Petit lexique simplifié du bilan hormonal de fertilité

Les hormones sont des substances sécrétées par une glande et qui passent par le sang pour agir sur un autre organe à distance.

Souvent, en cas d’irrégularités des règles ou de désir de grossesse, ou de perturbation du sperme, votre médecin peut vous demander un bilan hormonal pour y voir plus clair et confirmer une hypothèse ou un diagnostic.

Voici un petit lexique simplifié du bilan hormonal habituellement demandé:

 

1- La FSH (folliculin stimuling hormon): c’est, comme son nom l’indique, l’hormone qui stimule la croissance des follicules (qui contiennent les futurs ovules). Elle doit être dosée le en début de cycle, au 3ème jour des règles. Elle est sécrétée par une glande du cerveau: l’hypophyse, et elle agit sur les ovaires à qui elle fait sécréter d’autres hormones principalement les œstrogènes.

  • L’hypophyse (source Wikipedia)

 

Le laboratoire donne des résultats avec ses normes en fonction de la phase du cycle menstruel: 1ère phase, phase d’ovulation ou 2ème phase ou de la ménopause.

Un taux élevé traduit une augmentation de la sécrétion de cette hormone par le cerveau surtout si les ovaires commencent à moins fonctionner.

Son interprétation doit être faite avec les taux des autres hormones : LH et œstrogènes.

 

2- la LH (Luteining hormon): c’est l’hormone qui déclenche l’ovulation et qui agit surtout durant la 2ème partie du cycle après l’ovulation.

Elle est aussi sécrétée par l’hypophyse et agit aussi sur les ovaires pour favoriser la sécrétion d’autres hormones dont principalement la progestérone.

Comme son homologue la FSH, son interprétation dépend aussi de la phase du cycle, son taux est variable, et des taux de FSH et de progestérone retrouvés.

La FSH et la LH peuvent aussi être dosée chez les hommes en cas de perturbation quantitative et qualitative du sperme.

Ces deux hormones agissent sur les testicules pour la fabrication du sperme et de la testostérone, hormone de la libido.

Une baisse de ces deux hormones traduit un défaut de fabrication des spermatozoïdes provenant du cerveau.

3- la prolactine : c’est une hormone sécrétée par l’hypophyse et elle sert à la fabrication du lait dans les seins et peut parfois être demandée si on remarque que le sein sécrète un liquide transparent ou carrément du lait en dehors d’une grossesse ou d’un accouchement récent.

Elle peut être dosée à n’importe quel moment du cycle mais en étant à jeun.

Son augmentation appelée hyper-prolactininémie peut être responsable de cycles irréguliers ou de cycles sans ovulation. Parfois, elle peut être augmentée sans que cela ne soit pathologique.

4- l’AMH (Anti Mullherien Hormon): ou hormone anti-mullherienne : peu connue du public, elle évalue la quantité de follicules disponibles dans les ovaires et à son intérêt surtout en prévision des chances de réussite d’une PMA (procréation médicalement assistée) dont la FIV (fécondation in vitro) est la forme la plus connue.

Elle est très augmentée en cas d’ovaires micropolykystiques (dystrophie ovarienne) et elle baisse naturellement avec le temps.

Elle peut aussi être dosée à n’importe quel moment du cycle.

Par contre elle ne permet pas d’apprécier la fertilité naturelle.

5- La THS (Thyroïd stimuling hormon) ou hormone de stimulation de la thyroïde.

Elle est aussi sécrétée par le cerveau pour stimuler la sécrétion des hormones de la thyroïde, une glande située dans le cou et qui joue le rôle d’un véritable chef d’orchestre dans la plupart des réactions chimiques de l’organisme.

Une augmentation de la THS signe un fonctionnement thyroïdien ralenti appelé hypothyroïdie alors qu’une diminution de son taux est en faveur d’une thyroïde hyperactive appelée hyperthyroïdie.

Son interprétation peut se faire aussi en fonction des hormones thyroïdiennes appelée T3 et T4.

6- la testostérone: c’est l’hormone du désir sexuel: la libido. Elle est aussi responsable de l’apparition des caractères sexuels secondaires à la puberté: poils pubien et axillaires, développement des seins et des organes génitaux, croissance accélérée, voix rauque, développement des hanches etc

Elle est sécrétée par les testicules chez l’homme et par des glandes situées au dessus des reins appelées glandes surrénales.

Ses taux sont très faibles chez les femmes contrairement aux hommes.

Un taux élevé chez les femmes peut être la cause de présence de poils au menton ou sur la poitrine ou une petite moustache appelée hirsutisme. Cet hirsutisme fait partie parfois du syndrome des ovaires micropolykystiques.

7- l’œstrogène : c’est une hormone sécrétée par les ovaires sous l’effet de la FSH et est responsable de beaucoup de manifestations lors du cycle menstruel. Elle agit surtout en début de cycle et en synergie avec la progestérone.

Son dosage doit aussi être fait en début de cycle.

Elle traduit assez fidèlement le fonctionnement de l’ovaire. Sa production chute à l’approche de la ménopause.

Elle doit être interprétée en comparaison avec le taux de FSH.

8- la progestérone: elle est aussi sécrétée pas les ovaires et c’est hormone de la 2ème partie du cycle et surtout de la grossesse.nt

Elle dépend de la sécrétion de LH.

Elle est responsable de l’augmentation de la température après l’ovulation.

Voici principalement les hormones à doser lors d’un bilan de fertilité ou de troubles du cycle tel qu’une dystrophie ovarienne. L’interprétation du bilan doit être faite par un médecin traitant qui prend en compte les résultats de l’examen physique et de l’échographie.

Toubibadakar

Dr abdoulaye Diop

Gynécologue-obstétricien

Crédit photo: http://villemin.gerard.free.fr/aScience/Biologie/aGENERAL/Hormones.htm

[VIDÉO] Accouchement de triplés à Dakar

Il y a plusieurs mois, nous avons eu le plaisir d’accueillir les heureux futurs parents de triplés à la clinique Nest a Dakar.

Nous avons suivi de près l’évolution de la grossesse… Jusqu’au moment tant attendu de leur naissance, il y a quelques jours.

Nous partageons avec vous cette prouesse médicale, et ce moment riche en émotions.

Maman et ses 3 bébés se portent à merveille.

Félicitations aux parents et longue vie aux triplés !

(Attention, il y a un peu de sang dans la vidéo)

Dr Abdoulaye Diop

Toubibadakar

Conscience et compétence : rappel, actualité oblige !

Dans l’apprentissage de la profession de médecin, et cela est valable dans toutes les professions et tous les métiers, il y a une relation étroite entre l’évolution de la compétence et le degré de conscience que l’on a de cette compétence.

Cette relation conscience-compétence est dynamique et évolue en 4 stades.

Au premier stade, on est d’abord inconsciemment incompétent!

Ce stade survient lors des premières années de médecine où l’on est fier d’embrasser une profession considérée comme étant l’une des plus nobles au monde.

Armé des nouvelles notions savantes acquises en anatomie, physiologie et autres matières fondamentales du premier cycle d’études médicales, le carabin ressent une fierté non feinte de comprendre cet intriguant et complexe appareil qu’est le corps humain!

Ainsi, fort de son savant savoir, il pense déjà à changer le monde ou à gagner son futur prix Nobel de médecine.

Les premières sollicitations des amis, des parents pour une prise de la tension artérielle ou les conseils demandés par un voisin devant une céphalée inexpliquée procure à notre jeune médecin un sentiment de compétence fortement surestimé!

Notre carabin arpente ainsi les ruelles de l’hôpital vêtu de sa belle blouse blanche bien repassée avec un joli stéthoscope tout neuf et faisant plus un tourisme hospitalier qu’un vrai stage en soins infirmiers.

Sans une surveillance rigoureuse par un aîné, ce sentiment peut aboutir à la prise de décisions pouvant mettre en danger la vie d’un patient. Dans d’autres métiers tels que la menuiserie ou la mécanique, cela se traduirait par un apprenti qui est plein de bonne volonté mais qui, obligatoirement, ferait des bêtises en trop rabotant une chaise ou en grillant un circuit imprimé car ayant inversé la polarité des fils électriques.

Les plus optimistes diraient que « c’est le métier qui rentre » et les plus philosophes que « l’on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs », sauf que, en médecine, nos œufs ont 23 paires de chromosomes et qu’ils mettent 9 mois à être conçus! Il ne serait donc pas acceptable d’en faire des omelettes!

Le second stade est celui où l’on devient consciemment incompétent.

Ce stade arrive en général lorsqu’on est en contact avec des aînés mieux entraînés et que l’ont voit faire des gestes techniques que l’on ne saurait réaliser soit même!

C’est à ce moment que l’on se rend compte qu’il nous reste encore beaucoup à apprendre et qu’il faudrait que l’on se mette sérieusement au travail. L’exemple type est le sentiment que l’on éprouve le jour de notre premier passage au bloc opératoire ou en salle d’accouchement!

Ce stade est donc un stade de transition indispensable pour devenir un bon médecin (ou menuisier ou mécanicien).

Si on ne prend pas conscience de son incompétence, on ne peut pas évoluer vers le troisième stade qui est celui où on devient consciemment compétent.

C’est (censé être) le stade le plus répandu et le plus utile!

Être bon dans le métier que l’on exerce!

C’est quand même le minimum indispensable.

A-t-on besoin des services d’un mauvais médecin ou d’un mauvais mécanicien? 🙂

C’est un stade de maturité professionnelle qui survient en général au bout de plusieurs années d’exercice, bien après l’obtention du diplôme.

Quelques-uns, malheureusement n’attendront jamais ce stade.

Pour le dernier stade, seule une poignée d’élus l’atteindront! Un coup de pouce du destin est parfois nécessaire.

C’est le stade où l’on devient inconsciemment compétent.

C’est un don!

Certains, admiratifs, les qualifieront de génie. Ces génies seront eux-mêmes les premiers à être étonnés du succès de leurs prestations!

D’autres, envieux, les soupçonneront d’avoir conclus un pacte avec une entité maléfique, entité qui, évidemment demandera un sacrifice en retour!

Quoiqu’il en soit, la modestie et l’humilité restent les seuls moyens de perdurer dans cet ultime stade.

L’absence ou la perte de ses deux qualités conduit inévitablement à une régression vers le premier stade et l’on redevient inconsciemment incompétent!

A quel stade êtes-vous?
🙂

Toubibadakar

D’avant la naissance à la ménopause, tout savoir sur la fabrication des ovules

L’une des étapes fondamentales du cycle menstruel, c’est l’ovulation qui correspond à la sortie de cette miss-ovule dont la rencontre avec le spermatozoïde-esclave peut aboutir à la fécondation, première étape de la vie. Mais, avant cette ovulation, il existe toute une formidable cascade d’événements biologiques dont on perce chaque jour, un peu plus, les mystères, et notamment la fabrication des ovules, appelée ovogenèse !

Tout commence alors que la future femme est encore dans l’utérus de sa propre mère !

C’est au stade d’embryon de moins de 2 mois que les follicules qui seront responsables de votre future fertilité commencent à être fabriqués. Chaque follicule contient un ovule.

Ces follicules vont se multiplier dans vos ovaires, alors que vous-même vous êtes dans le ventre de votre future maman, pour atteindre le chiffre maximum de 6 millions de follicules vers le 7ème mois de grossesse.

De l’utérus à la ménopause

A partir de ce moment, ce nombre diminuera tout le long de la vie intra-utérine puis de la vie extra-utérine jusqu’à leur épuisement, épuisement qui correspondra à la… ménopause !

Déjà, à la naissance, il ne vous reste qu’un million de follicules dans les ovaires. Au début de la puberté, il n’en reste plus que 300000.

Cette diminution des follicules est naturelle et il n’y a pas lieu de s’inquiéter car, de toute façon, vous n’utiliserez jamais tous vos 300000 follicules pour faire autant de bébés encore moins 6 millions de bébés durant votre vie.

page_10

credit photo:docplayer.fr

Donc, au moment où vous débutez votre vie génitale, il ne restera que 300000 potentiels miss-ovules à couronner.

En réalité, chaque mois, une dizaine de follicules sont choisis pour débuter leur développement sous l’effet d’hormones sécrétées par un système complexe associant le cerveau et les ovaires. Tous ces follicules sélectionnés n’arriveront pas à maturité et seront détruits jusqu’à ce que débute la puberté.

Imaginez un concours de miss où il n’y a que des perdantes

A partir de la puberté, le même recrutement mensuel se fera mais, parmi les follicules sélectionnés, un seul pourra arriver à maturité et sera l’ovule qui sera choisie lors de l’ovulation.

Ce recrutement débute bien avant le cycle durant lequel l’ovulation sera produite, parfois 3 cycles avant !

Imaginez donc un concours de miss organisé chaque mois, du sixième mois précédant la naissance jusqu’à vos 14 ans, et durant cette période, toutes les candidates sont éliminées. Ce n’est qu’à partir de la puberté qu’on arrive à choisir finalement une miss qui ira tenter sa chance de rencontrer un éventuel spermatozoïde durant le cycle menstruel.

De temps en temps, le jury pourra élire deux miss, vous donnant la possibilité d’avoir des jumeaux !

Ce choix de l’ovule passera par plusieurs étapes bien connues des biologistes avec un follicule d’abord dit primordial, puis primaire, puis secondaire, ensuite tertiaire pour finir par être un follicule mûr (de De Graaf), visible à l’échographie et annonciateur d’une ovulation imminente.

 

Les-differentes-etapes-de-la-folliculogenese-de-lovogenese-et-de-la-meiose-GVBD

credit photo: researchgate.net

Ces transformations des follicules se passent à l’intérieur des ovaires.

La quantité de follicules présents dans l’ovaire est appelée la réserve ovarienne : elle n’est que partiellement quantifiable biologiquement en l’état actuel de la médecine.

La partie de réserve ovarienne quantifiable permet de prédire les chances de succès des techniques de procréation médicalement assistée mais pas de la fertilité naturelle.

De nombreux facteurs influent sur la fertilité

Plusieurs facteurs peuvent influencer positivement ou négativement cette réserve de follicules, car les ovules que vous utiliserez pour tomber enceinte sont dans vos ovaires depuis que vous-même êtes dans l’utérus de votre maman.

De ce fait, imaginez tous les facteurs qui ont pu altérer votre fertilité :

  • les maladies ou infections de votre mère durant sa grossesse,
  • les radiations et autres rayons x durant sa grossesse,
  • les conditions de l’accouchement,
  • la qualité de l’allaitement maternel que vous avez reçu,l
  • es conditions de votre sevrage,
  • les maladies infantiles que vous avez traversées,
  • les infections génitales que vous avez contractées,
  • la quantité de fumée que vous avez inhalée, activement ou passivement,
  • les perturbateurs endocriniens que vous avez utilisés,
  • vos prédispositions génétiques individuelles.

Et cette liste ne saurait être exhaustive.

Heureusement, il y a aussi des facteurs qui influent positivement sur votre fertilité :

  • la qualité de l’alimentation de votre maman durant sa grossesse,
  • les conditions de son accouchement,
  • la qualité de l’allaitement maternel que vous avez reçu,
  • la durée de l’allaitement maternel dont vous avez bénéficié,
  • les conditions du sevrage progressif que vous avez subi,
  • la qualité des fruits et légumes que vous avez mangés,
  • la qualité des vitamines que vous avez consommées, surtout la vitamine B9,
  • votre hygiène de vie génitale mais aussi physique, psychique, alimentaire et même affective,
  • votre âge lors de votre premier projet de grossesse,
  • vos prédispositions génétiques individuelles,
  • et même la qualité du spermatozoïde de votre conjoint (la dernière phase de la maturité de l’ovule est faite par la pénétration du spermatozoïde dans l’ovule).

Cette liste non plus n’est pas exhaustive !

Cela montre à quel point la fertilité et la fécondité restent des domaines complexes, constituant des équations à plusieurs variables inconnues que la médecine essaie encore de comprendre, de traduire, de calculer, de résoudre pour vous accompagner dans votre projet de grossesse.

Cela montre à quel point il faut bien s’occuper de soi-même, de sa grossesse, de son bébé, des fillettes, des jeunes filles, des adolescentes, des femmes tout court.

Devant autant de paramètres, autant d’inconnues, autant d’aléas, nous ne pouvons que rester humbles et modestes car toute vie résulte de l’aboutissement de probabilités tellement complexes que l’on ne peut que rendre grâce à Dieu pour ce miracle au quotidien.

Dr Abdoulaye Diop

Toubibadakar

 

credit photo couverture: http://mdevmd.accesmad.org

Il était une fois le cycle menstruel…

Le cycle menstruel, c’est la vie !

Le cycle menstruel débute le premier jour des règles. Il se met en place alors un enchevêtrement très complexe d’actions hormonales que l’on va essayer de raconter comme un conte des milles et une nuit.

Tout débute dans le cerveau, qui donne l’ordre aux ovaires de mettre de « l’engrais » dans l’utérus. Cet engrais va préparer le champ dans lequel, s’il y a fécondation, l’œuf sera enfoui comme une graine. Ce champ c’est la muqueuse utérine ou endomètre.

Le cerveau va aussi demander à un des deux ovaires de faire une élection de « Miss-ovule » et de choisir parmi les ovules, la plus jolie et la plus parfaite pour se « marier » avec le spermatozoïde.

En même temps, le cerveau ordonne aux seins de commencer à préparer les usines qui vont fabriquer le lait pour le futur bébé.

Le cerveau, véritable chef d’orchestre, va aussi demander aux organes génitaux externes de se préparer en vue de la nuit nuptiale de fécondation. Le cerveau va ainsi préparer tout le corps à une éventuelle future grossesse. Cette première partie de préparation du corps est de durée variable : 11 à 21 jours selon les femmes.

Lorsque la Miss a été choisie, le jour où elle reçoit sa couronne correspond au jour de l’ovulation ! Elle quitte alors l’ovaire et va attendre son esclave-spermatozoïde dans une clairière appelée l’ampoule situé dans la trompe.

La Miss va attendre là-bas son prince qui lui, entre temps peut-être aura chevauché de la terre à la lune pour la chercher. Si l’esclave-spermatozoïde n’arrive pas dans les 48h après l’élection-ovulation, la Miss va….mourir.

Pendant ce temps, s’il y a eu rapport sexuel, le corps facilitera la progression de l’esclave-spermatozoïde.

Si on est en période féconde, on lui ouvrira le col de l’utérus et on filtrera, grâce à la glaire cervicale, les plus valeureux, tout en retenant les handicapés, estropiés et autres invalides car, en réalité ils sont des millions de spermatozoïdes à tenter l’aventure mais, un seul d’entre eux vaincra, genre HIGHLANDER quoi ! MDR.


En période non-féconde, la glaire sera cassante, infranchissable, acide et mortelle pour les spermato-esclaves, en plus le col sera fermé et s’ils parviennent quand même à passer, leurs réserves s’épuiseront avant l’arrivée de la miss, en retard !

Il est impossible pour le corps de savoir à l’avance si l’esclave et la princesse se sont rencontrés dans la clairière. Surtout que, parfois, l’esclave, même s’il arrive au point de rendez-vous, n’arrive pas à convaincre la Miss de l’épouser et… ils meurent tous les deux !
(Vous n’êtes pas les seuls à avoir des problèmes les gars, imaginez-vous : se taper 6 millions de km pour voir votre dulcinée pour se voir recaler ? mou kong leuu quoi!)

Plus sérieusement, le cerveau, au bout de 14 jours exactement, s’il ne reçoit pas un message de l’utérus, du champ donc, disant que la graine d’amour a été semée, donne l’ordre d’arrêter toutes les procédures et de raser le gazon qui va être jeté et cela correspond…. aux règles oui !

Les règles correspondent donc à l’échec de tout ce qui a été entreprit pour que, comme le disait notre maître le Pr. Afoutou, « l’empereur épouse l’esclave pour que naisse le prince réformateur ! ».

Le jour où il n’y aura plus de Miss à préparer au mariage dans l’ovaire correspondra à la survenue de la ménopause.

Si par contre, le cerveau reçoit un signe comme quoi il ya eu mariage-fécondation, il donne alors l’ordre à la famille royale d’où est issue la Miss de continuer à subvenir aux besoins du jeune couple (qui ne fait plus qu’un…embryon) installé confortablement dans le champ utérus-endomètre.

Cette famille qui s’occupe du jeune couple en attendant leur autonomisation c’est le corps jaune. Lorsque le fœtus aura son propre placenta, véritable usine nourricière, le corps jaune cessera de fonctionner.

Cette histoire correspond, grossièrement, au cycle menstruel. C’est donc une préparation, chaque mois, à partir de la puberté, du corps à prendre une grossesse.

Les règles ne correspondent donc qu’à la face visible de l’iceberg que constitue le cycle menstruel. Les 14 jours d’attente du cerveau expliquent le calcul que l’on doit faire pour prédire le jour de l’ovulation.
La période féconde correspond à la durée de vie cumulée de l’esclave-spermatozoïde (4 jours avant ovulation) et de ma Miss capricieuse (les 2 jours).

Le cycle menstruel est donc, scientifiquement parlant, un ensemble de manifestations survenant dans le fonctionnement du corps de la femme et dont la manifestation la plus visible est l’apparition des règles. Son but essentiel est de préparer le corps de la femme à porter une grossesse.

Il dure entre 25 et 35 jours selon les femmes et cette variation dépend de la 1ère moitié du cycle car, la 2ème moitié est fixe : 14 jours.

Le cycle menstruel se met en place à la puberté. La puberté survient chez la femme entre l’âge de 12 et 17 ans. S’il commence plus tôt, il s’agit d’une puberté précoce, s’il débute plus tard il s’agit d’une puberté tardive. Le cycle menstruel s’arrête à la ménopause, ménopause qui survient aussi entre 45 en 55 ans selon les femmes. Avant 45 ans, il s’agit de ménopause précoce, après 55 ans : ménopause tardive.
Une compréhension simplifiée du cycle menstruel permettra de comprendre aussi tout ou presque du fonctionnement et des dérèglements de l’appareil génital féminin.

Le cycle menstruel est donc une sorte de réplique, à l’échelle moléculaire et physiologique, de ce qui se passe dans la vraie vie dans le corps du berceau de la vie qu’est le corps de la femme.

toubibadakar

10-bonnes-raisons-donner-sang-regulierement

10 raisons de faire un don de sang régulièrement

La médecine fait, de manière quotidienne, des progrès hallucinants, mais il existe un domaine dans lequel la nature reste inégalable : la fabrication du sang.

Il n’existe aucun produit naturel ou synthétique ayant les mêmes caractéristique et les mêmes fonctions que le sang.

Malheureusement, dans notre pays le Sénégal, peu de gens mesurent l’importance de donner régulièrement du sang. Voici quelques raisons de donner votre sang :

  1. Il n’existe aucun produit pouvant remplacer de manière équivalente le sang. De ce fait, le seul et unique moyen efficace de remplacer du sang perdu lors d’une quelconque hémorragie, c’est de recevoir du sang d’un autre être humain. Le don de sang reste donc le geste le plus précieux qu’un être humain puisse faire pour un de ses semblables.
  2. Dans notre pays, il existe environ 8 donneurs de sang pour 1000 habitants à Dakar contre 4 donneurs pour 1000 habitants dans les régions alors qu’il faudrait, dans les normes, 12 donneurs pour 1000 habitants : il est facile de mesurer le déficit de sang. Le Sénégal a un besoin de 130000 dons de sang par an mais, malheureusement on ne dispose que 57300 dons de sang par an et 50 à 80% de ce sang collecté servira aux femmes lors de leur accouchement même si 75% des donneurs sont des hommes.
  3. On a eu tous eu à perdre un jour un parent, une amie, une patiente, une collègue, une connaissance décédée lors de son accouchement car 5 femmes meurent par jour en accouchant et 1 à 2 de ces décès sont dus à une hémorragie !
  4. Donner son sang est bon pour la santé car, pour bien fonctionner, le cœur a besoin d’un certain débit et volume sanguin. D’après le site Blood Flow Online, donner son sang régulièrement aide à réduire l’épaisseur du sang et lui permet de s’écouler plus facilement dans les vaisseaux sanguins pour atteindre le cœur. Donner son sang peut aussi réduire aussi le risque de développer certains cancers.
  5. Les dons de sang doivent être réguliers car le sang ne peut pas être conservé très longtemps (5 jours pour les plaquettes, 42 jours pour les globules rouges).
  6. Le groupe sanguin le plus répandu est le groupe O+, c’est aussi le plus demandé mais tous les groupes sanguins doivent toujours être disponibles en quantité suffisante.
  7. Peut être donneur de sang tout adulte en bonne santé, âgé de 18 à 60 ans et pesant plus de 50 kg. Le don de sang pourra être autorisé jusqu’à 65 ans pour les donneurs réguliers.
  8. Après un certain nombre de dons, le donneur recevra un diplôme et ou une médaille qui témoignent de la reconnaissance de la nation et qui lui offrent certains avantages dans les hôpitaux : bilans gratuits, pas de restriction aux heures de visites.
  9. En donnant votre sang régulièrement vous pouvez sauver environ 1000 vies au cours de votre vie sans que cela ne porte atteinte à la vôtre.
  10. Enfin le don de sang doit être un acte volontaire, bénévole et anonyme. C’est même un acte civique et c’est le meilleur cadeau qu’un être humain puisse faire à un autre être.

Qu’attendez-vous pour donner du sang régulièrement ?

Alors, donnez votre sang, Dieu vous le rendra !

Dr Abdoulaye Diop

Toubibadakar

Infertilité, infécondité, indélicatesse… laissez-les tranquilles SVP !

En plus de nous occuper de la santé physique de nos patientes, la gestion de leur état psychologique est parfois aussi importante que la prise en charge purement technique d’une quelconque pathologie.

Malheureusement, certains membres de l’entourage des patientes : parents, amis, voisins, collègues, ne nous facilitent pas la tâche… en posant des questions ou en faisant des commentaires plus ravageurs qu’un méchant microbe ! Même si l’intention de départ n’était pas toujours mauvaise.

Il nous arrive de recevoir des patientes dans d’un état moral et psychologique désastreux à cause d’un manque de tact et de délicatesse de l’entourage.

Le cas particulier des femmes, ou devrais-je dire du couple, n’ayant pas d’enfant est particulièrement sensible. Et donc des questions du genre :  « Alors, vous n’avez pas encore d’enfant ? » ou « Qu’attendez-vous pour faire vos enfants ? » sont des questions très indélicates, peu diplomatiques, peu constructives et parfois dévastatrices.

Traditionnellement, ce sont certaines belles-mères qui avaient l’habitude de mettre la pression (à tort) sur leur belle-fille pour avoir rapidement un petit-fils ou une petite-fille.

Cette tendance a beaucoup diminué car il est maintenant connu de (presque) tous, que s’il n’y pas d’enfant dans un couple, le problème ne vient pas obligatoirement de la femme et que le mari (son fils) a sa (grande) part de responsabilité.

Donc, certaines questions ou commentaires ne sont vraiment pas à faire déjà pour plusieurs raisons :

1. Un enfant ne fait pas parti du contrat social du mariage et c’est encore moins une obligation pour la femme de donner un enfant à sa belle-famille, surtout que le mari a sa part de responsabilité.

2. Un couple peut faire le choix de ne pas avoir d’enfant, de manière temporaire ou définitive sans que l’entourage n’ait son mot à dire.

3. Un couple peut avoir des difficultés à avoir des enfants dans le cadre d’une infertilité qui, rappelons-le, touche l’homme dans 33% des cas, la femme dans 33% des cas et les deux en même temps dans 33% des cas. Cela signifie en clair que les causes d’infertilité sont réparties de manière équilibrée dans le couple ! 50/50. De ce fait, mettre la présumée infertilité comme venant de la femme est une injustice sociale totale.

4. Souvent, les cas d’infertilité cachent des drames douloureux silencieux : avortement à répétions, curetages douleurs, traitement chirurgicaux lourds, troubles de l’érection ou de l’éjaculation, cohabitation irrégulière avec le conjoint, déséquilibre hormonal masculin ou féminin, etc. De ce fait, poser certaines questions c’est raviver des plaies psychologiques peu ou pas cicatrisées.

5. Quand l’infertilité vient de l’homme, son épouse fait toujours preuve de discrétion et de “soutoura” pour son conjoint alors que, malheureusement, certains hommes, pas tous heureusement, n’hésitent pas à jeter en pâture leur femme à la vindicte de sa belle famille ou à dire à qui veut l’entendre que le problème ne vient pas de lui… à prouver !

6. Ces questions ne sont posées qu’aux femmes et donc pourquoi ne pas les poser aux hommes aussi ? Regardez les statistiques plus haut : 33/33/33 %.

7. Et enfin il faut respecter la vie privée de tout un chacun car la fertilité est l’un des domaines les plus privées qui puisse être.

Alors, SVP, messieurs dames, merci d’avoir lu ce post avec bienveillance, sinon avec indulgence et surtout, montrez un peu plus de tact et de délicatesse sur certains sujets.

Merci !

Dr Abdoulaye Diop

Toubibadakar

 

Petit guide pour une demande d’emploi dans le secteur de la Santé

Postuler pour avoir un travail dans le milieu médical ou paramédical n’est pas facile

Pour vous aider voici un…Petit guide pour une demande d’emploi dans le secteur de la Santé

Le marché de l’emploi au Sénégal est très compétitif. Les postulants aspirent à un emploi stable et déplorent la rareté des opportunités.

Pourtant, de l’autre côté, nombreux sont les employeurs qui évoquent constamment le manque de ressources humaines qualifiées qu’ils aspirent à fidéliser.

 

Comment faire converger ces deux aspirations dans le secteur de la Santé ? Après plusieurs dizaines d’entretiens, nous souhaitons partager quelques suggestions avec les postulants. 

Comme dans les entreprises de service, il existe certains préalables à respecter quand on recherche un emploi dans le secteur de la santé, pour maximiser ses chances d’intéresser votre futur employeur.

Force est de constater que les médecins, sages-femmes, infirmières et autres professionnels du secteur ne sont pas toujours préparés, durant leur cursus, à un éventuel entretien d’embauche.

1. Prendre soin de son CV:

– Un cv doit être clair et concis. En moyenne, l’employeur passe 15 secondes à 1 mn maximum à lire un CV car il en reçoit des centaines. Un effort de concision sera apprécié et vous permettra de mettre en valeur l’essentiel : ce qui vous différencie pour le poste. Inutile donc a priori sauf si le poste requiert ce niveau de précision.

– Les fautes d’orthographe et de grammaire sont à bannir.

– Allez à l’essentiel :

Mettez d’abord votre situation professionnelle actuelle avant de mettre la liste de vos diplômes du plus récent au plus ancien.

– Non aux selfies sur les CV

Ne pas mettre de photo est préférable à un selfie au volant, dans sa chambre ou encore… à la plage!

Si vous tenez à mettre une photo, adoptez une pose correcte, standard. Dans le secteur médical, le costume et la cravate ou le tailleur ne sont pas forcément attendus comme ce serait le cas dans une banque.

Évitez aussi le maquillage, une coiffure tape à l’œil, le chewing-gum et les écouteurs évidemment. On n’a qu’une seule chance de faire une première bonne impression. 

– Cela va sans dire : Votre cv vous permet de mettre en avant vos atouts, vos compétences déjà acquises. Il ne faudrait surtout pas les exagérer ni en inventer.

Malheureusement, nous recevons trop de CVs qui prétendent maîtriser TOUS les logiciels de bureautique alors même que les postulants ignorent ce qu’est la Suite Office.

Idem pour les langues,

– si vous y écrivez que vous parlez anglais, assurez-vous de pouvoir répondre en anglais quand on vous pose une question simple.

2. Bien transmettre sa demande :

Il est préférable de faire parvenir votre demande (CV + Lettre de motivation) par mail. Cependant, si vous n’avez pas aisément accès à l’ordinateur, vous pouvez l’envoyer par la poste ou la déposer vous-même, même par mail, la courtoisie doit être de mise.

L’employeur appréciera un court paragraphe de présentation en plus des documents en pièces jointes.

Il ne faut pas juste transférer un mail que vous aviez écrit quelques mois plus tôt avec l’historique des conversations ou pire… que vous aviez envoyé à un autre employeur.

Soignez aussi votre adresse email. Par exemple si vous vous appelez Fatou Sarr ou Lamine Sarr, l’employeur vous prendra plus au sérieux si l’adresse de l’expéditeur est fsarr@xxx.com ou lamine.sarr@xxx.com plutôt que toufajolie@xxx.com ou encore lemzoboy@xxx.fr.

Si vous répondez à un appel à candidatures, lisez attentivement les consignes pour candidater et suivez les scrupuleusement.

Exemple: Si la consigne dit de faire la mention suivante : Prénom_Nom_CV, vous mettrez Abdoulaye_Diop_CV mais ne mettez pas: cvAbdoulayeDiop ou encore moins moncv .

Si vous déposez votre cv vous-même, venez aux heures ouvrables, mettez-le dans une enveloppe. Évitez de demander au secrétariat de votre futur potentiel employeur de vous offrir une enveloppe.

Il est parfois nécessaire de faire un stage dans une structure médicale avant de postuler pour un emploi. Les connaissances théoriques acquises en école de formation ou en faculté ne sont pas en général suffisantes pour intégrer directement une structure professionnelle médicale. Un stage vous permet de connaître les spécificités du travail, le matériel utilisé, les exigences de la direction etc. De plus, si vous vous faites remarquer positivement lors du stage, une offre d’emploi pourra même peut-être vous être faite spontanément.

3. Savoir se présenter à l’entretien

Soyez ponctuel, arrivez 10 mn à l’avance. Si vous êtes en retard ce jour-là, pourquoi arriveriez-vous à l’heure une fois embauché ?

Éteignez votre téléphone avant d’entrer dans la salle d’entretien. Un téléphone qui sonne en plein entretien d’embauche donne une mauvaise impression. Le décrocher est éliminatoire ! 

Un entretien se prépare.

Comme pour le bac, il faut s’entraîner en faisant un « entretien blanc » et préparer vos réponses à toute éventuelle question.

Il est normal d’être intimidé, si vous êtes reçus par plusieurs membres de l’administration. En venant préparé, vous serez plus à même de surmonter votre stress.

L’employeur ne vous en tiendra pas rigueur. Alors, soyez calme, écoutez avant de répondre aux questions et évitez d’interrompre celui qui vous fait passer l’entretien.

Votre attitude comptera autant que vos compétences techniques

L’employeur veut savoir qui vous êtes.

Savez-vous écouter ? Comment réagissez-vous sous pression ? Savez-vous travailler en équipe ? Êtes-vous agréable ? Etc.

Il est donc important de rester soi-même tout en évitant tout excès de timidité ou, a contrario, d’exubérance.

Si vous tenez à ce poste, démontrez votre intérêt en vous renseignant un peu sur la structure dans laquelle vous postulez: son domaine d’activité, son historique, ses filiales etc. Sachez répondre aux questions classiques:

• Comment avez-vous connu notre structure ? Évitez de répondre: « par hasard » ou «  une copine m’en a parlé » ou j’ai vu la pancarte en passant !

• Pourquoi voulez- vous travaillez chez nous?

• Avez-vous des questions à nous poser?

Préparez-vous aussi à un entretien technique.

Spécifiquement en Santé, on vous posera sûrement quelques questions sur quelques protocoles médicaux (posologie de la quinine en perfusion, sulfate de magnésium, protocole de de tocolyse etc) . Se replonger dans les livres avant peut être utile. C’est comme un concours car vous êtes sûrement plusieurs à postuler pour le poste. Il faudrait donc être convaincant et éviter des erreurs éliminatoires.

Enfin, si vous avez la chance et le mérite d’être sélectionnés pour le poste auquel vous avez postulé, poursuivez vos efforts, restez avides d’apporter votre contribution et d’apprendre !

Crédit images: pixabay

Mme Dramé Khadidiatou Nakoulima

Directrice générale NEST

 et

Dr Abdoulaye Diop

Médecin-Chef NEST

5 octobre: Journée mondiale des enseignants

En cette journée mondiale qui leur est consacrée, je rend hommage à tous les enseignants, particulièrement ceux qui ont participé à la formation!

Je commencerai par mes parents, qui sont des enseignants exemplaires et qui m’ont forgé dans le creuset de l’amour du travail et de la rigueur:

– à ma mère: institutrice de classe exceptionnelle qui a été ma maîtresse à l’école primaire et qui m’a donné les rudiments de la grammaire, de l’orthographe, l’arithmétique, du calcul mental, de l’histo-géo, des sciences naturelles, de l’éducation civique etc

– à mon père, inspecteur de l’enseignement, écrivain, qui m’a transmis l’amour du livre et de la lecture, de l’écriture, de la culture générale, des mots croisés et autres jeux cruciverbistes ainsi que du travail bien fait!

Je rend hommage aussi à:

– mes oustaz et différents maîtres coraniques qui, dans l’ombre, nous ont donné les bases de l’éducation religieuse et qui font partie du système d’enseignement, ne l’oublions pas!

– mes maîtres, maîtresses, professeurs et l’ensemble du corps enseignant et administratif de l’école Joseph Gomis et du lycée Seydou Nourou Tall pour tous les enseignements reçus,

– nos maîtres de la faculté de médecine puis de la chaire de Gynécologie Obstétricale de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar qui nous ont guidé dans les sentiers du savoir, de la connaissance et de la pratique de la médecine,

– plus récemment nos professeurs de l’université Paris-Descartes pour le perfectionnement reçu.

Il est malheureux d’entendre décrier le système éducatif national en ces temps de déliquescence des valeurs et d’absence de repère dans l’enseignement public.

Il faut savoir que le système éducatif national est, (ou a été) performant et je suis fier d’être un pur produit de ce système public, du CI à la spécialisation, 12 ans après le bac!

Proud of u

Dr Abdoulaye Diop

Toubibadakar

Notre Moyen Âge au 21ème siècle

Des premières écritures cunéiformes* gravées sur les tablettes mésopotamiennes au traitement de texte à commande vocale, des premiers couteaux en silex de l’âge de la pierre taillée à la chirurgie robotique assistée par ordinateur et réalisable à distance par un chirurgien situé à Paris sur un patient dans un lit d’hôpital à New York, on peut mesurer les progrès de l’homme en matière de technologie, y compris dans le domaine médical.

La médecine a évolué, beaucoup évolué ces deux derniers siècles, plus qu’elle ne l’a fait durant le millénaire précédent ! Pour autant, nous assistons encore à des pratiques que, comme le disait Hamadou Hampaté Ba, « nos ancêtres eux-mêmes s’ils revenaient à la vie, trouveraient caduques et dépassées ». Particulièrement dans notre continent et nos contrées, les progrès de la médecine moderne semblent parfois lointains voire anecdotiques. Nos moyens technologiques et surtout financiers ne nous permettent souvent pas d’avoir accès, à grande échelle, à ces technologies médicales de pointe.

Cependant, et surtout, le principal obstacle à noter pour l’accès au progrès scientifique en général, et médical en particulier, semble être une mentalité et des croyances qui, certes font partie de notre identité culturelle, mais aussi constituent un handicap et des œillères qui nous empêchent de lutter contre une mortalité et une morbidité qui touchent toutes les catégories d’âge et de sexe de notre population.

Faisons un petit voyage dans le passé, du côté du Moyen Âge et nous verrons qu’en ces temps, du Vème au XVème siècle, dans le monde, c’était le temps :

– des puissants seigneurs régnant sans partage sur des royaumes et guerroyant les uns contre les autres,

– des chasses aux sorcières et autres faiseurs de magie, noire comme blanche, qui étaient livrés à la vindicte populaire et brûlés sur les bûchers,

– des troubadours chantant les louanges des puissants seigneurs lors de fastueux banquets alors que le peuple réclamait du pain!

– des chevaliers preux qui, au nom de la religion menaient des croisades jusqu’en terre sainte,

– des vaisseaux rudimentaires qui allaient à la découverte du Nouveau Monde dans des voyages périlleux et parfois sans retour car le vieux continent n’offrait pas d’El Dorado,

– des maladies telles que la peste, qui décimaient des villages entiers, malgré les potions sagement préparées par de respectueux druides, alchimistes et autres hommes de science de l’époque,

– du taux de mortalité infantile qui était si élevé que les femmes essayaient d’avoir le plus d’enfants possibles pour que certains puisse survivre pour aider à cultiver la terre,

– de l’espérance de vie moyenne qui était si basse, en plus des ravages de la guerre, la famine, la sécheresse, etc.

Une foire au Moyen-Age – Huile sur toile : Félix de Vigne

Puis est venu le siècle des Lumières, et… la lumière fût !

Ensuite plus récemment, il y a eu :

Pasteur avec son microscope, qui à mis un terme à la théorie de la génération spontanée en nous démontrant l’existence de ces êtes invisibles à l’œil nu que sont les microbes et qui aujourd’hui encore font des ravages,

– Puis Jenner est venu nous donner l’astuce de la vaccination et de la protection qu’elle confère et pour autant, la tuberculose, la poliomyélite, le tétanos continue encore à nous arracher des êtres chers,

– Puis Sir Flemming, avec sa fortuite découverte des antibiotiques, a ouvert une nouvelle ère de la guerre contre l’infection, faisant passer la mortalité maternelle de 90 à 1% dans certains pays,

– Ensuite Pierre et Marie Curie nous ont révélés la magie de voir l’intérieur du corps par la manipulation d’atome,

– Enfin d’autres sont venus avec l’anesthésie, la cœlioscopie, l’échographie, la radiothérapie, la FIV et ce n’est pas fini….

Marie et Pierre Curie – Creative Commons

Pour revenir plus haut, cette description du Moyen Âge ne vous semble-t-elle pas familière ? N’avons nous pas, en Afrique, en ce XXIème siècle :

– de puissants chefs d’États et de gouvernement (seigneurs), régnant sans partage sur des pays (royaumes) guerroyant les uns contre les autres,

– nos chasses aux mangeurs d’âmes, voleurs de sexe (sorcières et autres faiseurs de magie, noire comme blanche), qui sont livrés à la vindicte populaire et lapidés par des foules convaincues de leur culpabilité sans aucune autre forme de procès (brûlés sur les bûchers),

– nos chanteurs (troubadours) vantant les louanges des puissants dirigeants (seigneurs) lors de fastueux dîners de gala (banquets) alors que le peuple réclame de l’eau courante et à manger (du pain, du pain),

– nos fanatiques (chevaliers preux) qui, au nom de la religion de paix et de miséricorde mènent la guerre (des croisades jusqu’en terre sainte),

– nos pirogues (vaisseaux rudimentaires) qui tentent d’aller à la conquête de l’Europe (découverte du nouveau monde) dans des voyages périlleux et souvent sans retour car pour ces milliers de jeunes, seul compte la devise de leur rappeur préféré: « get rich or die tryin »* (le vieux continent n’offrait plus l’El dorado que représentait le nouveau monde),

– nos maladies telles que la le choléra, la fièvre Ébola, le paludisme (peste) qui déciment des villages entiers malgré les potions sagement préparées par de respectueux marabouts-guérisseurs (druides, alchimistes) et autres hommes de science de notre époque,

– Notre taux de mortalité infantile parfois si élevé que les femmes essayaient d’avoir le plus d’enfants possibles pour que certains puisse survivre pour aider à cultiver la terre,

Oui, nous vivons notre Moyen Âge!

Nous vivons notre Moyen Âge malgré notre connexion 4G sur nos smartphones et nos tablettes.

Nous vivons notre Moyen Âge malgré nos cartes bancaires, nos 4×4 et autres SUV.

Nous vivons notre Moyen Âge malgré nos voyages en Boeing ou Airbus pour aller à Paris, à Montréal ou à la Mecque.

Nous vivons notre Moyen Âge malgré nos appareils d’échographie 3D , que dis-je: 4D!

Nous vivons notre Moyen Âge avec la péridurale que nos mamans refusent à nos sœurs, avec la césarienne qui sauve des vies bien qu’elle ait mauvaise presse, avec la chirurgie plastique qui répare nos filles victimes de mutilations génitales barbares, avec nos vaccins contre l’hépatite B ou le cancer du col de l’utérus, avec notre streptokinase* qui sauve d’un infarctus…

Nous avons plus récemment eu notre :

Cheikh Anta Diop qui nous a rétabli dans l’échelle de la civilisation mais qui nous en voudrait beaucoup s’il revenait à la vie!

– Notre Mandela inégalable, incommensurable!

– Notre Modibo Diarra infiniment brillant !

– Et j’en passe…

Mais, hélas, nous sommes tout de même à notre Moyen Âge, dans la pensée comme dans le comportement!

Notre réalité ne peut pas être différente de la réalité d’autres peuples, le corps est le même partout, que l’on soit africain ou d’un autre continent.

D’autres civilisations plus avancées que les nôtres ont arrêtées certaines pratiques, nous devons arrêter aussi!

Le pouvoir de la prière reste indéniable cependant! On peut donc toujours prier selon nos croyances et notre religion ou notre conviction intime.

Mais, acceptons le progrès aussi, car nous sommes au 21eme siècle… et au Moyen Âge aussi!

Rendez-vous donc dans quelques siècles, là nous serons, enfin, trop tard, au 21eme siècle de la modernité, si, entre temps, notre comportement n’a pas entraîné l’auto-extinction de notre propre espèce.

Dr Abdoulaye Diop, Toubibadakar

 

L’écriture cunéiforme est un système d’écriture complet mis au point en Basse Mésopotamie entre 3400 et 3200 av. J.-C., qui s’est par la suite répandu dans tout le Proche-Orient ancien, avant de disparaître dans les premiers siècles de l’ère chrétienne.

* devient riche ou meurt en essayant

La streptokinase est une protéine de 414 résidus d’acides aminés synthétisée par plusieurs espèces de streptocoques qui a la propriété de se lier au plasminogène humain. On l’utilise comme médicament thrombolytique efficace et bon marché dans certains cas d’infarctus du myocarde et d’embolie pulmonaire.