Le diagnostic de la grossesse

[Ce billet est le deuxième d’une série sur le bien-être de la femme enceinte, de la conception à l’accouchement…] 

Dans la grande majorité des cas, poser le diagnostic de grossesse est assez simple. Il existe cependant des situations où incertaines qui ne permettent pas de dire facilement si la femme est enceinte ou non. Le 1er et plus évident signe de la grossesse est l’absence ou le retard des règles, plus connue sous le nom d’aménorrhée.

La grossesse est la première hypothèse à poser devant cette aménorrhée chez toute femme en âge de procréer et ayant eu une activité sexuelle, aussi insignifiante soit-elle.

Le moyen le plus simple pour confirmer cette grossesse est la réalisation d’un test de grossesse urinaire. Ces tests, en vente libre dans les pharmacies, détectent dans les urines une substance produite par la grossesse et appelée béta-HCG. Les tests performants peuvent être positifs dès le 1er jour de retard de règles et, dans l’idéal, le test doit être réalisé avec des urines concentrées comme les 1ères urines du matin.

La réalisation de ce test peut donner 4 situations :

deux barres roses : test positif. « Félicitation Mme, vous êtes enceinte ! »

une barre rose et une barre légèrement rose : « félicitation Mme, vous êtes quand même enceinte ! »

une seule barre : « heureusement pour vous Mlle, vous n’êtes pas enceinte, vous pouvez respirer!  »

aucune barre n’apparaît : « Oups ! Il faut refaire le test qui n’est pas interprétable« .

 

 

 

Cependant, le résultat fournit par le test de grossesse urinaire comporte des limites :

D’abord il est purement qualitatif : il dit si il y a grossesse ou pas, mais ne précise pas si la grossesse est de bonne qualité ou pas.

De plus, il existe des erreurs possibles appelées faux positifs et faux négatifs :

– un faux-positif est un test positif alors qu’il n’y pas de grossesse,

 

– un faux-négatif est un test négatif alors qu’il y a bel et bien une grossesse.

 

Selon que l’on veuille ou non de la grossesse, ces faux-positifs ou faux-négatifs peuvent être caricaturés comme des poissons d’avril de très mauvais goût !

Heureusement, il existe des moyens plus précis de confirmer la grossesse : le dosage sanguin des bêta-HCG et l’échographie.

Les bêta-HCG (la prise de sang)

Les bêta-HCG dosés dans le sang sont les même que ceux détectés dans les urines à la différence que le test sanguin peut être réalisé plus tôt, avant même le retard des règles et il donne une donnée quantitative chiffrée (exemple: 5432 UI/ml).

Il faut savoir aussi que ce chiffre pris isolément ne signifie pas grande chose et que le gros intérêt de ce dosage est son évolution dans le temps :

– si au bout de 24h on refait le dosage et que le chiffre double : il s’agit d’une grossesse qui évolue bien,

– si au bout de 24h ce chiffre dosé à nouveau diminue : un  avortement est à craindre.

– et enfin, si ce chiffre augmente sans doubler, il faut avoir la hantise d’une grossesse extra-utérine c’est-à-dire située à l’extérieure de l’utérus.

 

Dernier recours technologiques pour confirmer la grossesse : l’échographie.

Elle permet de confirmer la grossesse, de voir le ou les sacs de grossesse ainsi que le ou les embryons, de détecter les battements du cœur de l’embryon, de vérifier que la grossesse est bel et bien à l’intérieur de l’utérus et enfin de vérifier qu’il n’y a pas de problèmes tels qu’un kyste ou un fibrome.

Cependant, l’échographie ne commence à détecter la grossesse qu’à partir de deux semaines de retard de règles si elle est faite par voie vaginale ou 8 semaines si c’est une échographie par voie abdominale.

A suivre

 

 

Toubibadakar

 

Rappel et mise à jour des astuces « fertilité » pour tomber enceinte rapidement

[Ce billet est le premier d’une série sur le bien-être de la femme enceinte, de la conception à l’accouchement…] 


Dans notre société africaine avec un taux de fertilité par femme assez élevé, les couples ayant des difficultés pour avoir des enfants ne sont pas toujours pris en compte dans les politiques de santé publique concernant la grossesse.

Alors, si vous êtes mariée depuis plusieurs mois voire plusieurs années, et que le bébé tant attendu tarde à se montrer, voici quelques trucs et astuces pour « augmenter » vos chances de maternité :

Astuce N°1 : calculez votre période féconde :

C’est simple, il faut déterminer votre jour d’ovulation d’abord. Date d’ovulation = durée du cycle – 14. Soit, pour un cycle de 30 jours : 30-14 = 16 donc l’ovulation se fera le 16ème jour. Pour un cycle de 25 jours : 25-14=11, l’ovulation se fera le 11ème jour. La période de fertilité sera donc entre 4 jours avant la date de l’ovulation et 1 jour après. Il faut compter à partir du jour de l’arrivée des règles.

L’astuce est d’avoir des rapports sexuels : la VEILLE du jour de l’ovulation, le JOUR même de l’ovulation ainsi que le LENDEMAIN du jour d’ovulation. Selon certains médecins, il faut aussi observer une période d’abstinence de 3 jours avant la veille du jour de l’ovulation.

EXEMPLE 1 : si on ovule le 16ème jour : pas de rapports les 12ème ,13ème, et 14ème jour puis rapports le 15ème, 16ème et 17ème jour.

EXEMPLE 2 : si on ovule le 11ème jour : pas de rapports les 7ème ,8ème, et 9ème jour puis rapports le 10ème, 11ème et 12ème jour.

 

crédit photo: doudou123.fr

 

EXPLICATIONS : certes les spermatozoïdes sont censés vivre 4 jours, d’où les 4 jours de fécondité avant la date de l’ovulation. Mais parfois, si la qualité du sperme est insuffisante, ces spermatozoïdes ne vivent que 24 à 48h d’où la nécessité de les concentrer aux dates encadrant le jour de l’ovulation.

De plus, après 3 jours d’abstinence, le sperme est qualitativement et quantitativement à son maximum d’efficacité, conformément aux recommandations pour faire un spermogramme.

NB : cette règle n’est pas partagée pas tous les médecins et certains vont préconiser d’avoir des rapports durant toute la période de fertilité.

En revanche, une abstinence de plus de 4 jours réduit la quantité de spermatozoïdes dans le sperme. C’est pourquoi on demande 3 jours d’abstinence en moyenne avant de faire un spermogramme (analyse qui permet d’évaluer la qualité du sperme). De plus, le fait d’avoir plus de 3 jours successifs de rapports sexuels diminue le nombre de spermatozoïdes dans le sperme.

Si vous n’avez pas la chance d’avoir un cycle régulier, il faudrait avoir au moins 3 rapports sexuels par semaine pour augmenter vos chances de tomber sur la bonne période de fertilité.
Autre possibilité : utiliser des tests d’ovulation pour déterminer la période féconde.


Astuce N°2 : restez allongée quelques minutes après les rapports sexuels et privilégiez les positions allongées avec la femme en dessous.

 

EXPLICATIONS : Sous l’effet de la pesanteur, se lever immédiatement après un rapport sexuel ou pire, allez faire un bain intime, réduirait légèrement le nombre de spermatozoïdes accédant à la cavité utérine. Lorsque la pénétration est profonde aussi, l’éjaculat est déposé le plus proche possible de l’entrée de l’utérus. Cette théorie n’est pas partagée par tous les médecins. Selon certains, les spermatozoïdes les plus vigoureux passent facilement le col de l’utérus quelle que soit la position de la femme mais, elle reste acceptable et logique donc, rester allongée 10 à 15 min après un rapport ne pourrait pas faire de mal de toute façon.


Astuce N°3 : faites manger à votre homme beaucoup de FRUITS et mesdames, prenez de l’acide folique au moins 3 mois avant la grossesse.

 

Crédit photo: olivierganan.wordpress.com

 

EXPLICATION : pour avoir de l’énergie, les spermatozoïdes ont une préférence pour un type particulier de sucre appelé fructose et que l’on trouve exclusivement dans… Les fruits !

L’acide folique, que l’on trouve dans les petits pois, les haricots, les lentilles, les fruits, l’arachide, les œufs, le camembert et  les céréales. On le retrouve aussi dans certains médicaments et il permet d’améliorer la qualité de l’ovulation (et donc de la fertilité) et de prévenir certaines malformations chez l’embryon à condition de le débuter avant la grossesse.

Donc, faites-lui manger 5 fruits par jour, quelque soit le fruit, pour booster les spermatozoïdes, et prenez de l’acide folique pour optimiser vos chances de grossesse.


Astuce N°4 : faites porter à votre homme des caleçons, au lieu des slips serrés.

Crédit photo: alittlemarket.com

 

EXPLICATION : pourquoi les testicules sont dans les bourses et non dans l’abdomen ? C’est parce qu’il fait trop chaud dans l’abdomen pour eux : 37 degrés. Ils préfèrent 36 degrés en moyenne.
Poser un ordinateur portable sur les genoux en travaillant augmente la chaleur locale dans les testicules et donc peut créer des troubles du sperme. Évitez aussi la cigarette, elle diminue la qualité du sperme.
En portant des slips serrés ou des pantalons trop serrés, vous collez les testicules au tronc et donc la température dans les testicules augmente à 37 degrés ce qui tue purement et simplement les spermatozoïdes.

Donc, aérez votre entrejambe messieurs et éviter l’ordinateur sur les cuisses. Idem pour les bains trop chauds et trop longtemps donc, privilégiez les douches.
Enfin, au bout de 10 mois de rapports sexuels réguliers sans succès, pensez à aller consulter un gynécologue ou une sage-femme. Allez-y en couple de préférence, pour faire un bilan d’infertilité car dans 1/3 des cas le problème se situe chez l’homme, dans 1/3 chez la femme et, dans le tiers restant, les deux conjoints sont à traiter.

Bonne chance !

 

NB: à suivre…

Toubibadakar

Excisée à deux reprises, une femme témoigne

Avec la permission d’une patiente, je partage un témoignage anonyme très poignant pour sensibiliser encore sur la nécessité d’abandonner l’excision. Il s’agit d’un texte bouleversant, sincère et poignant, dont j’ai préféré conserver l’authenticité des écrits. Âmes sensibles, s’abstenir, voici un récit que je ne saurais qualifier d’aucun nom. 

« Bonjour docteur comment vous allez. J’ai vu votre publication à propos de l’excision des filles. J’avoue ke j’ai pas regarder car je garde un mauvais souvenir de ça. Hier kan j’ai vu la pub j’avais les larmes aux yeux car on me l’a fait kan j’étais jeune.

Et j’en ai bcou souffert je suis rester malade pendant des mois voir même une année sa ma complètement détruite.

Toutes mes sœurs étaient guéri sauf. je narretais pa de saignais. Kan je riais kan je toussais kan je dormais. On changeait le drap plusieurs fois la journée. Ma mère n’arrêtait pas de pleurait elle regrettait de m’avoir amener faire ça. Je souffrais je dormais pas je pleurais.

Et kan on m’a ramené chez la dame elle a encore couper kelke chose et epui elle l’a cousu ( mou niow ko avc pousso ak weugne [NDLR: elle l’a cousu avec une aiguille et un fil] ) Jamais je n’oublierai ça. Ce jour là j’avais telment mal que j’ai mordu ma mère et elle est sorti de la salle en pleurant car elle ne supportais plus de me voir comme ça.

Après plusieurs mois kan je restais assise pendant longtemps pour me laver damay obliger ram baparé soga diouk [NDLR:  j’étais obligé de ramper avant de me lever!]. Du liquide jaune sortais en moi.

Wi je me souviens bien…. et maintenant je suis mariée et je ne ressens pas de plaisir lorsque je fais l’amour avc mon mari au contraire je souffre mais je ne lui ai rien dit pask je ne veux pas kil décourage ou kil crois kil me fait mal si def semblant la deukk [NDLR: je fais toujours semblant d’avoir du plaisir].

J’avais peur de ne jamais tomber enceinte mais alhamdoulilah je suis enceinte de presque 3 mois. Excusez moi docteur pour la longueur mais il fallait ke sa sort pask depuis lors personnes n’est au courant même pas mon mari car je ne veux plus y penser. Je garde ça pour moi. Mon mari ne sais rien.

Ma mère n’ose pas parler de ça devant moi. Et si un jour je vois une mère faire ça à sa fille walah je la s’énonce. Encore une fois excusée moi, C’est la première fois que je raconte ça. Votre publication à réveiller mes souvenir« 

Arrêtons l’excision, de grâce !

 

Les kystes du clitoris : complication méconnue des mutilations génitales féminines

 

Le kyste du clitoris est une poche de liquide développée  la place du clitoris après une excision.

Ce kyste se développe à partir des poils de la zone clitoridienne et est dû à l’obstruction de glandes cutanées ou de follicules pileux ou à une éversion des berges de la plaie au moment de la cicatrisation.

 

Il s’agit d’une pathologie bénigne mais le kyste peut avoir la taille d’une orange et être parfois très impressionnants et très douloureux!

Le kyste peut également s’infecter et entraîner une suppuration locale suppuration et de fistules.

 

Le diagnostic est assez facile.

L’évolution est lente. Leur prise en charge repose l’ablation chirurgicale.

 

Ce kyste peut être confondu avec :

– la clitoromégalie qui est un clitoris particulièrement gros ou long ;

 

– les chéloïdes (touteu en wolof) qui sont des cicatrisations hypertrophiques,

 

– Les molluscums pendulum, (acrochordon) qui sont des masses cutanées bénignes et en forme de polype qui se rencontre dans la maladie de Von Recklinghausen,

– Le molluscum contagiosum (djamouth en wolof) plus fréquent sur le visage des enfants et du à un virus.

 

– Les lipomes : masse de graisse molle ou élastique.

 

Les kystes du clitoris sont des complications des MGF et sont surtout invalidants pour la femme qui en général éprouve une certaines honte de se retrouver avec une grosse boule et une gêne certaines est ressentie lors des rapports intimes.

 

Toubibadakar

Les mutilations génitales MGF (excision): 2ème partie

Mutilations génitales… suite

Il existe 4 types d’excision:
Type 1 :

Il consiste en l’ablation du clitoris ou de sa membrane, ou bien encore en la coupure de son capuchon.
C’est est la forme la plus légère et aussi la plus répandue dans les pays sahéliens.
– Type 2:

On coupe le clitoris et une partie ou la totalité des petites lèvres.
C’est la forme la plus répandue dans le monde, elle représente environ 80% des MSF.
– Type 3:

Elle consiste en l’ablation du clitoris, des petites lèvres et des deux tiers des grandes lèvres, avec une couture et rétrécissement de l’orifice vaginal.
Une très petite ouverture est laissée pour l’évacuation de l’urine et du sang menstruel. C’est la forme la plus douloureuse. L’infibulation est appelée « taff » en Wolof.
Elle est aussi celle qui a le plus de complications.

 

– Type 4

Il regroupe toutes les interventions non classées, telles que la piqûre ou la perforation du clitoris, et/ou des grandes lèvres, l’étirement du clitoris et/ou des lèvres, la cautérisation par brûlure du clitoris et du tissu avoisinant, le grattage de l’orifice vaginal ou l’incision du vagin, ou encore l’introduction de substances corrosives ou de plantes dans le vagin pour provoquer des saignements et resserrer le vagin.

Quelque soit le type d’excision, différentes complications sont possibles:

1: complications immédiates ou à court terme:
– la mort: au moment de l’excision, il peut se produire un choc vagal avec arrêt cardiaque qui, en l’absence d’une réanimation immédiate peut tuer la femme,

– l’hémorragie: les organes génitaux sont très vascularisés, l’excision provoque toujours une hémorragie. Parfois, elle peut être grave et être responsable d’une anémie chronique ou même du décès de la fillette.

– les infections, faite de manière traditionnelle et clandestine, dans la quasi totalité des cas, aucune règle d’hygiène n’est respectée! Il est facile d’imaginer toutes les infections possibles par la suite.

2. Complications à moyen et long terme.
– les infections vaginales chroniques, en coupant les lèvres, l’orifice vaginal devient exposé à l’extérieur et les infections vaginales deviennent fréquentes pouvant même entraîner des problèmes de fertilité,

– les douleurs lors des rapports sexuels: en plus de l’absence de plaisir, elles sont très fréquentes surtout en cas de mauvaise cicatrisation. Parfois une désinfibulation est nécessaire avant le 1er rapport sexuel, désinfibulation aussi douloureuse que l’excision elle-même.

– les séquelles psychologiques: elles sont au 1er plan: la femme se sent diminuée dans son intimité. A cela s’ajoute les douleurs intimes, l’absence de plaisir, la gêne, le sentiment de colère ou de culpabilité. Ces séquelles psychologiques motivent surtout la chirurgie réparatrice de l’excision.

– les kystes de clitoris et les chéloïdes: ils sont impressionnants et peuvent avoir la taille d’une orange. Souvent cachés, elles entravent la vie sexuelle et nécessitent une chirurgie réparatrice.

– les complications obstétricales: à l’accouchement, la femme excisée risque des difficultés à la sortie de l’enfant, avec des déchirures du périnée cicatriciel parfois graves pouvant même donner des incontinences urinaires.

Malgré son interdiction, l’excision continue à être réalisée même en ville. Un alourdissement des sanctions contre les contrevenants serait même nécessaire.

Heureusement, les progrès de la médecine permettent de « réparer », les dommages de cet acte barbare d’un âge dépassé.

Cette chirurgie de réparation à été inventée et développée par un médecin français : Dr Foldes qui a rendu à des milliers de femmes leur dignité volée.

Il s’agit d’un technique simple, réalisée sous anesthésie générale ( pour ne pas réveiller les traumatismes de l’excision) mais, elle n’est pas systématique car des femmes arrivent à vivre sereinement leur excision.

Cette chirurgie ne sera proposée qu’en cas de séquelles graves ou si la reconstruction du clitoris fait partie de la reconstruction psychologique de la femme.

Halte à l’excision

Toubibadakar

Les mutilations génitales MGF (excision) 1ère partie

Mutilations génitales féminines :

Le 6 février : journée mondiale de lutte contre l’excision…
L’OMS définit les MGF comme : « toute intervention incluant la lésion ou l’ablation partielle ou totale des organes génitaux externes féminins pour des raisons culturelles, religieuses ou pour toutes autres raisons non thérapeutiques. »
En 2005, 130 millions de femmes et fillettes étaient mutilées sexuellement dans le monde.
Chaque année, 3 millions de fillettes et jeunes femmes subissent une mutilation sexuelle dans le monde.
Ainsi, Toutes les 15 secondes une femme est excisée dans le monde dont une femme sur trois sur le continent africain.
Devenue interdite au Sénégal depuis le 13 janvier 1999, il reste encore des milliers de femmes qui vivent avec les séquelles de leur MGF et qui, malheureusement, ignore que leur mutilations et ses conséquences peuvent désormais, être réparées pour leur permettre de retrouver une dignité perdue.
La nature des mutilations, excision ou infibulation, les conditions d’hygiène précaires dans lesquelles elles sont effectuées, ainsi que la vascularisation très importante du clitoris, expliquent la fréquence et la gravité des complications.

Les conséquences pour ces femmes, d’ordre physique et psychologique, sont dramatiques.
Ces complications peuvent survenir à court, moyen ou long terme et sont de plusieurs types.
Les premières traces écrites d’excisions remontent au 2ème siècle avant notre ère, sous le règne de Ptolémée, en Égypte.

Des momies de l’antiquité égyptienne ont également été découvertes excisées.
Plus récemment, aux XVIII et XIXème siècles, la clitoridectomie était préconisée par certains chirurgiens européens pour venir à bout des déviances sexuelles tels que la nymphomanie, l’hystérie ou l’épilepsie.

La pratique des mutilations sexuelles est une coutume traditionnelle, dont les justifications sont nombreuses et souvent erronées.

1. La religion: les mutilations sexuelles féminines sont indépendantes de la religion car pratiquées par des adeptes de différentes confessions, notamment chez les chrétiens d’Afrique de l’est, chez les musulmans, les animistes, ainsi que par des non-croyants dans les pays concernés.
Ni la Bible, ni le Coran ne font allusion à ces pratiques. Il serait inexact d’associer les mutilations sexuelles à la religion musulmane. Pour exemple, elles n’ont jamais été pratiquées dans certains pays musulmans comme l’Algérie, l’Iran ou la Turquie.

2. La sexualité

La finalité des MGF, selon certains, serait de contrôler la sexualité féminine. Elle permettrait de préserver la chasteté par l’inhibition du plaisir et du désir sexuel.

On voit dans ces pratiques le symbole de l’oppression masculine mais il est intéressant de noter qu’elles sont perpétuées essentiellement par les femmes (mère ou grand-mère) et le geste réalisée par des femmes.

3. Les arguments à visée prophylactique :

Certains arguments mis en avant par les communautés pratiquant les mutilations sexuelles sont ceux d’accroître la fécondité, de protéger le nouveau-né à l’accouchement ou d’assainir les organes génitaux de la femme. De manière paradoxale, ces justifications aboutissent à l’effet inverse puisque ces actes altèrent aussi bien la santé de la mère que celle de l’enfant.

En fait, le poids de la coutume semble être l’explication la plus fréquente pour justifier les mutilations génitales.

Dans la 2eme partie, nous reviendront sur les différents types d’exclusions.
Toubibadakar

Le lion et l’agneau

Version africaine du loup et l’agneau :

Il était une fois, Mboté l’agneau qui gambadait insouciant dans la forêt.

Au détours d’un sentier, l’agneau tomba nez-à-nez avec …. Gaïndé le lion.

Le lion lui dit tout sourire: « bon ok, dis moi trois vérités vraies et je te laisse partir vivant.  »

Et l’agneau de répondre: « ok ! Tout d’abord si je retourne chez moi et que je dis que que je t’ai rencontré et que tu m’a laissé rentrer sain et sauf… personne ne me croira !  »

Le lion acquiesce: « tu as raison fiston ! La suite…. »

Et l’agneau continue : « si je savais qu’en sortant de chez moi ce matin j’allais tomber sur toi, je ne serai jamais sorti de chez moi !  »

« C’est certain » approuva le lion ! Et a dernière vérité ?

La mort dans l’âme, l’agneau termina en disant: « qu’on se le dise lion, tu n’as pas faim car si tu avais faim, on en serait pas arrivé à cette 3ème vérité ! :-)…….

Épilogue:
Aux dernières nouvelles, le lion n’a pas encore fini de se marrer. L’agneau est rentré chez lui, il a été traité de menteur et a décidé de ne plus sortit de son lit !

Toubibadakar

La fellation : ce qu en dit un toubib à Dakar.

Avant-propos : ceci n’est pas un article érotique ni un manuel de technique sexuelle mais se veut juste une réflexion d’actualité sur une pratique sexuelle qui concerne 8 rapports sexuels sur 10. Âmes sensibles et bien-pensantes merci de vous abstenir….

La fellation, c’est quoi ?

Commençons d’abord par la définition et les synonymes :
La fellation est une pratique sexuelle consistant à sucer la verge d’un partenaire à l’aide de la bouche pour le faire jouir. Le mot fellation provient du grec FELLARE qui signifie téter, sucer (Isis aurait réanimé Osiris grâce à une fellation !)
Tout un tas de synonyme plus ou moins imagés sont utilisés pour l’évoquer : pipe, sucer, pompier…
Très appréciée des hommes en général, la fellation est l’un de leur câlin érotique préféré et c’est un préliminaire pratiqué par 8 couples sur 10 en Europe. En Afrique ? Pas de données !

La fellation stimule la verge et surtout le gland, zone érotique par excellence chez l’homme, et peut aboutir à créer un orgasme avec une éjaculation.
La fellatrice (oui le mot existe), si elle ne souhaite pas recevoir de sperme dans la bouche, doit être attentive aux prémices de l’orgasme ou demander à son partenaire de se retirer lorsque l’éjaculation est imminente.
La fellation est un câlin sexuel à sens unique car seul l’homme recevant la fellation atteint l’orgasme sauf s’il entre dans le cadre d’un câlin mutuel : fellation et cunnillingus (en position du 69).
La fellation peut créer une sensation de dégoût pour la personne qui la prodigue, surtout les 1ères fois. La motivation initiale peut être de donner du plaisir, ou de pratiquer la réciprocité, ou d’imiter les autres. Mais par la répétition, cette fellation peut finir par devenir une source d’autosatisfaction pour la fellatrice.

Il existe des variantes de la fellation:
– la gorge profonde: le pénis est introduit le plus profondément possible dans la bouche pour atteindre la gorge du partenaire. Elle est assez difficile à faire et peut entraîner un réflexe de vomissement.
– l’irrumation: c’est une fellation active de la part de l’homme qui utilise littéralement la bouche de la femme comme un vagin. Elle est plutôt brutale et entre plus dans le cadre de pratique sado-masochiste.
– l’autofellation: c’est lorsque l’homme, très souple, arrive à se faire une fellation sur son propre sexe mais cela nécessite des capacités exceptionnelles de contorsionniste !

Les risques auxquels il faut penser

La fellation ne peut pas entraîner de grossesse (le débat est donc clos).

Médicalement parlant, la fellation est une pratique sexuelle à risque car il y a un risque de transmission de certaines infections sexuellement transmissibles (IST) même si peu d’études existent sur ce sujet. Cependant, cette transmission nécessite souvent la présence de lésions ulcérées ou saignantes dans la bouche ou/et sur la verge des partenaires. De ce fait, le risque de transmission est de 0,5 à 1 pour 10.000 selon les études.
L’herpès et l’hépatite B sont les principales IST pouvant être transmisent par la fellation car les microbes responsables sont présents dans la salive.
La syphilis, l’angine, la candidose et les condylomes génitaux (sothieute) et la blennorragie font partie aussi des maladies possibles.
D’autres études font aussi état du risque de survenue de cancer ORL et buccal à cause du rôle présumé du HPV mais, toujours selon des études, le risque de survenue du cancer du col reste toujours plus élevé lors d’un rapport sexuel vaginal avec une partenaire non vaccinée contre le HPV.

La prévention des risques médicaux lors d’une fellation passent par :
une hygiène irréprochable (qui est nécessaire chez les partenaires adeptes du sexe oral).
l’utilisation d’un préservatif qui permet d’éviter la contamination par une des maladies sus-citées, mais le goût et la consistance du latex diminuerait le plaisir escompté. Des préservatifs parfumés peuvent pallier à ces désagréments.
– le traitement des lésions sur les lèvres et la bouche (aphtes) avec une bonne hygiène buccodentaires-dentaire.
Il n’est pas conseillé de faire une fellation juste après s’être lavé les dents ni de se brosser les dents après une fellation car, dans les deux cas, une fragilisation de la muqueuse buccale peut être source de porte d’entrée à un éventuel germe.
En cas d’éjaculation dans la bouche, il est souhaitable de recracher le sperme et de se rincer la bouche juste avec de l’eau sans frotter ni utiliser de bain de bouche car cela pourrait agresser la muqueuse buccale et créer une porte d’entrée à un éventuel germe.

Pour l’homme aussi, une hygiène corporelle rigoureuse est un minimum avant une fellation car, une mauvaise odeur, une accumulation de sueur, de résidus d’urines ou de sperme peuvent créer un dégoût ou des nausées chez la fellatrice.

Enfin, du point de vue pénal, une fellation imposée par la force, la contrainte, la menace ou la surprise à une femme (ou à un homme ) par celui qui reçoit la fellation équivaut à un viol. Tandis qu’une fellation prodiguée à un homme non consentant, n’est pas un viol mais plutôt une agression sexuelle. Comprendra qui pourra !

Toubibadakar

Connaissez-vous la placentophagie ? 

Âmes sensibles d’abstenir!
Cet étonnant terme désigne le fait de manger un placenta !
Il s’agit d’une pratique systématique chez les espèces animales.
Cela permet à la femelle de récupérer des forces après un travail physiquement éprouvant et de préparer la fabrication de lait.

Cela permet aussi de ne pas laisser de traces qui pourraient attirer d’éventuels prédateurs.

Des extraits de placenta animal sont aussi beaucoup utilisés en cosmétique comme dans la fabrication des rouge-à-lèvres !

Chez les êtres humains, cette placentophagie est très rare mais elle existe aussi !
On retrouverait cette pratique chez des indigènes de la forêt amazonienne et au Soudan jusqu’à la fin du XIXème siècle.
D’authentiques études scientifiques ont montré que le fait de manger le placenta permettrait :
– d’augmenter la production de lait,
– de réduire les douleurs post-natales,
– d’éviter la dépression post-natale.

Le placenta :
– aurait des vertus aphrodisiaques chez les hommes,
– lutterait contre la stérilité,
– ferait poussé les ongles et les cheveux.

Ces pratiques, qui frisent le cannibalisme et qui semblent plus anecdotiques que réelles, ne vous pousseront pas , j’espère, à goûter un bout de votre placenta lors de votre prochain accouchement á l’instar d’une célèbre star de la télé réalité américaine.

Nous recommandons juste l’enterrement ou l’incinération du placenta, sinon…..bon appétit!

🙂
Toubibadakar

Chronique d’une mort (in)évitable: la mort de mon père 

Chronique d’une mort (în)évitable: la mort de mon père!

Aujourd’hui, tu aurais eu 79 ans papa: joyeux anniversaire!

Je te rend hommage avec ce récit!
J’adore mon père !

Quand j’étais plus jeune, de son vivant, la simple évocation mentale de sa mort me mettait dans un désarroi indescriptible. Et pourtant, il est mort, devant moi, de manière prévisible, inévitable. Voici le récit des derniers jours de mon père tel que je l’ai vécu et ressenti il y a maintenant 13 ans.

Tout a commencé au mois de février 2002, par une épistaxis : un saignement du nez, survenu le jour de mon examen de 1er trimestre en 4ème année de médecine. Le saignement était tellement abondant que les mesures classiques pour l’arrêter ne faisaient pas d’effet! Il a fallu l’amener en urgence au service d’ORL de l’hôpital Dantec pour faire un tamponnement antérieur et mettre des médicaments pour stopper l’hémorragie.

Le tamponnement a été laissé en place pendant 48h mais dès qu’il a été enlevé, le saignement a repris, ce qui était assez inhabituel pour un banal saignement de nez.

Le tamponnement a été reconduit et le médecin a demandé un bilan sanguin en urgence pour trouver la cause de ce saignement intarissable.

Le bilan a montré une anémie très sévère, à 2 grammes d’hémoglobine alors qu’il faut en avoir minimum 12 et une diminution drastique des 3 composants essentiels du sang : les globules rouges, les globules blancs et les plaquettes.

Ces dernières, étant responsables de la coagulation, leur diminution expliquait les difficultés à stopper le saignement. La seconde question qu’induisait ces résultats étaient : pourquoi cette pancytopénie, cette diminution des 3 lignées d’éléments figurés du sang ?

Une transfusion sanguine a été décidée dans l’urgence et des explorations plus approfondies proposées par le médecin du service de Médecine Interne où mon père avait été transféré.

Une biopsie de la moelle osseuse, siège de fabrication des éléments constitutifs du sang, a été ainsi faite.
Je me souviens encore de cet après-midi du jour où je suis allé au laboratoire de cytologie de l’Hôpital Principal de Dakar pour récupérer moi-même les résultats de la biopsie que j’avais déposée 48h avant.

Cela coïncidait avec le jour de la sortie de mon père qui, grâce à la transfusion, avait retrouvé des couleurs et avait préparé ses bagages. Il attendait juste que j’aille rapidement prendre ses résultats, qui ne pouvaient être que bons, vu qu’il était guéri !

Quand je suis allé directement au laboratoire, le biologiste était justement entrain de regarder au microscope la biopsie. Voici le récit de ma conversation avec lui :

– « justement, je suis en train de lire la lame de votre patient, c’est très intéressant, venez voir, on retrouve dans la moelle, des cellules qui n’ont rien à y faire et c’est eux qui colonisent ces cellules qui doivent fabriquer le sang » m’avait-il dit.

– « c’est-à-dire ?? »

– « des métastases !»

– « des métastases ?!?!?!

– « oui, un cancer métastasé, maintenant il faut trouver la tumeur primitive, c’est un parent à vous ? »

– « heu oui, c’est mon père ! »

A ce moment, le biologiste, le toubab, est passé de blanc à tout rouge et je vous laisse imaginer la stupeur et la consternation dans laquelle cette annonce m’a plongé !

C’est la mort dans l’âme, avec l’enveloppe que je rapportais, que j’ai remis au médecin les résultats qui l’ont choqué aussi.

– « qu’est ce qu’on fait ? » m’avait –il demandé ?

– « qu’est ce qu’on fait ? » avais –je répondu ?

Après quelques minutes de réflexion, il a poursuivi :

– « bon, ton père est prêt à partir, il se sent en pleine forme, on ne va pas le décevoir, si on le retient cela va complètement saper son moral et sera totalement contre-productif. On va le laisser rentrer à la maison. Mais, sache qu’il reviendra, on le laisse partir mais on ne le lâche pas, on va l’accompagner jusqu’à la fin »

Cette décision prise par ce médecin ce jour, a été pour moi la plus belle, la plus sage et la plus courageuse qu’un médecin ait pu prendre. Pour cela, aujourd’hui encore, je lui voue une éternelle reconnaissance et un profond respect.

Quand on est donc retourné le voir dans sa cabine, il nous a dit dès que nous sommes rentré :

– « Alors c’est bon les résultats, je peux rentrer chez moi ? »

– « Oui M. Diop, c’est parfait, vous pouvez rentrer mais, on ne vous lâche pas, il y aura surement d’autres radio et d’autres bilans à faire dans les semaines à venir ! En attendant, rentrer et reposez vous bien ».

– « Parfait Dr, encore merci pour la prise en charge » lança mon père en s’engouffrant dans sa voiture.

Les métastases sont des localisations secondaires d’un cancer.

Elles sont les témoins du dernier stade de l’évolution du cancer, le stade terminal. L’espérance de vie au stade de métastases, quelque soit le traitement, est, en général, de quelques semaines à quelques mois maximum.

Les semaines suivantes, le bilan a montré 6 autres localisations de métastases : les poumons, le fémur, l’œil, l’arrière cavité du nez et le lobe frontal du cerveau !

La tumeur primitive elle a vite était localisée : il s’agissait de la prostate. Un an auparavant, un bilan qu’il avait fait avait montré une hypertrophie de la prostate avec un taux élevé de PSA, les marqueurs antigéniques spécifiques de cet organe. Les deux biopsies prostatiques n’étaient pas concluantes et n’identifiaient pas formellement une tumeur cancéreuse.

La proposition d’enlever la prostate avait été formulée par son urologue mais, puisque la biopsie n’avait pas formellement révélée de cellules malignes, il avait opté pour un traitement médicamenteux.

A partir de ce moment, après une période de mieux apparent, son état de santé s’est régulièrement détérioré. Il a été ré hospitalisé une seconde fois pour être opérer et on a enlevé la source de sécrétion de certaines hormones responsables des douleurs cancéreuses.

La veille de son hospitalisation, il m’a demandé si les résultats de son bilan n’étaient apparemment pas si bons que ça. Je lui ai avoué qu’effectivement ils n’étaient pas si bons que cela mais que puisque était prêt à sortir, on ne voulait pas le décevoir.
J’ai tenté de lui expliquer la présence « dans la moelle, des cellules qui n’ont rien à y faire » mais il m’a simplement répondu : « ok, fait de ton mieux mais, je ne veux simplement pas souffrir ».

J’avais, ainsi, momentanément interrompu mes études de médecine pour lui installer dans sa chambre tout l’équipement dont il avait besoin pour recevoir ses traitements antidouleurs par des perfusions en collaboration avec son médecin traitant Pr Mbayang.

Il avait aussi sa bouteille d’oxygène à son chevet pour l’aider à mieux respirer avec son insuffisance pulmonaire.

Par la suite, devant la cherté des médicaments, un de ses cousins, a mis à sa disposition tous les médicaments dont il avait besoin grâce à un carnet de bons de commande de pharmacie. Merci pour lui.

Mes oncles et tantes me mettaient une très grande pression pour que j’organise une évacuation sanitaire de mon père en Europe pour qu’il y reçoive des soins adéquats.

J’ai toujours refusé cette option sachant que cela ne servirait à rien vu le contexte, sans jamais révéler les vraies raisons de mon refus.

Devant la santé progressivement dégradée de papa, ma sœur, qui lui était très attachée a commencé à faire régulièrement des crises de spasmophilie similaires à des crises d’épilepsie, crises qui ont cessées le jour de la disparition de papa.

Une semaine avant son décès, devant le désarroi de ma mère qui ne comprenait pas pourquoi malgré tous les traitements mis en place, mon père ne guérissait pas, j’ai du enfin lui expliquer la situation sanitaire réelle, ce qui a, dans un 1er temps était très douloureux pour elle mais qui lui a redonné le cœur à l’ouvrage.

Elle a pu ainsi redoubler d’efforts dans la prise en charge quotidienne de papa.

La veille de son décès, voyant qu’il perdait de plus en plus l’usage de sa langue, je lui ai demandé de répéter après moi la Chahada, ce qu’il a pu faire correctement une dernière fois.

Le dimanche 28 juillet 2002, alors que j’étais allé déposer un cadeau d’anniversaire à celle qui, discrètement mais efficacement, me soutenait moralement, sentimentalement en plus de partager avec moi le lourd fardeau des soins palliatifs de mon père et qui, un an plus tard, allait devenir ma chère et tendre épouse, on me rappela en urgence à la maison.

Revenu en catastrophe, dès que je l’ai vu, j’ai su que c’était la fin.

Il était dans son lit, avec l’iman et mon grand frère. Il venait de prendre son déjeuner et son dessert.

L’ambiance de la chambre était glaciale, il regardait fixement le plafond avec une respiration rapide et brève. Sa main était froide.

L’ange de la mort était manifestement arrivé.

L’iman appelé pour la circonstance lisait calmement, d’une belle voix, la sourate Yacine.

Progressivement, sa respiration s’est accélérée puis a ralenti avec de s’arrêter après un dernier spasme et un filet de bave mêlé du yaourt qu’il avait mangé a coulé sur son menton, c’était fini

J’ai pris mon stéthoscope pour le poser sur sa poitrine et jamais un silence n’a été aussi assourdissant à mes oreilles : « as quiet as a church », constat de décès de mon père !

L’iman avait terminé sa lecture, formulé ses dernière prières et lui a refermé les yeux. Il a demandé à ce que l’on prévienne la famille et qu’on le fasse transporter à la morgue de la mosquée.

La dernière image qui reste imprimée dans mon esprit c’est quand je suis sorti de sa chambre et que je suis tombé, nez-à-nez avec ma mère qui essuyait les couverts qui avaient servi à son dernier repas. Quand elle me lança : « alors papa va bien ? », je n’ai eu la force que de répondre : « oui, il va très bien ! ».

C’est quand elle m’a vu ouvrir le garage et faire rentrer la voiture en marche arrière qu’elle a éclaté en sanglot car elle venait de comprendre… que Papa était parti !

ton fils qui t’adore….

Toubibadakar