour le module de gastro-entérologie est beaucoup trop insuffisant. 6 h de cours, c’est trop insuffisant pour tout enseigner! Et maintenant, voilà le résultat! Les gens ne savent pas quels bilans demander face à certaines pathologies ! Voilà, c’est ce que je m’évertue à expliquer à la fac en vain! Voilà! 6h c’est trop peu…..

Voyant mon prof totalement énervé, je lançais furtivement:
– et il vous faudrait combien d’heures pour nous enseigner les bons examens à demander?

Le prof cria encore plus fort:
– AU MOINS 15 à 20 h! Avec 6h ce n’est pas possible! Rien qu’avec le cours introductif, on perd 2h ensuite…..

Là, je l’ai interrompu en ajoutant:
6h au lieu de 20?!?!? Mais ce n’est même pas la moitié ça professeur, c’est terrible ça! C’est trop insuffisant! 6 seulement? Au lieu de 20h? Avec ça, vous n’aurez jamais le temps de nous faire tous les cours!

Le prof reprit:
– Mais c’est justement ça que j’essaie d’expliquer aux autorités de la faculté! Mais ils ne veulent rien entendre!

Ainsi, pendant 5 mn, mon examinateur était en train de se plaindre de son volume horaire de cours insuffisant, grommelant parfois des phrases que je n’arrivais pas à entendre distinctement.

Entre deux plaintes, je lançais à nouveau à mon prof:
-mais professeur, si on ne doit pas demander l’ASP, qu’est ce qu’on doit demander comme examen?

– MAIS l’ECHOGRAPHIE ÉVIDEMMENT !!!!!!!! Tonna le prof.

Je continuais innocemment:
– l’échographie ? Ah wi c’est logique! C’est l’échographie! Ce n’est pas l’ASP!
L’ASP ne sert à rien! C’est trop flou! C’est l’échographie! Ok!! Là je comprends: les 6h de cours ne suffisent vraiment pas ! C’est insuffisant…..Avec ça, nous on va continuer à dire des bêtises…

Le prof reprit de plus belle son monologue contre ses 6h …. insuffisants….

Après avoir rouspété 5 mn encore, je lançais à nouveau:
– Mais professeur, que va montrer l’échographie?

– l’œdème péri-appendiculaire, les stercolithes……

J’écoutais encore mon prof m’expliquer tous les résultats attendus de l’échographie devant une suspicion d’appendicite…..

Finalement, je finis par commenter:
– ah là c’est vraiment l’échographie qu’il faut demander! Le diagnostic devient évident! L’ASP ne montre vraiment pas tous cela! Ah non, il faut demander à la fac d’augmenter vos heures de cours! Avec 6h on ne peut pas…..

Et cela repris de plus belle!

Finalement, je finis par conclure:
– vous savez prof, quand je vais quitter tout de suite, je vais aller à l’hôpital, je suis de garde ce soir, aux urgences en plus! Quand j’y serai, je vais dire aux médecins de garde:  » hey, Pr Badiane à dit, devant une suspicion d’appendicite, il faut arrêter de demander des ASP, il faut demander plutôt une échographie! « . Et surtout professeur, il faut vraiment que la fac augmente vos heures de cours! Avec 6h ce n’est vraiment pas possible!

….

À la proclamation des résultats de l’examen, j’ai eu…. 18/20.

😉

La onzième marche et la chute

chuteJ’étais en mission à Louga pour les besoins d’une supervision post-formation.

Cette mission se déroulait pendant le ramadan et, avec mon collègue, nous logions dans les chambres d’accueil du centre de formation!
Nous étions à notre troisième jour de travail et vers 21h, la superviseuse, régionale avec qui nous faisions les tournées dans les centres de santé, avait envoyé son chauffeur pour qu’il nous livre le dîner qu’elle nous avait offert.
Cela tombait bien car nous en avions un peu marre de prendre des repas froids depuis plusieurs jours.

A son arrivée, je suis descendu de ma chambre au 1er étage pour aller récupérer le plateau!
Arrivé au parking, le chauffeur m’a remis un grand bol ovale enveloppé dans un torchon et d’où se dégageait le doux parfum d’un poulet rôti :-).
Ce bol était accompagné d’une grande carafe, probablement de jus, et d’une grande bouteille d’eau fraîche.
Ne voulant pas faire 2 aller-retour, j’ai pris toutes ces victuailles en les répartissant tant bien que mal entre mes 2 bras.
Après avoir gentiment décliné mon offre de venir partager avec nous la perspective d’un bon repas, le chauffeur est donc parti se reposer, me laissant lourdement chargé et prêt à parcourir les 50 m qui séparent le parking de nos chambres au 1er étage via un escalier mal éclairé.

J’ai donc pu parcourir délicatement la moitié du chemin sans trop de difficultés.
Au bas des escaliers, la tâche devenait plus délicate, donc je m’y engageait prudemment, comptant une à une les dix marches à faire pour arriver au palier. Après la dixième et dernière marche, mon pied droit butait contre une AUTRE marche!!!!!
Cette inattendue et surtout insoupçonnée onzième marche était là.

Tout naturellement, c’était le fameux « fakhastalou », prélude à une chute inévitable, fatale, renversante, dangereuse, douloureuse et surtout…. à éviter coûte que coûte!

La théorie de la relativité du temps s’applique avec force à ces moments.
Les 2 à 3 secondes qui vous séparent de cette chute rapide, sont, en réalité, et tous ceux qui l’ont déjà expérimentée pourront le confirmer, perçues comme un long, très long moment de solitude durant lequelle, des décisions importantes sont prises dans votre cerveau!

Pour ma part, le débat était cornélien:
– la chute inévitable était à éviter,
– ma tête allait sûrement se fracasser soit contre le plancher, soit contre le mur en face,
– mes bras chargés du bol,de la carafe et de la bouteille d’eau ne me permettaient pas de trouver un appui quelque-part pour rééquilibrer mon centre de gravité et avoir une chance d’éviter la chute…. à moins de lâcher tout!!
-le renversement du bol n’était pas envisageable.

En plus de me concentrer sur mon problème présent, je pensai aussi à ce que j’allais bien pouvoir expliquer à mon collègue qui m’attendait à l’étage, si jamais le bol et la carafe venaient à se renverser ( par élimination, vous avez sûrement noté que la bouteille d’eau était d’emblée sacrifiée). Si j’arrivais aussi à sauver le repas mais avec une plaie ouverte sur la tête ou la face, l’issue de la chute serait tout aussi…. inconcevable.
Je me reconcentrai donc sur mon atterrissage en urgence en cours, faisant les 2-3 petits pas destinés à élargir mon polygone de sustentation pour réduire la vitesse de la chute prochaine et surtout je cherchais, dans la pénombre, le point d’impact le plus acceptable ou au moins le moins fatal dans l’intérêt de tous.
Ces 2-3 secondes étaient vraiment très longues heureusement.
Finalement, le point d’impact choisi était le mur en face. La vitesse ayant été un peu réduite, j’ai choisi, au dernier moment, de tourner la tête à 45 degrés à droite, sacrifiant ainsi mon épaule gauche, qui heurta lourdement et douloureusement, le point d’impact choisi.

Victoire!!!! Le bol ne s’était pas renversé!!!
La carafe avait, tel le roseau, plié mais n’avait pas cédé!
Même la bouteille d’eau était intacte.

Jean de la Fontaine aurait été inspiré s’il avait été témoin de la scène.
J’ai donc pu me relever et continuer prudemment à marcher vers la chambre où je suis arrivé blessé mais victorieux.
Le repas pris fût assurément plus délicieux que prévu, sûrement à cause du fait qu’il a été sauvé au péril de ma vie! 😉

PS:
Le lendemain matin, en descendant les escaliers, j’ai pu constater au niveau du palier qu’en fait, en vacillant, la carafe de jus avait laisser tomber quelques gouttes roses qui formaient sur le sol un joli schéma qui reproduisait très fidèlement ma belle chorégraphie nocturne de sauvetage de la veille et, pour ceux que cela intéresse, mon épaule va mieux merci! 🙂

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Faire du théâtre c’est très dangereux !!!!

Durant les grandes vacances scolaires, j’ai assisté à une fête donnée à l’occasion de la cérémonie de distribution des prix à l’école de ma fille avec une pièce de théâtre.

Etant au jardin d’enfants, elle prenait part au spectacle que les élèves du préscolaire devaient présenter avec notamment un petit sketch dans lequel elle tenait un rôle et qui devait se terminer par une petite chorégraphie.

Après avoir remarquablement assuré son rôle dans la 1ère partie du spectacle, ma fille a été littéralement paralysée par le tract au moment où elle devait exécuter quelques pas de danse sur l’estrade devant la bonne centaine de spectateurs présents dans la salle. Elle était carrément vitrifiée et ni les injonctions de sa maîtresse derrière elle, ni les chuchotements d’encouragements de sa mère, n’ont pu lui donner le courage de terminer sa prestation.

Assistant à la scène avec un œil amusé, cette mésaventure de ma fille m’a rappelé mes débuts, tout aussi peu glorieux, au théâtre. Ces débuts, qui ont été aussi mon premier, mon dernier et mon seul jour de théâtre de ma vie, sont restés douloureusement et honteusement gravés, à jamais, dans ma mémoire.

J’étais en 3ème au lycée et notre prof d’espagnol avait mis en scène une petite pièce de théâtre à l’occasion des activités culturelles marquant les fêtes de la jeunesse. Etant le plus jeune de la classe, j’y tenais un rôle primordial : celui d’un élève avec de très mauvaises notes et dont le père a été convoqué par le proviseur lors de la fameuse et tant redoutée traditionnelle journée de rencontre parents-professeurs. J’y tenais donc le rôle de ce malheureux potache dont toute la médiocrité s’expliquait par le fait que son père ne s’occupait pas du tout de sa
famille car étant régulièrement soit absent, soit ivre-mort.

Dans le scénario, le proviseur se rendait compte que finalement cet élève n’était qu’une victime dans
toute cette histoire et mon rôle se résumait à lancer la dernière phrase de la scène. Je devais donc dire, juste avant que le rideau ne tombe, un tonitruant : «si por lo menos, se preoccupa un poco de nosotros » (traduction: si au moins il s’occupait un peu de nous) et tourner les talons.
Vous conviendrez avec moi que mon texte, ainsi que mon rôle, n’étaient vraiment pas difficiles. MAIS, il y a eu
malheureusement un MAIS, il s’agissait d’une phrase en ESPAGNOL

Il se trouve que j’étais nul en espagnol, alors là, hyper nul ! M’enfin, n’exagérons rien, je n’étais jamais le dernier de la classe en espagnol de toute façon car, il y avait 2 de mes camarades de classe, M. Faye et S.S. Seck qui, toujours, se disputait la dernière place dans cette matière : la place du ndaaréé (dernier).

Moi j’étais, je l’avoue, « avant avant ndaaréé » (avant avant dernier), en espagnol je précise !!! et seulement en espagnol !
Pour en revenir à cette scène de théâtre, mon prof m’avait convaincu d’accepter de jouer ce rôle pour prouver que j’étais capable de faire plus et mieux dans sa matière (tu parles !) J’avais donc consciencieusement « répété » mon rôle durant les jours et des jours.

La représentation avait donc bien débuté et, au grand bonheur du public, je me faisais tirer les oreilles par mon « père » sur l’estrade avant que le proviseur ne comprenne que c’était justement lui la cause de toutes mes carences scolaires.

Alors, lorsqu’arriva le moment fatidique où je devais me lancer (en espagnol), j’ai oublié ma phrase !!!!! mon texte. Celui que j’avais mis des jours et des jours à apprendre.
J’étais…pétrifié….vitrifié…..statufié….comme ma fille aujourd’hui. C’était la honte et le déshonneur associés !!

Un grand moment de solitude devant les « millions » de pairs d’yeux qui me regardait sur cette maudite scène dans un silence assourdissant. Je cherchais donc dans cette forêt d’yeux, ceux de mon prof d’espagnol, celui qui m’avait mis dans ce pétrin, pour lui lancer un retentissant « Monsieur j’ai oublié mon texte !!!! ».
Et la le rideau tomba……

La pièce était finie, j’étais mort de honte.
Il eut un tonnerre d’applaudissements qui pourra surement être diversement apprécié.
J’ai essayé de me consoler intérieurement en me disant que le public pensera surement que cela faisait partie de la pièce puisque je jouais justement le rôle d’un très mauvais élève. Moi-même je ne crois pas trop à cette version car, manifestement, la réalité venait de dépasser la fiction.

Cette mésaventure avait fini de me convaincre que je n’étais vraiment pas fait pour parler espagnol, encore moins faire du théâtre penseront certains, moi en premier.
Je me contentais donc d’être « avant avant ndaaréé » jusqu’en terminale, année ou j’ai arrêté définitivement l’espagnol.
Pour le théâtre, inutile de vous dire que, plus jamais je ne suis remonté, et je ne remonterai, sur les planches, c’est bien trop dangereux pour moi.
Alors, si ma fille n’arrive pas à danser sur la scène de son école, quelque part ce n’est pas bien étonnant et je suis totalement et sincèrement solidaire avec elle dans son infortune.
– « ce n’est pas étonnant : Tel père, telle fille » m’a lancé sa mère.

En tout cas, moi, je ne lui en tiendrai pas rigueur. ☺

Père, fille, champ, dinosaure

dinosaure, filleDimanche, 10h
Ma fille me trouve dans ma chambre, elle veut retourner chez ses cousines au km 50 où on a passé la journée hier.
Récit d’une conversation pour le peu … singulière !!

– Elle : papa! Papa! Amène moi au « tool »( champ) chez Mariama!
– Moi: mais on y déjà allé allé hier!
– Elle: oui, mais tu as dit qu’on va retourner jouer avec Mariama
– Moi : oui mais j’ai pas dit aujourd’hui.
– Elle : Tu as dit quand?
– Moi: je ne sais pas, Mariama va rentrer à Dakar, tu pourras aller chez elle à Golf!
– Elle: oui mais je veux aller au champ aujourd’hui
– Moi: pas aujourd’hui Cocotte.
– Elle: pourquoi?
– Moi: parce que c’est loin et que je suis fatigué.
– Elle: mais je veux aller au tool!
– Moi: attend que Mariama rentre à Dakar et je t’amènerai chez elle.

– Elle: Mais toi tu vas où aujourd’hui?
– Moi: nulle part!
– Elle: c’est où nulle part?
– Moi: nulle part ça veut dire que je reste dans la maison.
-Elle: tu ne vas pas aller au bureau?
– Moi : si, peut-être ce soir.
– Elle: voilà! Quand tu vas aller au bureau, tu vas m’amener au champ!
– Moi: Non! C’est pas le même chemin!
– Elle: mais moi je veux aller au tool!
– Moi: pas aujourd’hui!

– Elle: donc chasse moi de la maison!
– Moi: ??? Pourquoi?
– Elle: comme ça un serpent va me manger et tu n’auras plus de fille!

– Moi: le serpent ne mange pas les filles ma chérie!
-Elle: il fait quoi?
– Moi: il mord!
– Elle: un tigre alors!
– Moi: il n’y pas de tigre au Sénégal!
– Elle: amène moi au parc de Hann alors. Comme ça on va ouvrir la cage des lions et ils vont me manger
-Moi: c’est pas possible!
– Elle: pourquoi?
– Moi: parce que la-bas, on donne à manger aux lions donc ils ne mangent pas les petites filles.

– Elle: achète moi un dinosaure alors, il va me manger.
– Moi: mais les dinosaures n’existent plus!
– Elle: pourquoi?
– Moi: parce que c’est toi qui les a mangés.
– Elle: non c’est pas moi! Je ne mange pas de dinosaures!
– Moi: pourquoi?
– Elle: je n’ai pas des dents comme les dents des lions!
– Moi: ah bon ? C’est qui alors?
– Elle: Je ne sais pas!

– Moi: ok, c’est pas grave!
– Elle: chasse moi de ta chambre, je ne suis pas ta fille, je suis fâchée contre toi! Tu n’es pas mon papa!
– Moi: Mais pourquoi ma cocotte ??
– Elle: Parce que tu ne m’as pas appelé quand tu prenais ton petit déjeuner!
– Moi: ok demain je t’appellerai!

– Elle: je suis fâché contre toi, tu n’es plus mon papa!
– Moi: et pourquoi?
– Elle: parce que tu ne m’a pas proposé qu’on se réconcilie!
– Moi: ok ma cocotte viens qu’on se réconcilie, tu es mon amie, ma cocotte, souma amé guinar meyla pooth!
– Elle: d’accord, mais amène moi au champ aujourd’hui!
– Moi: …