L’excision : un acte d’une violence inouïe

L’excision est une coutume, c’est aussi un acte cruel, d’une violence inouïe.
A l’occasion de la journée mondiale contre les mutilations féminines, voici le témoignage d’une femme qui se souvient du jour où elle a été excisée.
Âmes sensibles s’abstenir.

« Quand j’ai réussi mes examens de fin d’études élémentaires, je n’attendais qu’une seule chose : recevoir des cadeaux, des cadeaux, et encore des cadeaux !

Je pensais déjà au CEM où je devais continuer mes études. Je pensais à mes nouveaux camarades de classe, au nouveau programme… Je me prenais déjà pour une grande. J’adorais déjà ma nouvelle vie et je m’attendais à vivre des choses exaltantes. J’attendais la rentrée des classes avec impatience. Normal me direz-vous.

Mais c’était sans compter avec les membres de ma famille, qui voulaient me gâcher mes vacances.

Un soir, avant de me coucher, je m’en souviens comme si c’était hier, une de mes cousines m’a dit : « on va aller chez grand-mère demain, néna daf la nama« (NDLR: elle a de la nostalgie).
J’ai sautillé comme un cabri, trop contente d’aller voir grand-mère ! On s’adorait.

Le fait de se réveiller très tôt le lendemain matin m’a quand même un peu titillé l’esprit :

– Pourquoi à 6h du matin pour prendre un taxi ? Grand-mère n’habite pas loin.

– Non juste, on va t’acheter des habits, mais avant on passe chez une amie de la famille.

L’amie en question c’était l’exciseuse.
Une bonne femme qui avait l’air pourtant gentille, rassurante. Mais dès que j’ai mis les pieds dans cet endroit qui se trouve derrière le quartier de la médina, mon sang s’est figé.
Je me suis senti prise au piège. Prise comme un rat. Je ne parlais plus. Mon esprit refusait de fonctionner, comme si je n’en avais plus. J’avais un mauvais pressentiment.

Il était 6h30 du matin à notre arrivée. Comme pour nous laisser le temps de nous habituer à cette nouvelle maison qui serait notre demeure pendant quinze jours, personne ne nous adressait la parole. Je n’étais pas seule, j’avais remarqué la présence d’autres filles, certaines plus âgées que moi (j’avais 12 ans), d’autres plus jeunes.

Nous étions dans un silence total, nous ne nous parlions pas. Nous observions le va-et-vient des femmes qui s’agitaient comme des fourmis dans une ruche. Cela n’augurait rien de bon.
Je regardais les filles partir, on les emmenait derrière un bâtiment, mais je ne les voyais pas du tout en sortir. J’ai cru entendre des cris, mais j’ai pensé que c’était mon imagination qui me jouait des tours.

A 9h, une dame est venue me trouver et elle m’a demandé de la suivre, ce que je fis. Je me suis retournée pour regarder ma cousine, mais elle a détourné rapidement la tête. J’ai eu peur. Alors que j’entrais dans le bâtiment, j’ai commencé à frissonner.

Il y avait des femmes debout qui m’attendaient. L’une me demanda de danser, et elles frappaient toutes des mains. Et j’ai dansé, comme une folle. Je pensais que j’allais libérer toute cette peur, mais en fait elle se décuplait… Pourquoi se tenaient-elles toutes autour de moi comme pour m’empêcher de fuir ?

Celle qui est venue me chercher m’a demandé de me déshabiller, puis de m’allonger.

– Mais pourquoi ?

Elle m’a répondu avec le sourire : « Dara loy ragal ? Djiguéne dafay niémé, khana bougou lo am dieukeur ack dom ? (NDLR: de quoi as tu peur? Une femme doit être courageuse, ne veux tu pas avoir un mari et des enfants?).

J’ai répondu « si  » avec un sourire crispé.

Elle a repris : « Alors couche toi, maintenant. Tu es une grande fille. Daniou lay djangal reck. » (NDLR: on va juste t’apprendre).

Dès que je me suis allongée, trois femmes m’ont saisi la jambe droite et l’ont maintenue au sol, et trois autres ont fait pareil pour la jambe gauche. Là, j’ai commencé à paniquer. Une autre me tenait la tête bien fermement, elle était la plus forte. Et là, celle en qui j’avais confiance et que j’ai suivie dans ce lieu s’est assise. Je l’ai vu se pencher sur moi avec la lame en me disant «  li dou dara djongou la reck » (NDLR: ce n’est rien cela, c’est juste une excision) et avant que je ne comprenne ce qui se passait, j’ai senti cette lame qui me coupait le clitoris.

Je la sens encore cette lame, 35 ans après, je la sens encore, me couper une partie de ma féminité, ma chaire, mon intimité.

Il suffit que j’entende parler de l’excision pour croiser mes jambes.

Mes cris… On les entendait. Personne ne pouvait les ignorer, mais tous on fait semblant de ne pas m’entendre.

Quelle barbarie cette coutume !

Après m’avoir coupée, la dame, toujours le sourire aux lèvres, m’a aidée à me relever et m’a emmenée dans les toilettes.
J’ai cru que j’allais me vider de tout mon sang, il y en avait partout, je pleurais. Je pleurais de rage.

Je pleurais et je lui demandais sans cesse « lou takh guéne deef ma ni ? » « lane la léne deff  ? » (NDLR: pourquoi vous m’avez fait cela? Que vous ai-je fait?).

Et elle : « mais non boul wakh lolou, c’est pour ton bien. Kharal ba gua am dieukeur. » ( NDLR: mais non ne dis pas cela, c’est pour ton bien. Tu comprendras quand tu seras mariée.)

Et moi de lui répondre : « Bougou ma am dieukeur té dina léne bollé sama mame« (NDLR: je ne veux pas avoir de mari et je vous dénoncerai à ma grand-mère.)

La dame souriait toujours. J’avais très mal. Je pouvais à peine marcher.

Ensuite, on nous a emmenées dans une case ou nous devions passer les 15 prochains jours à l’abri des regards des hommes, à manger du riz arrosé à l’huile de palme. Quinze jours que je n’oublierai jamais. Les soins y étaient à base de feuilles de je ne sais quelles plantes.

À ma sortie, j’avais acquis une grande force de caractère, mais j’avais surtout envie de tuer toutes les personnes qui s’approchaient de moi. J’étais en rage.
Je suis allée voir ma grand-mère, j’ai été surprise de savoir qu’elle était au courant, même si elle n’approuvait pas…

Plus tard, au lycée, j’ai presque eu du mal à passer mes examens comme le Bfem, le baccalauréat. Comme si les choses risquaient de se répéter, je craignais qu’il puisse encore m’arriver quelque chose de cruel. Dans ma tête, c’était : « si tu réussis, il t’attend quelque chose de plus dur encore« .

Je suis vieille maintenant, mais je garde toujours ces souvenirs vieux de 35 ans dans ma tête.

La barbarie de l’excision doit disparaître de la surface de la terre.

 

 

Témoignage recueilli par Toubibadakar

 

 

 

 

7 femmes, 7 témoignages de d’abus sexuels dans l’enfance….

Ma publication sur les « tontons pédophiles » semble avoir donné du courage à certaines personnes qui ont subit des agressions sexuelles durant leur enfance et j’ai reçu plusieurs témoignages.

Avec leur permission, je poste en anonyme 7 témoignages sur la cinquantaine que j’ai reçu par messagerie privée.

7 femmes, 7 témoignages de d’abus sexuels dans l’enfance….

20 ans ou plus après, la douleur reste aussi vive et le traumatisme ineffaçable!

Avec leur permission: voici leurs récits:

Âmes sensibles s’abstenir…

 

Témoignage 1: Témoignage de ce traumatisme dans ma tendre enfance.

« A l’âge de 9 ans étant une jeune fille précoce patta, j’ai été abusé par mon propre cousin qui jouait le rôle de répétiteur pour nous.

Mon papa voyageait beaucoup ainsi que ma mère qui était partie rendre visite à ma grande mère. On était toute seule avec la bonne.

Malgré que j’avais bien récité ma leçon et fait les devoirs, il n’hésitait pas à me taper et me dire que je l’ai pas bien fait pour trouver une excuse pour me mettre au coin dans sa chambre.

Et c’est là que tout a commencé: les attouchements et pour finir la pénétration!

j’étais terrorisée et mes notes commençaient à chuter.

J’avais un papa un peu observateur qui a su me mettre à l’aise et je me suis confié que l’autre me fait ça et la….

J’ai vu des larmes couler sur son visage et il se disait que c’était de sa faute vu qu’il était médecin avec beaucoup de charge de travail.

Un clin d’œil à tous les papas médecin, mes héros.

Depuis que je suis dans le système de santé, j’ai su ce que tu as enduré papa, tu es et tu resteras mon héros!

Aujourd’hui, je suis une femme mariée mais j’ai eu du mal à consolider une relation.

Alhamdoulilah, Dieu a mis sur mon chemin un homme extraordinaire qui a su m’accepter et m’épauler et on est arrivé à avoir une vie sexuelle épanouie.

Chers parents, surtout les mamans, ce n’est pas en terrorisant vos enfants avec des menaces qu’elles vont s’ouvrir à vous ! Soyez les meilleures amies de vos filles pour qu’elles puissent se confier à vous »

 

Témoignage 2: Même « oubliée », la douleur revient…

« Il y a pas si longtemps que ça une amie d’enfance avec qui j’ai grandi dans le même quartier à deux rues ,m’a invité à son mariage.

On s’était perdu de vue depuis le bac et j’étais enthousiaste à l’idée de la revoir.

Le jour de son mariage, nous sommes toutes parties au salon pour se faire belles.

Dès qu’on est entré dans la cérémonie, j’ai aperçu l’oncle de ma copine!

Toute de suite,j’ai eu des frissons!

J’ai tout de suite senti du dégoût et de la profonde tristesse, je savais pas pourquoi.

Je n’arrêtais pas fixer cet homme tellement grand et devenu plus vieux avec son boubou et son bonnet.

Je me suis souvenu enfin de ses caresses, de ses mots bizarres quand j’étais petite….

Il s’arrangeait toujours pour venir à la maison quand il n’y avait personne.

J’étais petite et je savais pas ce que tous ces gestes venant d un homme signifiait.

Maintenant que je suis mariée, je sais ce que voulais dire tout ca .

Des bisous, des  » viens que je te prenne dus mes jambes, ou tenir par les reins ou viens faire la sieste…. »

Heureusement, l’irréparable n’est jamais arrivé et peut être qu’il ne pouvait pas aller jusqu’au bout mais, je suis sûre que s’il avait plus de temps et d’occasion,ce truc dur que je ressentais allait entrer plus loin.

J’avais refoulé tout ça dans ma tête, un dénis complet jusqu’à ce jour ou l’on s’est recroiser après tant d’années .

Arrêtez svp et laissez les enfants tranquilles !!!
Plus de vigilance des parents surtout! 

Témoignage 3: une échappée belle

«J’ai lu ton post le thème est plus qu’intéressant.

On a tous plus ou moins rencontré cela dans notre petite enfance.

Me concernant c’était un voisin dans notre village qui avait profité du fait que ma mère discutait avec sa sœur pour m’appeller et me demander de le suivre car il devait me remettre quelque chose.

Arrivé dans sa chambre, le salaud a descend son pantalon et exhibe son anaconda dressé et m’a demandé de toucher!!!

Je fus plus rapide qu’Hussein Bolt malgré le fait que j’étais une bouboule ronde !!!

Je n’avais que 9 ans mais c’est resté dans mon esprit!!!

Il devait être exhibitionniste ce zèbre!

 

Témoignage 4: l’horreur absolue !!!!

« J’avais 7 ans quand cela a commencé et cela a durée 2 bonnes années….

C’était mon oncle…..

Il avait des rapports sexuelles avec moi….

Le premier jour, c’est comme si on m’avait mis du piment à l’intérieur comme à l’extérieur de mon vagin.

Je faisais tout pour que personne n’en sache rien.

J’avais tout le temps mal au corps.

J’ai failli me donner la mort pour que cela cesse car je n’en pouvais plus.

Un jour, il m’a collait la paix en se tournant sur une plus petite que moi.

Ce fut très très dur.

J’ai du faire un travail psychologique sur moi pour accepter déjà ce qui m’était arrivé.

J’étais devenue femme malgré moi: 
J’ai commencé à voir les règles à l’âge de 9 ans

J’ai fuis les hommes pendant des années.

Mais, par la grâce de dieu et par la grâce d’une de mes tantes qui avait vécu la même chose tout est fini! 
Elle m’a aidé à avoir confiance en moi en me disant: dans la vie,il faut savoir faire des choix:soit tu gâche ta vie à cause de ce vaut-rien ou tu avances pour pouvoir fonder une famille et être heureuse.

Au début de mon mariage, je ne ressentais absolument rien quand je faisais l’amour avec mon mari.

J’ai du en parlé avec mon ancien gynéco qui est décédé maintenant.

Il m’a beaucoup soutenu dans cette étape de ma vie.

Là, j’arrive à avoir des rapports sexuelles et à avoir du plaisir.

Mais aussi j’aide beaucoup de fille qui se sont confiées à moi en leur remontant le moral.
En tout cas une chose est sûre: les tontons saï saï font des ravages juste pour leur plaisir.

Je stresse grave pour ma fille

Je n’ai jamais accepté que son père lui changé sa couche.

Et je ne dormais plus quand il m’a pris les enfants de force. J’ai vécu 4 mois pendant lesquels j’ai failli devenir dingue à cause de ce stress.

………….

Ma question est la suivante: comment je-dois faire pour gérer le stress que je vie pour mes enfants? je n’ai confiance en personne!! »

 

Témoignage 5: quand le secret médical fait obstacle: témoignage d’un collègue confronté à ce cas

« Cher confère, j’ai un cas d’abus sexuel à partager.

Il s’agit d’une fillette de 16 ans que j’ai reçue en consultation accompagnée de sa mère.

Le motif de consultation était l’apparition d’un goitre. Aussitôt j’ai compris qu’ il y avait un problème psychosocial.

J’ai demandé à la maman de sortir pour prétexte que je devais examiner la fille.

J’ai continué l’interrogatoire et je sentais que la fille avait un secret à partager mais elle hésitait à parler et je lisais une gêne sur son visage.

Je me suis déplacé de mon siège pour venir s’asseoir à côté d’elle pour la rassurer qu’aucune information ne sortirait de ce bureau.

C’est après quelques minutes qu’elle a accepté de me dire que son grand frère de même père et de même mère l’a violé le jour de la Tabaski (NDLR: Aïd El Kébir) quand toute la famille était sortie pour saluer les voisins !!!

Elle venait de prendre son bain et une fois dans la chambre enfant avec juste son pagne autour du corps que le grand frère a sauté sur elle et abusé d’elle.

Après son forfait, le grand frère l’avait menacé de mort si jamais elle le dénonçait.

Je lui ai demandé pourquoi elle ne voulait pas en parler à ses parents.

Elle répondit que ses parents n’allait pas croire la et qu’ils risquaient de la frapper.

Le bilan sanguin a confirmé l’hyperthyroidie et elle répondait positivement au traitement jusqu’à une stabilisation clinique et biologique.

Lors d’un rendez-vous, je lui ai demandé si elle en n’a toujours pas parlé à quelqu’un et là, elle m’a dit qu’elle s’en était ouverte à sa grande sœur mais celle là lui avait demandé de garder le silence.

Donc, jusqu’au dernier rendez-vous la mère ne savait pas ce qui s’était passé même si elle était contente de l’évolution favorable du traitement.

La fille était plus souriante au fur des rendez-vous mais je doute qu’il puisse avoir une cicatrisation complète de ce traumatisme.

Ai-Je bien fait pour ne pas avoir dénoncé le grand frère à ses parents ou à la gendarmerie ? »

 

Témoignage 6: la politique de l’autruche des familles

« Je suis une jeune fille malienne de 21 ans d’apparence très sûre d’elle mais au fond c’est pas pareil.

J’avais 10 ans quand un homme a eu des attouchements envers moi et pour la première fois, j’ai vu la virilité d’un homme chose que j’ignorais et depuis j’ai une peur bleue du sexe opposé !

J’avais 18 ans quand j’en ai parlé à ma maman et mes sœurs et elles l’ont tellement banalisé que j’en suis tombée malade

Au jour d’aujourd’hui, je suis encore vierge et j’arrive pas à être tranquille avec un homme ce qui fait que mes relations amoureuses sont chaotiques et je me demande si un jour je serai heureuse dans un ménage car j’ai vraiment peur de me faire toucher par un homme !

J’ai l’impression qu’en Afrique le traumatisme est réservé aux autres pas à nous… »

 

Témoignage 7: le pire: avoir été abusé par 3 adultes et rejeté par son mari !!

« Moi ce n’est même un seul mais plusieurs abus sexuels.

Ça a commencé à l’âge de 11 ans: le maître qui me donnait des cours particuliers a abusé de moi.

Il mettait sa main dans mon sexe et y faisait tout ce qu’il voulait et j’avais peur de lui.

Mon professeur en 6ème  lycée a fait la même chose quand on faisait des cours particulier : comme nous étions nombreuses, il m’obligeait à m’asseoir près lui et faisait la même chose: il m’obligeait à mettre ma main dans son pantalon.

il me traumatisait et c’était à chaque cour comme pour mon maître coranique

La même chose est aussi arrivé avec le frère de la co-épouse de ma mère aussi.

En devenant adulte et en étant passé par tout cela, maintenant je les déteste et ce sont des souvenirs qui me marqueront à jamais.

J’ai vécu une enfance mouvementée et je croyais que j’étais toujours vierge mais à ma grande surprise le jour de ma première fois avec mon mari je n’étais pas vierge.

J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps jusqu’à présent cela me fait mal et je n’avais raconté cette histoire.

Quand à mon mari, je lui ai expliqué les scènes d’abus sexuels mais, le plus dure dans tout cela c’est qu’il croit que jetais juste dévergondée!!!

Vous comprenez? C’est dur ! excusez moi d’être longue.

Ne jamais laisser son enfant seul avec qui que soit ayez le temps de discuter avec vos filles puisque moi je ne vivais pas avec ma mère »

 

Ces abus peuvent avoir une répercussion sur la vie sentimentale et sexuelle de ces personnes au point même de leur empêcher d’avoir du plaisir ou d’avoir un comportement paradoxal frisant la débauche.

J’encourage les personnes ayant été victime de ce genre de trauma d’en parler à leur médecin ou à une personne de confiance pour surmonter le stress post-traumatique.

Se taire n’est pas la solution !

Bon courage

Toubibadakar

Garçon ou fille ? Peut-on choisir le sexe de son bébé ?

Bien des couples auraient bien aimé pouvoir choisir à l’avance le sexe de l’enfant à naître mais, malheureusement, c’est le hasard qui s’occupe de distribuer les sexes.

La 1ère chose à savoir est que le sexe de l’enfant dépend de son père : tous les ovules sont porteurs du chromosome X alors que les spermatozoïdes peuvent être porteur du chromosome X ou du chromosome Y.

Pendant la fécondation : si c’est un chromosome X qui pénètre dans l’ovule, l’enfant à naître sera une fille (XX) alors que, inversement, si c’est un chromosome Y qui assure la fécondation, on aura un garçon (XY).

Donc, votre mari (et votre belle famille) n’ont qu’à s’en prendre à votre mari si vous n’avez « que des filles » car ce n’est pas du tout de votre faute mesdames.

A l’échelle de l’humanité, il naît autant de garçons que de filles chaque année malgré le fait qu’à l’âge adulte, il existe plus de femmes que d’hommes à cause de multiples raisons (guerres, style de vie inconscient des hommes, etc).

Il est toutefois possible de chosiir le sexe de son enfant grâce soit à des moyens technologiques très avancés et donc très chers et peu accessibles au grand public ou par des recettes maison peu onéreuses mais pas garanties à 100%.

Les méthodes modernes

Tout d’abord pour les techniques de pointe, elles sont très vraiment très pointues et extrêmement chères et réalisées dans le cadre de la PMA, la procréation médicalement assistée:

– La technique infaillible pour choisir le sexe du futur bébé est de faire le diagnostic pré-implantatoire (DPI) qui est une technique de dépistage des anomalies chromosomiques sur les embryons obtenus par fécondation in vitro (FIV) avant leur transfert dans l’utérus de la mère. Le sexe chromosomique de l’embryon est ainsi déterminé et le couple pourra choisir le sexe à implanter.

Ce DPI ne sert pas à l’origine à cela mais sert surtout à détecter des anomalies chromosomiques liées au sexe. Cette méthode est fiable à 100% mais coûte extrêmement cher !

– La seconde méthode pour choisir le sexe est le tri des spermatozoïdes : il est possible par une technique appelée tri cytométrique et basée sur la fluorescence différente des spermatozoïdes X ou Y. Grâce à ce tri, on pourra choisir le spermatozoïde désiré pendant la FIV pour avoir un garçon ou une fille. Cette technique est fiable à 80 à 90%.

– La dernière méthode est la sélection par la vitesse de déplacement des spermatozoïdes : les spermatozoïdes X sont à priori plus lourds et donc se déplacent moins vite. Ainsi, lors de la FIV, on choisira les plus lents pour avoir une fille ou les plus rapides pour avoir une fille.

Cette technique n’est pas garantie et ressemble un peu aux méthodes maison.

photo avec l’aimable autorisation de pixabay.com

Les méthodes-maison

Elles sont simples, peu onéreuses, applicables par tout le monde mais ne sont pas garanties à 100% et sont même parfois anecdotiques.

Elles se basent sur plusieurs théories plus ou moins consensuelles:

1. Tout d’abord la théorie de Shettles, qui dit que les spermatozoïdes Y sont plus rapides mais vivent moins longtemps, alors que les spermatozoïdes X sont plus lents mais ils vivent plus longtemps.

De ce fait, plus le rapport sexuel fécondant est proche de l’ovulation, plus vous avez des chances que les Y arrivent en premier pour féconder l’ovule.

A l’inverse, si le rapport sexuel a lieu à distance de l’ovulation, les Y risquent d’arriver trop tôt, de ne pas trouver l’ovule, ils vont ainsi mourir, laissant la place aux X arrivés plus tard pour féconder l’ovule.

En pratique, pour une période féconde de 5 jours, les rapports sexuels durant les 3 premiers jours de fécondité augmentent les chances d’avoir une fille tandis que les rapports la veille, le jour et le lendemain de l’ovulation donneraient plutôt des garçons.

Cette même théorie de Shettles dit aussi que la position du missionnaire favorise les chances d’avoir une fille. Je ne sais pas trop pourquoi !

Encore une fois, il ne s’agit pas d’une fiabilité absolue même si la plupart des médecins y adhèrent… tandis que la théorie de Whelan dit exactement le contraire !

2. L’alimentation influencerait aussi le sexe du futur bébé. Selon cette théorie, l’alimentation d’une femme durant les semaines qui précèdent la conception peut rendre son organisme plus enclin à accepter les spermatozoïdes X que les spermatozoïdes Y ou le contraire.

– Les aliments pauvres en sodium, le riz, des biscuits, le pain à faible teneur en sodium, les œufs, les légumes et les fruits peuvent vous aider à avoir une fille.

– A l’inverse, les céréales riches en potassium, le saumon, la banane, les noix, les champignons, les patates, le thon augmenteraient les chances d’avoir un garçon.

Vous pouvez donc faire votre choix de régime en prenant quand même la peine de voir avec votre médecin si ce régime est compatible avec votre état de santé.

Ces méthodes, sans engagement médical, valent le coup si vraiment vous voulez augmenter vos chances d’avoir le garçon ou la fille tant désiré-e à moindre frais.

Le plus important reste tout de même d’avoir un enfant en bonne santé au final, peu importe le sexe !

Alors, partagez avec nous votre expérience de choix de votre bébé et … bon appétit !

Toubibadakar

Homme/femme : l’indispensable complémentarité au commencement de la vie

Nous savons tous qu’au commencement de la vie, l’ovule doit être fécondé par un spermatozoïde pour que l’œuf fécondé soit la 1ère cellule qui donnera le corps humain entier.

Ce que la quasi-totalité des gens ignorent c’est que, en réalité, au niveau cellulaire, l’homme a besoin de la femme pour avoir un pouvoir fécondant et que la femme a tout autant besoin de l’homme pour être féconde !

Photo avec l’aimable autorisation de publicdomainpivtures.net

Explication :

Les spermatozoïdes ont besoin de traverser une étape indispensable pour avoir leur pouvoir de fécondation : on appelle cela la capacitation.

Cette capacitation c’est le contact du spermatozoïde avec la glaire cervicale de la femme qui active la tête du spermatozoïde pour qu’elle devienne capable de chercher, trouver, et pénétrer dans l’ovule.

Un spermatozoïde n’ayant pas eu de capacitation c’est comme un courrier sans adresse : il est peu probable que ce courrier arrive à son destinataire, même avec le meilleur des facteurs.

Sans cette capacitation, le spermatozoïde n’a donc aucun pouvoir fécondant.

Mieux encore, une glaire cervicale de qualité permet aux spermatozoïdes de vivre pendant 4 jours alors que, sans glaire, ou avec une glaire de mauvaise qualité, la durée de vie de ces spermatozoïdes ne dépasse pas 6h.

Chez la femme aussi, lors de l’ovulation, l’ovule émis n’a en réalité pas terminé sa maturité et est simplement ce que l’on appelle un ovocyte 2. Cet ovocyte 2 n’est pas mature.

Il faut obligatoirement qu’un spermatozoïde pénètre dans l’ovule lors de la fécondation pour que cet ovocyte 2 termine sa maturité et se transforme en ovule dont le noyau fusionnera quelques instant après avec le noyau du spermatozoïde pour justement donner l’œuf qui est la 1ère cellule du corps et le début de la vie !

Moralité: la fertilité est, au plus profond et au plus intime de la création, une affaire de couple homme/femme : jamais l’un sans l’autre !

Alors, messieurs, accompagnez vos épouses à la consultation de fertilité car elles vous aident à devenir vous-même!

Vice versa !

Photos avec l’aimable autorisation de pixabay.com

Qu’on se le dise !

Toubibadakar

Les jumeaux: peut-on augmenter les chances d’en avoir ?

Avoir des jumeaux reste toujours, aux yeux de beaucoup de couples, quelque chose d’un peu magique et un moyen de « faire d’une pierre, deux coups ».

C’est pourquoi la question de savoir s’il est possible de provoquer une grossesse gémellaire suscite beaucoup d’intérêt.

Les chances d’avoir des jumeaux sont en moyenne de 3 % dans la population générale et cela relève de prime abord, d’un pur hasard mais, certaines femmes semblent avoir plus de chances d’avoir des jumeaux que d’autres.

Il faut d’abord savoir que le taux de grossesse gémellaires varie selon certaines situations socio-culturelles:

– avoir des antécédents de jumeaux dans sa famille multiplie par 4 les chances d’avoir des jumeaux !!!

– les africaines ont plus de chances d’avoir les jumeaux que les femmes européennes.

Les jumeaux sont plus rares chez les hispaniques et les asiatiques.

– les femmes ayant déjà eu 4 enfants ont plus de chances d’avoir des jumeaux que celles qui en ont moins.

– même s’il est plus difficile d’avoir des enfants après 35 ans, plus on prend de l’âge plus on a des chances d’avoir des jumeaux: 7% à 40 ans et 17 % a 45 ans.

– et enfin certaines populations font plus souvent des jumeaux que d’autres comme certaines tribus du Nigeria où l’ont trouve la plus grande prévalence de jumeaux.

Les progrès de la medecine et de la recherche font que les femmes peuvent augmenter leurs chances d’avoir des jumeaux: en voici quelques informations à exploiter:

1: certaines vitamines comme l’acide folique, en plus de limiter le risque de malformations neurologiques chez l’embryon, permettent d’avoir de bonnes ovulations et des ovulations multiples et donc… des grossesses multiples.

2: un bonne alimentation voire un léger surpoids augmenteraient les chances d’avoir des jumeaux. En revanche, les carences vitaminiques et les régimes irréfléchis diminue les chances même de grossesse.

3: des études sérieuses ont montrées que les femmes consommant beaucoup de produits laitiers au moment de leur tentative de conception multiplient par 5 leurs chances d’avoir des jumeaux. Il semblerait qu’une substance retrouvée dans le lait de vache serait responsable de ce phénomène. Donc le lait de vache est bénéfique durant la période de conception.

A côté de ces constatations naturelles, la médecine a apportée sa contribution à recherche des jumeaux.

D’abord, avec la fécondation in vitro (FIV), plusieurs embryons peuvent être implantés dans l’utérus mais, des études récentes ont démontrées que si on implante plus d’un embryon, les chances de succès de la FIV diminuent. Il n’empêche que certains medecins tentent le coup et arrivent à avoir des grossesses multiples avec succès.

Ensuite, il existe des médicaments pour traiter des femmes qui soufrent de manque d’ovulation. Lorsqu’une femme n’ayant pas de problème d’ovulation prend ces médicaments, elle augmentent de 33% ses chances d’avoir des jumeaux.

Enfin, le meilleur moyen d’avoir d’avoir des jumeaux reste l’hérédité avec les antécédents de jumeaux dans sa famille mais, malheureusement, on ne choisit pas sa famille!!!

Toubibadakar

Homme/femme: l’indispensable complémentarité au commencement de la vie

Nous savons tous qu’au commencement de la vie, l’ovule doit être fécondé par un spermatozoïde pour que l’œuf fécondé soit la 1ère cellule qui donnera le corps humain entier.

Ce que la quasi totalité des gens ignorent c’est que, en réalité, au niveau cellulaire, l’homme a besoin de la femme pour avoir un pouvoir fécondant et que la femme a tout autant besoin de l’homme pour être féconde !

Explication :

Les spermatozoïdes ont besoin de traverser une étape indispensable pour avoir leur pouvoir de fécondation: on appelle cela la capacitation.

Cette capacitation c’est le contact du spermatozoïde avec la glaire cervicale de la femme qui active la tête du spermatozoides pour qu’elle deviennent capable de chercher, trouver, et pénétrer dans l’ovule.

Un spermatozoïde n’ayant pas eu de capacitation c’est comme un courrier sans adresse: il est peu probable que ce courrier arrive à son destinataire même avec le meilleur des facteurs.

Sans cette capacitation, le spermatozoïde n’a donc aucun pouvoir fécondant.

Mieux encore, une glaire cervicale de qualité permet aux spermatozoïdes de vivre pendant 4 jours alors que, sans glaire, ou avec une glaire de mauvaise qualité, la durée de vie de ces spermatozoïdes ne dépassent pas 6h.

Chez la femme aussi, lors de l’ovulation, l’ovule émis en réalité n’a pas terminé sa maturité et en fait est simplement ce que l’on appelle un ovocyte 2. Cet ovocyte 2 n’est pas mature.

Il faut obligatoirement qu’un spermatozoïde pénètre dans l’ovule lors de la fécondation pour que cet ovocyte 2 termine sa maturité et se transforme en ovule dont le noyau fusionnera quelques instant après avec le noyau du spermatozoïde pour justement donner l’œuf qui est la 1ère cellule du corps et le début de la vie!!

Moralité: la fertilité est, au plus profond et au plus intime de la création, une affaire de couple homme/femme: jamais l’un sans l’autre!!!

Alors, messieurs, accompagnez vos épouses à la consultation de fertilité car elle vous aides à devenir vous même!

Vice versa !

Qu’on se le dise!

Toubibadakar

La prévention de la transmission mère-enfant du VIH-Sida ou la théorie de Coffin modifiée

Imaginez un train fou fonçant inexorablement vers un fossé ou vers un mur… les deux seules solutions possibles pour éviter une catastrophe sont soit de réduire la vitesse du train, soit d’augmenter la distance le séparant de l’obstacle.

Imaginez un wagon attaché à ce train fou fonçant vers l’obstacle…

Le seul moyen d’éviter que le wagon n’entre en collision avec l’obstacle est (en plus de réduire la vitesse du train et/ou d’augmenter la distance avant l’obstacle) de détacher le wagon suffisamment tôt avant que sa vitesse d’inertie ne l’entraîne contre l’obstacle tout de même.

Le VIH/SIDA peut être considéré comme cette allégorie du train et de l’obstacle.

Le VIH/SIDA étant, en l’état actuel de la science, incurable, les seules solutions possibles sont :

– diminuer le nombre de virus dans le corps (on parle de « charge virale ») grâce à certains médicaments anti-rétroviraux, la diminution de cette charge virale équivaut à diminuer la vitesse du train

– augmenter ou préserver le nombre de globules blancs protecteurs contre les microbes (appelés CD4) et donc retarder l’arrivée d’infections opportunistes aggravant la maladie, par l’administration de certains antibiotiques. Ceci équivaut à augmenter la distance avant l’obstacle inéluctable.

On appelle cela la théorie de Coffin.

La théorie de Coffin veut donc que le VIH/SIDA soit représenté comme un train fonçant inexorablement vers un mur ou un fossé, et que les 2 seules alternatives envisageables soient de réduire la vitesse du train (réduction de la charge virale) ou d’augmenter la distance (augmenter le taux de CD4) le séparant de l’obstacle.

La deuxième allégorie du train avec le wagon à détacher peut représenter une femme enceinte, porteuse du VIH/SIDA.

L’enfant à naître est comparé au wagon à détacher du train avant qu’il ne soit précipité contre l’obstacle (ou contaminé par sa mère).

Les seuls moyens d’y arriver sont:

– diminuer la charge virale maternelle (vitesse du train) avec des médicaments anti-retroviraux à prendre avant et pendant la grossesse ainsi que durant l’allaitement,

– augmenter la distance avant l’obstacle (préserver le taux de CD4) en traitant les infections opportunistes,

– mais également de prendre des mesure pour sortir le bébé suffisamment tôt et sans qu’il ne soit en contact avec le sang ou le lait maternel (donc de détacher le wagon…)

De manière simpliste, la prévention de la transmission mère-enfant (ou PTME) peut donc être représentée par cette allégorie similaire appelée théorie de Coffin modifiée ou théorie d’Abdoulaye Diop (à breveter d’ailleurs !!!)

La PTME constitue la libération (séparation de l’enfant d’avec le corps de sa mère) qui doit être faite correctement et suffisamment tôt. C’est à dire avant que, même délivré de son attache, ce wagon (ôh combien précieux ! ) ne soit entraîné, par sa vitesse d’inertie, dans les profondeurs du gouffre.

Toubibadakar

Un stage rural, le déclic de ma vocation de médecin

Je suis arrivé à la maison médicale de Wassadou le 1er Avril 2006. Loin d’être un poisson d’avril, c’était le début d’une des plus belles aventures professionnelles (et humaine) que j’ai vécu.

Pour le citadin que je suis, il s’agissait de mon premier séjour dans le monde rural de mon propre pays. Je n’avais jamais dépassé Thiès auparavant, la honte et le déshonneur !!MDR !

Depuis la première année de médecine, j’ai travaillé avec le Pr Mbayang Niang Ndiaye dans l’organisation des différentes foires aux livres du Kinkéliba. J’ai progressivement adopté et assimilé les principes de l’ONG. C’est donc tout naturellement que j’ai décidé, après la 3ème édition de la foire, d’aller passer 6 mois á la Maison Médicale Pierre Fabre de Wassadou dans le cadre de mon stage de fin d’études médicales.
Permettez-moi de partager donc avec vous cette expérience qui a influencé mon choix de spécialisation.

UN PLAISIR ! C’est le seul mot que je puisse utiliser pour qualifier ce séjour. Il a été un enrichissement aussi bien sur le plan professionnel qu’humain.

Sur le plan humain d’abord, à la Maison Médicale, j’ai trouvé un personnel tout simplement formidable. L’ambiance, á tout moment, particulièrement á table, y est extraordinaire.

Imaginez autour d’une même table : M. Diallo (responsable de la ferme) et Tidjane (un des infirmiers) : les Peulhs + Anne-Marie (la sage-femme) et Simon (le gérant du télécentre) : les Sérères, Frédéric (le chauffeur Bédik) ainsi que Julie et Cathy (élèves sages-femmes), Marie -Christine et Deuguène (les stagiaires pharmaciennes) et Dr Saugier et son épouse (du Kinkéliba) le tout mélangé á la sauce du cousinage á plaisanterie.
Avec ce melting-pot, vous aurez des moments d’une hilarité et d’une ambiance telle que le film « Un dîner de cons » ferait pâle figure en comparaison.
De mémoire, on a
– M Diallo avec son fameux concept « souvent il m’arrive d’être en retard mais c’est rare !! » ou « moi, je ne surfe jamais sur Internet, je lis juste mes e-mails !! » (Cherchez l’erreur !!)
– ou encore Simon qui fait le bilan de sa quête désespérée de dot (80.000) pour osez demander la main de Anne-Marie (aux dernières nouvelles, il n’avait que 40.000 F)
– ou le Dr Saugier qui vous raconte les mésaventures de sa fille en Chine avec les cours de renforcement de ses élèves !!
– et surtout, surtout Frédéric mimant la chasse aux serpents par les cynocéphales ou sa fameuse technique pour attraper les singes…. UN PLAISIR !!!

N’allez pas croire qu’on passe notre temps á nous amuser á la Maison Médicale, toutes ces personnes, á l’heure du travail font preuve d’un vrai professionnalisme.

En dehors de la Maison Médicale aussi, les gens sont formidables, simples, pas très aisés mais gentils, accueillants, généreux. Ils n’hésitent pas á partager avec vous le peu qu’ils ont. Ce n’est pas grand-chose mais, c’est très évocateur de leur reconnaissance.
Ce sont des populations braves, fières, généreuses, démunies qui méritent d’être aidées.

Sur le plan professionnel, le séjour á Wassadou a été très enrichissant.
On y retrouve des réalités différentes de celles retrouvées en pratique médicale urbaine et, pour un médecin, il s’agit d’une mine d’informations exploitables á souhait.
Par exemples, l’âge moyen de la première grossesse y tourne autour de 13-15 ans, il s’en suit fréquemment 6 á 8 grossesses avec un intervalle inter génésique d’une exactitude déconcertante (2 ans pour 99 % d’entre elles) et surtout une ménopause ultraprécoce (35-38ans au plus tard). Hey oui mesdames, 38 ans au plus tard !!!!!!!
Il en résulte naturellement tout un cortège de conséquences médicales á rechercher, prévenir, traiter, étudier, analyser : ostéoporose précoce, diminution de la masse musculaire, fistules uro-génitales, mortalité materno-infantile élevée (78‰), morbidité et la liste ne saurait être exhaustive.

La première fois que j’ai vu, de mes propres yeux une épaule négligée, c’était à Wassadou ! Cette image me hante encore.
Un jour, une grand-mère qui baillait a eu une luxation de la mandibule, elle a fait le tour des féticheurs locaux mais ils n’ont pas pu réduire la luxation avec leurs incantations et autres gris-gris. Par chance, ayant séjourné dans le service de stomatologie à Dantec, j’ai pu réussir, par la manœuvre de Nélaton, à lui remettre la mâchoire en place.

La malnutrition chez les enfants est omniprésente (5-8 kg á 1 an, 13-15 kg á 5 ans !!!!), la géophagie (manger du sable) est quasi-permanente, l’anémie : généralisée. Le programme de récupération nutritionnelle de la sage-femme y rencontre un vif succès.

Ces chiffres sont différents de ceux rencontrés en milieu hospitalier en ville et méritent d’être étudiées et pris en compte par les politiques de santé publique.
Des études sont en cours de réalisation sur le paludisme, les injections intra rectales, le planning familial, etc.

L’activité chirurgicale n’est pas en reste. Certes Wassadou n’est pas encore pourvu d’un bloc opératoire fonctionnel mais nous y faisions de la petite chirurgie : circoncision, épisiotomies, premiers soins des accidentés de la circulation sur la nationale 7.

Tout ceci pour dire qu’il y a tant et tant de choses á faire dans le monde rural et les médecins y ont leur partition á jouer.

J’ai pu échapper au chef du village qui voulait absolument me donner une seconde femme pour que je m’installe définitivement là-bas !!! MDR !!

Il faut cependant reconnaître que la vie en brousse n’est pas sans désagréments.
En tête de liste il y a la chaleur ! Il fait, á Tambacounda, chaud, très chaud !au mois d’avril (et c’est même un euphémisme) 40 á 45 degrés á l’ombre, le voyage est très long (6 á 8 heures), la route n’était pas toujours bonne.

SSL20320Il y a parfois trop d’insectes (pour un citadin) et les serpents, scorpions et autres scolopendres soigneusement vous éviterez.

Au début bien sûr cela me dérangeait mais on finit par s’y habituer et á s’habiller en conséquences (léger, avec des bottes á partir de 19h).

Mais, ces épiphénomènes ne doivent pas constituer une entrave d’autant plus qu’à la belle saison, après la pluie, il y fait très bon.

Mon séjour à Wassadou a été décisif dans mon choix de la gynécologie comme spécialité : j’y suis allé en étant faisant fonction d’interne en stomatologie, à mon retour, j’ai démissionné, fais une année probatoire puis 4 ans de spécialisation en gynécologique.

Á présent, j’invite mes amis, mes collègues médecins, les jeunes surtout, mes aînés, mes Maîtres et les autorités á promouvoir la médecine de brousse. Il faut encourager, inciter les jeunes médecins á exercer en milieu rural. Il faut faciliter l’accès au monde rural, améliorer les infrastructures routières, développer les moyens de communications (téléphonie fixe, Internet, GSM,), financer et faciliter l’installation des médecins de brousse.

Notre pays en a besoin pour se développer, le Kinkéliba a montré que cela était possible (un bijou en pleine brousse), Le Dr Zida est un des pionniers, un exemple á encourager.
Sous la houlette du Pr Mbayang, un groupe de carabins, á la fac de médecine, est formé, sensibilisé, informé sur la nécessité (et le plaisir) de travailler en brousse. J’ai été l’un d’eux, mais sûrement pas le dernier. Ce n’est pas toujours facile mais ce n’est sûrement pas difficile, assurément pas impossible.

80% de notre pays est un monde rural et il a besoin d’être aidé pour se développer. Les villes sont saturées, encombrées, stressantes, le monde rural est enchanteur, ‘vide’, prêt á nous accueillir.
En plus vous apprendrez les langues du pays (j’avais commence á parler pullar et diakhanké).
Personnellement, je n’ai pas pu concrétiser mon rêve de travailler dans le monde rural à cause d’un stupide fonctionnaire du Ministère de la Santé, (je vous raconterai l’histoire une autre fois).

Pour terminer, je dirai tout simplement : VENI, VIDI, …j ai été ‘conVICI’, j’ai apprécié, et j’y retournerai.

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Comprendre la trisomie 21

Le 20 novembre est la journée mondiale de la trisomie 21. La trisomie 21 est une maladie génétique encore appelée syndrome de Down. Anciennement appelé mongolisme, cette appellation péjorative est formellement interdite par égard au peuple de Mongolie. Il n’est non plus pas élégant de parler de trisomique (comme il serait déplacé de dire de quelqu’un un cancéreux) mais il faut plutôt utiliser le terme porteur de la trisomie 21.

Dans le cas de la trisomie 21, le plus gros problème c’est le regard de la société mais qu’est-ce la trisomie 21 en fait ?

La trisomie est donc une maladie génétique due à la présence excédentaire d’un chromosome. Normalement, tout être humain a un patrimoine génétique constitué de 46 chromosomes constituant 23 paires numérotées de 1 à 22 plus la paire sexuelle : XX chez les femmes et XY chez les hommes.

Ce patrimoine génétique provient des parents de manière équitable donc 23 provenant du père et 23 provenant de la mère.

Lors de la fécondation, il arrive qu’un des parents, au lieu de donner 23 chromosomes, en donne 24 soit un chromosome de plus: le chromosome 21 en général. Le bébé à naitre se retrouve donc a avoir un patrimoine génétique 2n = 47 au lieu de 2n = 46. Cela constitue la trisomie 21.

Il arrive aussi que ce chromosome excédentaire soit le 18 ou le 13 et on parlera alors de trisomie 18 ou trisomie 13 mais ces trisomies sont plus graves et souvent incompatibles avec la vie. La survenue d’une trisomie est imprévisible car le mélange des chromosomes est totalement aléatoire.

Les facteurs de la trisomie 21

Il existe par contre des facteurs de risque identifiés comme augmentant les RISQUES d’avoir un enfant porteur d’une trisomie 21 et sur lesquels sont basés le principe du dépistage de cette maladie avant la naissance.

  • L’âge : plus les parents sont âgés plus il y’a un risque de trisomie, surtout la maman. On considère que le risque de survenue de trisomie 21 est à prendre en compte après 40 ans.
  • Avoir un antécédent de trisomie 21 dans la famille.
  • La grossesse multiple : le coefficient de risque est doublé pour des faux jumeaux.

La trisomie 21 peut parfois être détectée avant la naissance, mais dans 10 à 20% des cas, elle passe inaperçue est n’est constatée qu’à la naissance au grand damne des parents. Nous parlerons du principe du dépistage de la trisomie 21, des signes et des différents types de trisomie 21 et de la prise en charge.

Toubibadakar

Le périnée, cet illustre inconnu !!

Le périnée


– Dr comment attrape t-on un périnée?

– Dr le périnée est-il contagieux? 

– comment savoir si on a le périnée? 

– comment on traite le périnée? 

– …….


Les questions qui nous ont été posées suite à l’annonce d’une discussion sur le périnée dans l’émission Priorité-Santé sur RFI sont très évocatrices du degré de méconnaissance qui entoure ce fameux périnée! 


C’est quoi le périnée au juste? Est-il contagieux ou potentiellement dangereux ? 


Le périnée est simplement la partie inférieure du tronc. Nous avons tous appris à l’école la fameuse phrase: « le corps comprend 3 parties: la tête, le tronc, et les 4 membres »; ce tronc donc est fermé, en bas, par le périnée. 

Il s’agit donc d’un enchevêtrement complexe de muscles, formant une sorte de hamac soutenant les organes de l’abdomen. 

Il va du pubis en avant au coccyx en arrière. 

Il laisse passer les organes génitaux urinaires et digestifs:

– le vagin, les organes génitaux externes, l’orifice de l’urètre et l’anus chez la femme,

– le pénis, les testicules et l’anus chez l’homme. 


Chez la femme, le périnée à une importance capitale car il est soumis à une forte pression lors de la grossesse et surtout lors des efforts de poussée de l’accouchement par voie normale surtout s’il s’agit d’un gros bébé.


Il est aussi régulièrement traumatisé voire « blessé » lors des déchirures, spontanées ou provoquées (épisiotomie) lors de l’accouchement.


Chez l’homme il est moins sujet à des traumatismes sauf chez certains sportifs notamment les haltérophiles.


Toujours chez la femme, à force d’être fortement sollicité, traumatisé et surtout ignoré, le périnée finira par se relâcher et par perdre ton tonus, ce qui peut entraîner:

– des fuites urinaires appelées incontinences urinaires et qui vont survenir d’abord à l’effort: toux éternuements, puis progressivement de manière spontanée, altérant la qualité de vie;

– des troubles sexuels allant de la diminution des sensations vaginales à l’absence de plaisir lors des rapports sexuels en passant par l’émission de bruits pneumatiques désagréables et gênants lors des rapports intimes appelés des pets vaginaux.


À long terme, le relâchement du périnée fait partie des mécanismes de survenue des descentes d’organes appelées prolapsus et pouvant toucher l’utérus, la vessie et le rectum.


Pour éviter et remédier à ces complications, le périnée doit être éduqué ou mieux être ré-éduqué régulièrement!

La ré-éducation périnéale est un ensemble de mesures hygiéno-diététiques, comportementales et médicales servant à re-muscler le périnée impliquant aussi bien le personnel medical que les patientes, principales concernées.


Tout d’abord, sur le plan préventif, il faut aussi bien éviter certains traumatismes obstétricaux comme les épisiotomies larges à outrance que les déchirures périnéales importantes, les deux situations ayant un effet délétère sur les muscles du périnée.

Ces lésions, si elles sont inévitables ou constatées, devront être réparées correctement.


Il faut aussi éviter certaines expressions abdominales lors de l’accouchement; cela peut servir certes à aider la femme épuisée à « pousser » son bébé mais cela traumatise fortement le périnée.


La ré-éducation périnéale à proprement dit est fortement recommandée après l’accouchement, même par césarienne car le périnée aura supporté 6 à 12kg supplémentaires durant la grossesse.


Cette ré-éducation, selon la sévérité de l’atteinte du périnée, pourra se faire:

– soit par de simples exercices physiques réguliers de pipi-relâcher-retenir, série de mouvements consistant à se retenir et à se relâcher comme si l’on avait une envie pressante. Des « séries de 10 » trois fois par jour, améliorent rapidement une incontinence urinaire d’effort modérée;

– soit par l’utilisation de boules de geisha. À l’origine, gadgets sexuels ou sextoy, ces boules introduites régulièrement dans le vagin lors d’exercices physiques, vont raffermir le vagin et les muscles du périnée; 


– soit par des exercices sous le contrôle d’une sage-femme spécialisée ou d’une kinésithérapeute avec même l’utilisation de sondes spéciales pour le périnée.


À un niveau ultime, on peut avoir recours à la chirurgie ou à des instruments médicaux spécialisés telles que des sortes de culottes dispensant des décharges électriques bien ciblées pour stimuler certains muscles du périnée.


Les hommes aussi doivent prendre soin et muscler leur périnée car, des exercices adéquats sur ce périnée permettent de mieux maîtriser l’érection et surtout de retarder l’éjaculation.


Le périnée n’est donc ni une maladie encore moins un mal contagieux et connaître et prendre soin de son périnée permettra d’éviter nombre de désagréments urinaires et sexuels. 

 

Toubibadakar